LAVAL — Les joueurs du Rocket de Laval avaient de quoi afficher de larges sourires, mais ils savent qu’il ne s’agit que de la première étape d’un long périple.
Kaapo Kahkonen a repoussé 29 rondelles et le club-école du Canadien de Montréal a vaincu les Penguins de Wilkes-Barre/Scranton 5-1, mercredi soir, à la Place Bell.
Plusieurs signes peuvent témoigner de la qualité d’une saison, mais le petit « x » au classement est souvent le premier indicateur. C’est cette lettre que les Lavallois pourront observer à côté de leur nom, jeudi matin.
Pour une deuxième saison consécutive, la troupe de Pascal Vincent prendra part aux séries de la Ligue américaine, mais elle n’a pas l’intention de laisser les réjouissances s’éterniser. Elle aura 10 matchs pour cocher un autre objectif sur sa liste avant de montrer qu’elle a bien appris les leçons du dernier passage en éliminatoires.
« Dans le vestiaire, j’ai dit aux gars que c’était difficile d’accéder aux séries, tant dans la LNH que la Ligue américaine. Ça fait deux années de suite que nous le faisons, mais il y a d’autres étapes à aller chercher », a insisté Vincent.
La prochaine est le titre de la section Nord. Le Rocket (38-19-5) trône actuellement au sommet avec six points d’avance sur le Crunch de Syracuse, mais ce dernier doit encore jouer trois matchs de plus.
La formation lavalloise s’était d’ailleurs donné un coussin samedi, lorsqu’elle a vaincu le Crunch en tirs de barrage après une excellente troisième période. On aurait pu croire qu’elle allait se nourrir de cette performance pour bien amorcer le duel contre les Penguins (37-16-8), mais ce fut loin d’être le cas.
Les visiteurs ont pris d’assaut le filet de Kahkonen, qui a brillamment gardé le fort pendant que ses coéquipiers trouvaient leur rythme.
« C’est une très bonne équipe et ils sont sortis en force, a mentionné le défenseur Adam Engström, qui effectuait un retour au jeu. Kahks nous a un peu sauvés en première période. »
« Kahkonen a été excellent en début de match, mais de la façon dont nous bougions sur la patinoire, j’étais convaincu que nous allions revenir », a ajouté Vincent.
L’intuition de l’entraîneur-chef n’était pas fausse. Après de meilleures séquences offensives, le Rocket a pris les devants grâce à Davidson, en avantage numérique. Muselé à ses 15 dernières parties, soit depuis le 26 janvier, le jeune attaquant a semblé retirer le poids du monde de sur ses épaules.
« Ç’a vraiment fait du bien. Ça faisait très longtemps que je n’avais pas marqué. Certains font plus de bien que d’autres et de retirer ce poids de mes épaules, j’espère que ça me permettra de performer à mon mieux en séries, a-t-il indiqué. C’était une séquence difficile, mais le groupe est tellement bon dans le vestiaire et ça aide à laisser les succès individuels de côté. »
Sean Farrell et Joshua Roy ont amassé un but et une aide chacun pour les vainqueurs. Samuel Blais et Florian Xhekaj, dans un filet désert, ont complété le pointage.
Les Penguins auraient pu eux aussi avoir des raisons de sourire, en n’enregistrant qu’un seul point, mais ils devront pour patienter avant de s’assurer d’une place en séries.
Gabe Klassen a touché la cible, tandis que Sergei Murashov a cédé quatre fois en 28 lancers. Cette défaite a en quelque sorte gâché le retour à la Place Bell de Rafaël Harvey-Pinard, qui a tout de même été honoré pendant une pause publicitaire.
Le Rocket reprendra l’action vendredi soir, alors qu’il accueillera les Thunderbirds de Springfield.
La machine s’ouvre
Les Penguins ont amorcé la rencontre sur les chapeaux de roues et ils ont bombardé le filet de Kahkonen, qui s’est lui-même mis dans l’embarras à quelques occasions.
Le Finlandais a résisté à un tir à bout portant de Harvey-Pinard, dès la 30e seconde, mais il a aussi réalisé un arrêt spectaculaire aux dépens d’Aidan McDonough alors qu’il était à plat ventre devant son demi-cercle.
Après avoir laissé passer la tempête de neuf tirs en moins de sept minutes, l’équipe lavalloise a allumé l’interrupteur. Murashov a toutefois répliqué à son vis-à-vis en réalisant un bel arrêt face à Lucas Condotta.
Le Rocket s’est fait ouvrir la porte en fin de première période et il n’a pas raté l’occasion. En avantage numérique, David Reinbacher a glissé le disque à Davidson, qui a mis fin à sa traversée du désert grâce à un tir sur réception.
Les hommes de Vincent n’ont pas attendu de se faire donner des occasions, au deuxième engagement, ils sont allés les chercher. Après que Marc Del Gaizo et Davidson eurent atteint le métal derrière Murashov, le club-école du Tricolore a marqué deux buts en 85 secondes.
Blais s’est d’abord échappé, à la suite d’une magnifique passe de Nate Clurman, et il a effectué une belle feinte pour enfiler l’aiguille. Installé au cercle de mise en jeu droit, Farrell a ensuite profité d’un retour de lancer de Roy pour accentuer l’avance des siens.
Les visiteurs ont bien terminé la période et ça leur a donné du momentum pour commencer le dernier tiers avec aplomb. La pression appliquée par Rutger McGroarty a provoqué un revirement de William Trudeau et Klassen en a finalement été le bénéficiaire, après un bel échange.
Malgré un retard de deux buts, les Penguins ont placé leurs adversaires dans les câbles pendant plusieurs minutes et ils ont mené la vie dure aux défenseurs. Ils ont cependant offert l’occasion de trop.
Finn Harding a perdu pied en voulant récupérer la rondelle et Farrell l’a remise à Roy. Ce dernier a utilisé sa finesse pour déjouer un défenseur ennemi et ensuite Murashov.
Xhekaj a scellé l’issue du match alors qu’il restait 3:53 à écouler.






