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Plus d’athlètes canadiens propulsés par l’intelligence artificielle

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Thomas Bach, président du CIO, prend la parole lors du lancement par le Comité International Olympique de l'Agenda olympique pour l'IA au Vélodrome de Lee Valley, à Londres, le vendredi 19 avril 2024. Le CIO présentera l'impact escompté de l'intelligence artificielle sur le sport et expliquera comment il entend piloter son déploiement mondial dans ce domaine. (Photo AP/Kirsty Wigglesworth) (Kirsty Wigglesworth)

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Pour s’amuser, Xavier McKeever et ses coéquipiers de ski de fond ont un jour demandé à ChatGPT de leur concevoir un programme d’entraînement.

« C’était le programme d’entraînement le plus fou que nous ayons jamais vu », a déclaré le jeune homme de 22 ans originaire de Canmore, en Alberta.

« En gros, il disait qu’il fallait s’entraîner intensivement tous les jours. Il fallait skier pendant trois heures, puis faire une heure d’entraînement intensif, répéter cela plusieurs fois, puis prendre une semaine de repos complet. Nous savons que c’est impossible », a-t-il poursuivi.

« C’était assez drôle à voir et à faire, de constater que Chat GPT n’était pas capable de rédiger un programme d’entraînement et que nous avions besoin de l’aide de nos entraîneurs pour cela », a résumé le fondeur canadien.

Si le robot conversationnel d’OpenAI n’a pas réussi à établir un programme d’entraînement pour les skieurs, l’intelligence artificielle a fait son entrée dans la vie des athlètes canadiens aux Jeux d’hiver de Milan-Cortina, en Italie.

L’Oxford Dictionary définit l’IA comme « la capacité des ordinateurs ou d’autres machines à manifester ou à simuler un comportement intelligent » et « un logiciel utilisé pour effectuer des tâches ou produire des résultats que l’on pensait auparavant réservés à l’intelligence humaine, notamment en utilisant l’apprentissage automatique pour extrapoler à partir de grandes sources de données ».

« Le terme “intelligence artificielle” ou “IA” est très mal compris », a déclaré Andy Van Neutegem, vice-président des sciences de la performance, de la recherche et de l’innovation chez ‘À nous le Podium’, l’organisme canadien de financement et de conseil en matière de sport de haut niveau.

« Nous avons tendance à utiliser le terme “apprentissage automatique” », a précisé Van Neutegem.

Des montres Apple et Garmin aux bagues Oura qui transmettent les données relatives au sommeil et à la fréquence cardiaque aux téléphones intelligents qui créent des objectifs de récupération, en passant par les unités de mesure inertielle fixées sur le corps des athlètes pour une analyse tridimensionnelle du positionnement, le boom de l’IA est inévitable.

Les athlètes canadiens s’accordent généralement à dire que l’IA est davantage un outil d’entraînement que de compétition. Ils accordent autant d’importance, sinon plus, à l’instinct et à l’expérience vécue qu’aux données.

«Dans mon sport, où la performance est exigée à la demande, il est important d’avoir certaines données, mais aussi une très bonne perception de la neige», a expliqué Mikaël Kingsbury, skieur acrobatique et quadruple médaillé olympique en bosses.

«Dans un sport où les choses changent beaucoup, parce que nous sommes à l’extérieur, je ne veux pas que les chiffres soient mon indicateur», a évoqué le Québécois.

En ce qui concerne les Jeux olympiques et paralympiques, la science du sport est un enjeu à part entière, car les pays gardent leurs secrets technologiques bien cachés.

Van Neutegem n’entrera pas dans les détails concernant la préparation de l’équipe canadienne pour les Jeux de Milan-Cortina, mais il autorise certains sports à faire un usage intensif de l’IA.

«On peut parler du surf des neiges, du ski acrobatique», a-t-il énuméré.

«En ce qui concerne l’IA, là où nous en sommes actuellement au niveau mondial dans le sport olympique et paralympique et le sport professionnel, c’est que nous utilisons l’IA pour suivre le positionnement biomécanique du corps. Il s’agit de la morphologie. La morphologie est-elle optimale? L’IA fait le travail de l’œil humain. Il s’agit d’une branche de l’IA que nous appelons la vision par ordinateur, et qui imite simplement les capacités du cerveau humain. L’ordinateur détecte, reconnaît les objets et commence à comprendre si cela est optimal», a poursuivi Van Neutegem.

Les sports de glisse utilisent des systèmes de positionnement locaux (LPS) et exploitent l’IA pour déterminer la ligne la plus rapide sur une piste, a-t-il ajouté.

«Vous introduisez une quantité extraordinaire d’informations dans un ordinateur, qui les calcule et vous donne une interprétation quant à savoir si cela est optimal ou non, sur la base de données collectées sur une longue période», a dit Van Neutegem.

Lorsque le Comité international olympique a lancé son programme sur l’IA il y a près de deux ans, le président du CIO, Thomas Bach, a déclaré: «L’IA peut révolutionner le jugement et l’arbitrage».

La Fédération internationale de gymnastique a mis en place une plateforme d’évaluation par IA lors des Jeux d’été de Paris en 2024, afin d’aider les juges humains à évaluer les mouvements des gymnastes.

Le jugement en surf des neiges a été un point sensible à Pékin en 2022, lorsque le champion canadien de slopestyle, Max Parrot, a reconnu avoir touché son genou au lieu d’attraper sa planche lors d’une descente, ce que les juges n’avaient pas remarqué.

Les X Games, la compétition de sports d’action d’ESPN qui a contribué à populariser des disciplines ajoutées par la suite aux Jeux olympiques, ont transformé une plateforme d’évaluation par IA en une entreprise appelée The Owl AI depuis qu’elle a été testée pour la première fois sur les planchistes masculins en demi-lune lors de l’événement de 2025, à Aspen.

« Ils utilisaient l’IA pour voir si elle pouvait identifier les figures afin de s’assurer que c’était bien ce que quelqu’un avait fait», se souvient Rachel Karker, skieuse acrobatique canadienne de demi-lune.

« Je continue de penser qu’il est vraiment important d’avoir un regard humain pour observer, car le problème avec notre sport, c’est que chacun réalise ses figures de manière légèrement différente. Ce n’est pas comme la gymnastique ou le ski acrobatique, où la manière de réaliser une figure est très stricte », a relaté Karker.

« Chacun tourne sur un axe différent et apporte une variation légèrement différente. Il peut être difficile de saisir ces nuances et de les nommer de manière différente, mais cela commence à être introduit dans les compétitions. Je ne sais pas si cela va améliorer ou détériorer les choses », a-t-elle résumé.