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Les vols d’Alexis

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Il commence à se faire tard pour le CF Montréal. S’il n’est pas minuit moins une, il est probablement moins cinq.

Le CF Montréal a démontré qu’il peut être compétitif face à de très bonnes équipes de MLS. Avec 10 matchs à jouer et 8 pts de retard sur la 9e place (dernière donnant accès aux séries), être compétitif n’est malheureusement plus suffisant.

Il faut trouver le moyen de voler des matchs. Ces vols passeront sans doute par Alexis… s’il peut décoller.

Le pari Sanchez

Malgré les besoins criants en attaque, trois des cinq recrues estivales sont utilisées à des postes essentiellement défensifs. Il reste ensuite Dante Sealy, l’ailier droit qui fait son retour au club huit mois après avoir été vendu aux Rapids du Colorado et Alexis Sanchez.

Offensivement, la direction du club a mis la plupart (pour ne pas dire toutes) ses billes dans le panier Sanchez.

Jusqu’ici, les plus optimistes parleront de flashs prometteurs. Les pessimistes verront plutôt un joueur vieillissant qui n’apporte pas l’électrochoc offensif dont l’équipe avait tant besoin. La vérité est probablement entre les deux.

Dans quelle chaise?

L’arrivée de Sanchez n’est pas sans rappeler le bref passage d’Ivan Jaime. L’Espagnol avait été recruté comme ailier gauche, mais Marco Donadel le préférait comme milieu offensif. On se demande encore quelle était la meilleure chaise pour lui.

Un an après la lettre : le CFM est-il amélioré? Reportage d'Antonin Besner au sujet des propos de Luca Saputo, un an après la publication de la lettre de reconstruction de l'équipe.

Mardi matin, Luca Saputo affirmait que le Chilien de 37 ans a lui aussi été recruté comme ailier gauche. Un peu plus de 24 heures plus tard, Philippe Eullaffroy le faisait démarrer comme milieu offensif dans la défaite contre Charlotte. Vu sa contribution marginale dans le couloir contre Philadelphie quelques jours plus tôt, on peut comprendre le coach de le replacer au cœur du jeu.

Si Sanchez s’installe dans l’axe, on se rapprochera toutefois de la case départ sur la gauche. Dante Sealy serait peut-être une option. À l’annonce de son retour, on présentait Sealy comme un joueur qui renforçait la profondeur du groupe. On n’y voyait pas nécessairement la solution un problème qui persiste depuis des années sur la gauche.

Les prochains matchs nous diront si on assiste à un heureux effet domino.

Dommages collatéraux

Entre-temps, on se demande où se retrouve Samuel Piette dans les plans du club. Dans 6 des 11 derniers matchs de MLS, le capitaine n’a pas même pas foulé le terrain. Il était pourtant le visage de la relance après le congédiement de Marco Donadel en début de saison.

Je peux comprendre que Piette ne soit pas titulaire indiscutable. Je comprends moins en quoi les qualités ou les performances de Victor Loturi justifient les nombreuses minutes qu’on lui consacre.

Le profil de Piette a ses limites, certes, mais il reste excellent dans certains aspects du jeu. Samedi dernier à Philadelphie, il a été le meilleur des siens pour les interceptions, les ballons récupérés et le pourcentage de passes réussies. Pourrait-il jouer encore plus vers l’avant? Probablement, mais Loturi n’est pas Andrea Pirlo non plus. Il est polyvalent, mais il excelle dans peu de facettes du jeu.

Trouver la bonne recette dans un milieu de terrain où les profils sont nombreux et variés est un défi de taille, j’en conviens. Je trouve tout de même qu’on a rapidement écarté Piette d’un poste qui n’était pas le plus problématique à la base. En limitant à ce point son temps de jeu, on se prive non seulement d’une pierre d’assise dans l’axe, on limite aussi sa capacité à exercer son leadership. Un dommage collatéral qui mérite d’être considéré.

Avec une demi-finale de Championnat canadien à disputer contre Vancouver mercredi prochain, il sera très intéressant de voir les choix d’Eullaffroy ce samedi au Colorado.

Nouvelle opportunité

En parlant de leadership, c’est une des raisons que l’entraîneur a évoquées pour expliquer le changement de gardien lors des derniers matchs. On cherchait aussi plus de justesse balle au pied et une présence plus imposante sur coups de pied arrêtés. Chapeau à Sebastian Breza qui a su saisir cette nouvelle opportunité qu’il n’attendait peut-être plus. Ce choix du coach est peut-être ponctuel, mais le gardien québécois a marqué suffisamment de points pour qu’on soit tenté de poursuivre l’expérience.