COLLABORATION SPÉCIALE

« Il faut que les bottines suivent les babines ». Qui ne connait pas cette bonne vieille expression qui traite de la cohérence entre les mots et les actions? C’est un peu la façon dont je m’explique certaines actions posées dans les derniers jours par le directeur général des Sénateurs, Pierre Dorion – et fort possiblement certaines autres à venir au cours des prochains jours, à quelques heures de l’ouverture du marché des agents libres.

L’acquisition d’Alex DeBrincat – cinq années d’expérience dans la LNH avec les Blackhawks de Chicago et reconnu pour ses qualités de marqueur naturel – vient combler un réel besoin au sein de l’attaque des Sens. Leur unité offensive a terminé au 26e rang dans la colonne des buts marqués lors de la précédente saison avec une moyenne de 2,73 par partie, ce qui est nettement insuffisant dans la game d’aujourd’hui. 

Cette transaction a été jugée par plusieurs comme un geste de respect envers certains membres du noyau de l’organisation, dont Thomas Chabot, Brady Tkachuk et Drake Batherson, afin de leur faire réaliser que les Sénateurs avaient de réelles ambitions.

Au cours des dernières années, ces trois joueurs ont accepté de s’associer aux Sénateurs avec des ententes considérées à long terme, acceptant ainsi de faire confiance aux différentes orientations du management de l’équipe, qui a été plus souvent critiqué qu’adulé lors des dernières saisons.

Ces derniers se sont laissés convaincre par la haute direction des Sénateurs que de jours meilleurs se pointaient de plus en plus à l’horizon après plusieurs saisons difficiles; des exclusions constantes des séries éliminatoires, des liquidations d’effectifs et une gestion financière des plus serrée.

Avec cette acquisition d’impact, Dorion et sa garde rapprochée viennent de démontrer les réelles intentions organisationnelles et viennent de faire un gros pas dans la bonne direction. Ils espèrent que cet ajout entraînera un vent d’enthousiasme bien senti dans la capitale nationale.

Des emplettes loin d’être terminées?

Dans ce contexte de livrables pour le directeur général des Sénateurs, tout porte à croire que l’avenir des Sens sera clarifié de plus en plus dans les prochains jours. Avec ce que l’on entend dans les différents bruits de couloir au cours des derniers jours, il sera intéressant de voir la suite.

Que ce soit par transaction ou rachat de contrat (comme ce fût le cas dans le dossier de Colin White récemment), le statut du vétéran gardien de but Matt Murray semble aussi clair que de l’eau de roche. Les Sénateurs semblent être passés à un autre appel avec cet ancien des Penguins de Pittsburgh, lui qui risque fortement d’évoluer sous d’autres cieux la saison prochaine.

Pendant que la loi de l’omerta semble régner dans l’environnement immédiat de la formation ottavienne, ils semblent que des pourparlers fortement nourris lors de la dernière séance de sélection à Montréal ont jeté les bases d’actions à venir dans les prochains jours.Matt Murray

Il s’agit d’importantes décisions internes qui se devront d’être prises rapidement afin que les Sénateurs deviennent des plus compétitifs dans une course pour les prochaines séries éliminatoires, après cinq saisons d’absence.

Les Sénateurs sont bien servis actuellement au niveau de l’équilibre en attaque, avec trois trios prometteurs. Maintenant, la recherche d’un défenseur top 4, supérieur à ce qu’on a au sein de l’alignement présent, représentera la prochaine pièce du casse-tête.

Bénéficiant d’une belle banque de jeunes espoirs, il ne faudrait pas se surprendre que les Sénateurs se servent de l’un d’eux comme appât dans la vision d’une transaction potentielle dans le prix à payer. Si cela n’est pas possible, alors le marché des joueurs autonomes – malgré les défis que représente le marché d’Ottawa – pourrait représenter la marche à suivre pour ajouter ce chainon manquant. Chose certaine, le moment ne pourrait être mieux choisi dans le message envers les plus fidèles partisans.

Bref, malgré la déception de la dernière année, les Sénateurs d’Ottawa se sont positionnés dans une situation assez enviable, en plus d’envoyer un signal intéressant pour la suite des choses!

Canadiens Montréal : ne pas avoir peur de foncer!

Posé et d’un calme alarmant, le directeur général des Canadiens de Montréal, Kent Hughes, qui contre vents et marées, est demeuré fidèle aux différentes orientations de l’intérieur depuis sa nomination, aura réussi à épater la galerie lors du dernier repêchage.

Hugues, le principal concerné à titre d’architecte, avec comme objectif de redonner du lustre à cette franchise, a démontré les signes d’un homme de hockey pleinement en contrôle de la situation.

Confronté à de grands défis dans la gestion de la masse salariale, avec le besoin de se donner plus de flexibilité et de liberté le moment venu, Hughes risque de poser plusieurs gestes dans les prochaines semaines question de respecter le plan mis en place.

On ne devrait pas juger le CH par le nombre de victoires l’année prochaine, mais davantage par le respect du processus, des orientations et du plan stratégique. 

Cela forcera ultimement les décideurs du CH à rester centrés sur le moment présent et sur ce qu’ils peuvent contrôler, sans se laisser distraire par le bruit extérieur.

Certes, le défi en est un de taille, mais c’est maintenant aux nouveaux dirigeants de faire preuve de créativité et de patience, question de répondre aux attentes futures des amateurs.

Kent Hughes

La formule est simple sur papier : repêcher, développer de l’intérieur et respecter les différentes étapes de progression comme plusieurs autres formations l’ont fait au cours des dernières saisons (l’Avalanche du Colorado et le Lightning de Tampa Bay). Même si cela est plus facile à dire qu’à faire, cela semble représenter la ligne directrice que le CH veut utiliser.

Le Canadien cherchera à tout prix à se défaire de cette étiquette de « sur place » qui semble lui coller à la peau depuis plusieurs saisons, à l’exception de cette présence en finale de la Coupe Stanley, dans une saison d’exception en raison de plusieurs facteurs – mais qui demeure quand même un accomplissement de taille qui mérite une grande reconnaissance. Maintenant, il faut trouver une façon de répéter l’exploit.