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Un an après la lettre, Saputo voit « de la progression »

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MONTRÉAL – Sachant qu’il devait prendre parole publiquement quelques jours plus tard, Luca Saputo devait ardemment souhaiter une victoire de son équipe samedi dernier.

En gagnant à Philadelphie, le CF Montréal se serait hissé à trois points d’une participation potentielle aux matchs éliminatoires en MLS. Il aurait été facile de jouer du violon sur cet air, de parler de progrès et d’espoir.

Sa défaite l’a toutefois relégué à un endroit où il est plus difficile de se cacher. Dernier dans l’Association Est, derrière cinq rivaux qui se battent pour le même objectif. Mathématiquement, c’est jouable. Mais avec un pas de recul, on ne peut que constater que les avancées, s’il y en a, sont microscopiques.

Il s’est écoulé un peu plus d’une année et trois mercatos depuis que Luca Saputo, son frère Simone et le président Gabriel Gervais ont signé une lettre annonçant le début d’une reconstruction, d’une « nouvelle ère qui remet la victoire au cœur de notre gestion sportive ». Au moment de cette publication, le CF Montréal comptait trois victoires en 24 matchs. Sa récolte de 15 points était la pire de la MLS.

Un an plus tard, l’équipe a amassé 21 points dans une saison vieille de 23 matchs. Seule la médiocrité du Sporting KC l’empêche de toucher le fond du baril. Depuis cette promesse manuscrite aux partisans, elle a gagné huit de ses 33 matchs.

C’est dans ce contexte que Saputo, le directeur principal, recrutement et méthodologie sportive du club, s’est présenté devant les journalistes mardi matin.

« Je pense que l’équipe a fait de la progression, a-t-il soutenu. Évidemment, on n’est pas où on veut être, mais en même temps chez les joueurs, je vois une mentalité différente depuis l’an dernier. La qualité s’est élevée, mais c’est sûr que là, il faut aussi le résultat. »

Le fait que Saputo fasse allusion à la mentalité du groupe qu’il bâtit depuis un an n’est pas anodin. À l’été 2025, alors qu’il venait de compléter le premier mercato ultérieur à la lettre, il avait mentionné voir depuis son entrée en poste « une équipe qui ne se battait pas, des joueurs qui jouent parfois pour eux-mêmes ».

Les choses ont-elles vraiment changé depuis? L’actualité des derniers jours légitimise la question. Après la défaite à Philadelphie, l’entraîneur-chef par intérim Philippe Eullaffroy a déclaré avoir confiance en ses joueurs, ajoutant toutefois que « nous ne pouvons pas pousser pour eux ou avoir une mentalité de compétiteur pour eux ».

« Nous ne réussissons pas de bonnes choses sans les émotions, a-t-il insisté plus tard dans des propos rapportés par La Presse Canadienne. À l’heure actuelle, mes émotions sont éteintes. »

Saputo, lui, assure qu’il aime ce qu’il voit.

« En général, oui. Évidemment, il y a des matchs qui sont difficiles. La semaine dernière était une semaine très difficile. Ça a commencé à Miami, après Vancouver, puis finalement retourner à Philadelphie. C’était une semaine très chargée, très longue. On voyait de la fatigue dans l’équipe. Je pense quand même que l’équipe a cet esprit de battant, de gagnant. Si tu n’es pas ici pour gagner, tu n’as pas ta place ici. »

L’effet Sanchez

La dernière fois qu’on avait vu Luca Saputo, il était assis à la droite d’Alexis Sánchez dans la salle de conférence du Centre Nutrilait. La légende chilienne débarquait à peine à Montréal. On misait beaucoup sur son arrivée pour modifier le sort du CF Montréal dans une saison qui n’allait pas dans la bonne direction.

Trois semaines plus tard, l’influence de Sánchez ne se traduit pas encore par des résultats concrets. Le joueur désigné a pris part a quatre matchs de MLS, dont un comme titulaire. À chacune de ses sorties, sa charge de travail a augmenté. Mais en 148 minutes de jeu, il n’a toujours pas noirci la feuille de pointage.

Il a aussi fait une apparition en Championnat canadien. Dans un match nul de 1-1 à Vancouver, on croyait l’avoir vu ouvrir son compteur, mais son but a été annulé par un appel de hors-jeu.

« Évidemment, il nous aide beaucoup hors du terrain. Il nous apporte beaucoup. Même à l’entraînement, on voit des choses. Il faut aussi rester un peu patient avec lui. Il a fait un match comme titulaire, mais il vient d’une saison morte qui a été assez longue, donc il faut lui donner un peu de temps. Il est un professionnel, il a toujours fait voir que c’est un gars du top niveau alors je n’ai aucun doute qu’il va nous faire voir sa qualité. »

Avec l’arrivée de Sánchez et celle du défenseur Viktor Radojević, le CF Montréal compte désormais, selon les données disponibles sur le site officiel de la MLS, un joueur désigné et trois joueurs « U22 Initiative » au sein de son effectif. Cette dernière dénomination désigne des joueurs mis sous contrat avant l’âge de 23 ans dont la charge salariale se retrouve réduite.

La MLS offre à ses clubs la possibilité de se baser sur deux modèles pour construire leur effectif. Le CF Montréal a opté pour celui qui lui permet de signer deux joueurs désignés et quatre joueurs « U22 Initiative ». À l’heure actuelle, il ne l’exploite pas à son plein potentiel et Luca Saputo a clairement indiqué mardi qu’il croyait pouvoir diriger une équipe compétitive sans le faire.

« Le phénomène du joueur désigné, c’est une chose sur laquelle beaucoup de personnes mettent l’accent. Mais en même temps, un joueur comme Prince [Owusu], par exemple, pourrait être un joueur désigné. En fait, on a beaucoup de demandes pour lui parce qu’il n’est pas un joueur désigné. Mais juste parce qu’un gars est un joueur désigné, ça ne veut pas dire que ça change l’équipe non plus. La réalité, c’est qu’il faut faire mieux sur le terrain et il faut prendre les résultats. Je ne pense pas que ça change si tu as un, deux ou trois joueurs désignés. »