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Sean Farrell « ne laisse rien sur la table »

Publié le 

LAVAL – Sean Farrell n’est pas du genre très jaseux. Avec les médias, mais aussi dans le vestiaire.

« Il ne parle pas pour rien dire », confirme l’entraîneur-chef du Rocket de Laval, Pascal Vincent, qui dirige l’attaquant pour une deuxième saison.

On présume donc que ce n’est pas pour ses envolées lyriques à la Bob Chicoine entre deux périodes que le pilote a pensé au petit Américain au moment de faire coudre un « A » sur le maillot de l’un de ses joueurs la semaine dernière, en remplacement du vétéran Tobie Paquette-Bisson, blessé.

Sean Farrell L'attaquant du Rocket de Laval, Sean Farrell. (Rocket de Laval)

« Par sa constance, son professionnalisme, sa capacité à rester dans le moment présent, c’est un bel exemple pour tout le monde », justifie Vincent. Il méritait cette lettre-là. C’est quelqu’un en qui j’ai vraiment confiance. »

Et ça paraît.

Pour la majeure partie de la saison, le choix de 4e ronde du Canadien en 2020 (124e) a occupé le poste d’ailier gauche du premier trio, s’imposant comme un excellent complément pour les deux meilleurs pointeurs du club, les vétérans Laurent Dauphin et Alex Belzile.

Plus récemment, l’ancien de l’Université Harvard a été muté sur un autre trio, aux côtés du capitaine Lucas Condotta et de Joshua Roy, alors que l’entraîneur-chef du Rocket tâchait de revivifier son attaque.

« Notre équipe a traversé une période où nous n’étions pas très productifs en attaque. Je me suis donc dit que quelque chose allait changer. J’ai connu une bonne période avec Condo l’année dernière et j’ai joué souvent avec Josh dans le passé. C’était donc logique comme changement. »

Depuis le début de la campagne, le pilote du Rocket n’a pas manqué de souligner à plusieurs reprises la capacité de Farrell à s’adapter à ses compagnons de trio et de les faire briller, tout en récoltant sa part de points.

Avec 13 buts et 40 points à son nom en 59 rencontres cette saison, Farrell occupe le troisième rang des meilleurs pointeurs des siens.

« C’est important de pouvoir jouer un peu partout dans la formation et de me donner les meilleures chances possible de bien faire dans chaque situation. J’apprécie que [Pascal] dise ça de mon jeu. J’essaie simplement de faire de mon mieux dans toutes les missions qui se présentent à moi. »

« Il produit offensivement, mais jamais au prix de tricher. »

—  Pascal Vincent

« Ça prendrait quelqu’un d’aveugle pour ne pas voir tout ce qu’il fait sur la glace. Tu peux le mettre sur une ligne très offensive ou moins offensive. Tu peux le mettre en avantage numérique sur l’une des deux unités, tu peux le mettre à l’occasion en désavantage numérique… C’est un joueur en qui j’ai beaucoup confiance. »

Si bien que récemment, l’entraîneur-chef du Rocket affirme avoir commencé à sonder l’opinion de son espoir de 24 ans relativement aux tactiques déployées sur la patinoire.

« Le fait que je sois un peu plus âgé maintenant et que j’aie un peu d’expérience dans cette ligue fait en sorte que j’ai eu quelques conversations avec Pascal cette année. Honnêtement, je pense que nous voyons les choses de manière assez similaire. »

Chose certaine, nos deux hommes savent se comprendre rapidement. Farrell a beau ne pas évoluer dans la LNH pour le moment, il possède néanmoins l’un des atouts qui permettent à plusieurs joueurs de s’y établir, observe Vincent.

« Je ne dis pas que nos joueurs ici ne le font pas, mais les joueurs expérimentés de la LNH ont assez acquis d’informations à travers leur vécu que tu n’as pas nécessairement besoin de pratiquer beaucoup de choses avec eux. Tu peux leur parler, leur montrer sur la vidéo, et tu sais que lors de la prochaine game, ça va être exécuté parce qu’ils l’ont déjà fait à moment donné.

« Cette capacité intellectuelle de comprendre immédiatement, Sean l’a. On n’a pas besoin de lui dire dix fois. Lui, quand tu lui dis une fois, c’est assez. »

Année de contrat... encore

À l’instar de la dernière saison, où il écoulait la dernière année de son contrat d’entrée dans la LNH, le petit attaquant de 5 pi 9 po et 188 lb doit à nouveau prouver cette année au Canadien qu’il a encore sa place dans la banque d’espoirs de l’organisation.

Après avoir amorcé la campagne 2024-2025 lentement, au point de ne marquer son premier but du calendrier que le 14 décembre, Farrell s’est brillamment ressaisi, concluant l’année sur le premier trio et obtenant un contrat d’une saison à deux volets.

La constance est depuis au rendez-vous, mais un rappel à Montréal ne semble pas dans les cartons, la congestion étant ce qu’elle est au sein de l’attaque de Martin St-Louis.

« Avec la quantité de joueurs de qualité qu’ils ont dans leur top-6, on doit montrer qu’on est prêt à jouer sur les troisième et quatrième trios et qu’on est capable de bien jouer défensivement », réalise celui qui pourrait devenir joueur autonome avec compensation en juillet prochain.

« Le plus important, c’est de rester constant et de prouver qu’on peut compter sur moi chaque soir. »

Voilà en tout cas ce qu’il réussit maintenant à faire à sa troisième saison dans la Ligue américaine.

« Quand mon jeu offensif n’est pas au rendez-vous, je fais de mon mieux pour aider l’équipe de différentes manières. »

« Il est sur le bon chemin, il maximise son talent et son potentiel. Il ne laisse rien sur la table. »

—  Pascal Vincent

« Il est en train de se développer une identité de joueur qui peut être fiable dans les deux sens de la patinoire. Il crée de l’offensive, mais il est aussi capable de jouer contre de bonnes lignes. »

« La façon dont il va défendre est différente de celle de [Florian] Xhekaj ou de Condotta. Ce n’est pas par sa force physique, mais avec son positionnement, ses lectures avant que le jeu se produise, l’utilisation de son bâton, se placer dans les lignes ouvertes pour créer quelque chose de différent... Et il y a son intensité. C’est un gars qui ne triche pas la game. »