MONTRÉAL – La saison du CF Montréal commence à ressembler à la semaine de l’empereur, sa femme et le petit prince.
Pour la deuxième fois en quatre jours, le onze montréalais a tenu tête à l’une des puissances de la MLS, seulement pour concéder sur un penalty tardif et fatal.
La panenka de Luis Suarez à la 81e minute a permis à un Inter Miami sans Lionel Messi de quitter le Québec avec une victoire de 1-0.
« Malheureusement, c’est la même chose que mercredi et presque la même chose que le match contre TFC », a déploré l’entraîneur-chef intérimaire Philippe Eullaffroy, redondant bien malgré lui. Sur l’engagement, l’envie, le respect du plan de match, tout est en place. Maintenant, il nous manque cette efficacité dans le dernier tiers. »
À sa sortie précédente, le CF Montréal n’avait à peu près rien donné au Nashville SC avant qu’une faute discutable appelée dans la surface ne permette à l’attaquant Sam Surridge de provoquer Sebastian Breza en duel. Ça avait été le seul tir cadré des favoris du Tennessee, éventuellement déclarés vainqueurs grâce à ce but décisif.
Personne ne criera toutefois à l’injustice pour les plus récents déboires du Bleu-blanc-noir.
À la 70e minute, le défenseur Efrain Morales s’est lancé dans un duel aérien avec l’attaquant Germán Berterame. L’action était maladroite et la collision a été violente. Le joueur désigné a effectué une si vilaine chute que dès qu’il est tombé au sol, son adversaire Brayan Vera a signalé vers le banc des deux équipes pour demander de l’aide. L’intervention des ambulanciers a éventuellement été nécessaire.
Aucune mise à jour officielle sur l’état de santé de Berterame n’a depuis été relayée. Eullaffroy s’est toutefois fait le porteur de nouvelles « plutôt rassurantes » en point de presse, affirmant que l’inquiétante séquence avait généré « plus de peur que de mal. »
Suarez a fait mouche à la reprise de l’action. Il a célébré en exhibant le maillot de son coéquipier.
La longue intervention des premiers soins a forcé l’ajout de 13 minutes au tableau indicateur. Ça n’a pas suffi aux Montréalais pour revenir arracher un point aux visiteurs.
L’Impact a ainsi été blanchi dans un troisième match de suite depuis le retour de la trêve de la Coupe du monde. Un maigre point sur une possibilité de neuf. Personne n’aurait crié au vol s’il avait empoché la moitié des huit autres qui lui ont échappé.
« Là, je reste à peu près serein devant vous, mais à l’intérieur, ouais, il y a de la frustration, de la colère, a lâché Eullaffroy. De la bonne colère, dans le sens où Il faut qu’on arrive à changer cet état fait. On fait globalement des performances intéressantes, mais derrière il n’y a pas de points. Donc c’est toujours frustrant et toujours pareil. »
« Oui, c’est frustrant, ressentait lui aussi Samuel Piette. Quand tu performes quand même assez bien dans le contenu et qu’il manque seulement cette finition-là, ce but-là... On sait qu’en ce moment on est dans une période plus difficile offensivement. C’est dommage parce que pour moi, ça change un peu le narratif du travail et de la performance. »
Piette touche un point. Dans le cours du jeu, Nashville n’avait forcé Sebastian Breza à faire aucun arrêt. Miami n’a réussi son premier tir cadré qu’à la 68e minute, une volée de loin sur laquelle Breza a facilement mis les gants.
L’équipe de la Floride, qui jouait aussi sans le milieu de terrain Rodrigo De Paul, mais qui a pu compter sur la contribution de son nouveau joueur désigné Casemiro, a dominé 20-8 au chapitre des tentatives de tirs, mais n’a finalement cadré que deux frappes.
Besoin de renforts
Cette vilaine séquence offensive du CF Montréal aurait dû être reléguée aux archives dès les premières minutes de la rencontre. Tous les spectateurs n’avaient pas encore rejoint leur siège quand Daniel Ríos a été ciblé par un centre de Prince Owusu dans les six mètres. La passe parfaite a semblé frapper ses deux tibias avant de quitter les limites du terrain.
Le site FotMob a accordé une valeur de 0,91 but projeté au cafouillage de Ríos. On parle ici d’un but presque certain. Aucune autre amorce n’aurait pu mieux illustrer l’incompétence montréalaise actuelle devant les cerbères ennemis.
À la 13e minute, Hennadii Synchuk a failli surprendre le gardien Rocco Ríos Novo, mais celui-ci a eu le réflexe de sortir la main pour parer sa tentative à bout portant.
On retiendra aussi le manque de finition d’Owusu à la 48e minute. Le meilleur buteur de l’Impact avait réussi à semer le défenseur Micael pour se présenter seul devant le gardien, mais n’a même pas touché au ballon en fin de course.
Cette crampe au cerveau d’Owusu, qui a quand même fait ses preuves avec 22 buts en MLS depuis le début de la saison 2025, démontre que les échecs répétés des hommes en bleu relèvent en partie d’un manque de confiance. Avec de la patience et parfois un peu de chance, les beaux jours finissent toujours par revenir.
Mais le CF Montréal a un besoin d’aide flagrant devant. Wiki Carmona, qui représentait une belle surprise en début de saison, est sur le carreau. Le joueur désigné Iván Jaime est parti et n’a pas encore été remplacé. On assiste présentement aux limites de la profondeur d’un effectif qui avait déjà l’air d’une grosse tour de Jenga.
La fenêtre estivale de transferts est ouverte jusqu’au 2 septembre dans la MLS. Les annonces et les rumeurs fusent ailleurs dans la ligue. Montréal vient d’annoncer l’acquisition du défenseur Brayan Ceballos. Le milieu de terrain Dani Pereira l’a précédé il y a quelques semaines. De belles trouvailles, mais qui ne ciblent pas la principale lacune du club.
« Je pense que c’est un secret pour personne. Ce qui nous manque, c’est un peu plus de punch offensif, admet Piette. Mais j’ai 100% confiance en la direction. Ce sont des gens qui veulent le bien du club, qui voient à quel point on travaille fort et qu’on a besoin, justement, de ce renfort-là, de ce petit extra pour amener de la compétition à l’interne et un peu plus de qualité. »
Eullaffroy a assuré qu’il avait depuis longtemps transmis sa « liste d’épicerie » à ses patrons et s’attend à ce que « deux ou trois produits » arrivent sur ses tablettes « très prochainement. »
Son équipe a déjà perdu deux rangs au classement depuis son retour au jeu. Les saisons ont beau être longues, le temps presse.





