MONTRÉAL – Quand une équipe ne gagne que quatre matchs sur les 25 où elle prétendait à la victoire, ceux qui la dirigent se retrouvent à faire toutes sortes de contorsions afin de tenter de redéfinir le succès, d'identifier des signes de progrès.
Dans la dernière semaine, Marco Donadel a souvent répété que le langage que comprend le plus l'amateur de sport, celui du tableau indicateur, ne l'intéressait plus. « Ce n'est pas à propos du résultat, je me fous du résultat présentement », a-t-il insisté après le gain de 3-1 ramené par le CF Montréal de la Nouvelle-Angleterre en fin de semaine. Il avait exprimé sensiblement la même chose la veille lorsque bombardé de questions au sujet des plans de reconstruction de ses patrons.
Dans une saison où les objectifs chiffrés ont depuis longtemps été frappés d'un gros X au feutre rouge, Donadel tente de garder engagés et de récompenser ses joueurs en parlant de processus, de rigueur à l'entraînement, d'attitude et de bonnes intentions. Mais lundi matin, devant une nouvelle page blanche qui se nomme la Coupe des Ligues, le mot en « V » est revenu dans le discours de l'entraîneur.
Son équipe affrontera mardi soir le Club León dans le premier de trois affrontements en une semaine contre des équipes de la Liga MX, le principal championnat mexicain. Le format de la Coupe des Ligues, une compétition qui en est à sa troisième année d'existence, est différent cette année. Seulement 18 équipes de la MLS y participent. Le CF Montréal est du lot en vertu de sa neuvième place au classement final de l'Association Est la saison dernière.
Dans la première phase du tournoi, chacune des 36 équipes inscrites disputera trois matchs. Les quatre meilleures de chaque ligue au terme de l'exercice seront qualifiées pour le tour éliminatoire.
Donadel a décrit ces trois matchs qui attendent son équipe comme autant de « finales ». Il a exploré en long et en large les scénarios hypothétiques qui lui permettraient d'assurer sa survie et insisté sur l'étroitesse de sa marge d'erreur. « Si on ne gagne pas demain, si on ne prend pas les trois points, mathématiquement ça ne sera pas la fin, mais ça le sera probablement. Et notre match suivant, contre Toluca, sera notre plus difficile », anticipait-il.
Quand un confrère lui a demandé s'il voyait le tournoi comme l'occasion d'expérimenter avec son effectif et donner du temps de jeu à des joueurs qui avaient été moins sollicités dernièrement, il a répondu par la négative.
« Comme je l'ai dit, le match de demain est une finale pour nous. On veut travailler sur cette mentalité dont Dante [Sealy] parlait après le match en Nouvelle-Angleterre [selon laquelle il faut se donner à 100% peu importe les circonstances]. Chaque match à partir de maintenant, on le jouera pour gagner dès la première minute. »
« La Coupe des Ligues est assurément une belle occasion de profiter d'un nouveau départ, approuvait le milieu de terrain Bryce Duke. On ne peut jamais prédire qui gagnera ce tournoi ni quelle étape on sera en mesure d'atteindre. C'est aussi une opportunité d'affronter des adversaires différents. On s'est plutôt bien tiré d'affaire dans le passé alors ça devrait être plaisant. »
Des classiques
En 2023, le CF Montréal avait échoué de justesse à franchir la phase de groupes, rentrant à la maison bredouille après une victoire aux tirs au but contre Pumas et une défaite contre D.C. United. L'année dernière, il avait battu l'Atlético de San Luis 3-2, mais s'était avoué vaincu contre Orlando et Philadelphie.
Deux éliminations rapides, mais qui ont quand même laissé de bons souvenirs aux amateurs de soccer montréalais. Les deux matchs disputés au Stade Saputo contre les équipes mexicaines avaient été joués devant de grands contingents de partisans mexicains qui avaient installé une ambiance hors du commun dans l'enceinte de la rue Sherbrooke.
« Des matchs classiques, beaucoup d'agressivité, beaucoup de gros mots », se rappelle en souriant Duke, qui a personnellement bien fait dans ces rencontres à haute intensité en récoltant un but et une passe décisive.
« Il y a toujours beaucoup d'énergie, beaucoup d'émotion. Ces équipes-là, elles ne viennent pas faire acte de présence. Ça nous permet de voir comment ça se passe dans d'autres ligues, ça nous force à nous adapter à ce qui se fait ailleurs et peut-être à montrer un différent visage. »
Donadel a répondu avec l'équivalent d'un haussement d'épaules lorsqu'on lui a proposé que les partisans du CF Montréal pourraient être en désavantage numérique dans leur propre demeure mardi soir.
« Que ça soit 50-50, 60-40 ou 90% de partisans mexicains contre 10% des nôtres, la beauté de la chose c'est qu'à la fin de la soirée, on n'entendra que ceux de l'équipe qui a gagné », a prédit le stratège italien, pince-sans-rire. Une autre bonne raison de viser plus haut que la victoire morale.
Giacomo Vrioni, qui s'est blessé pendant la période d'échauffement du match contre le Revolution, souffre d'une blessure aux adducteurs. Donadel a révélé que son joueur désigné passait des examens au moment même où il s'adressait aux médias lundi. Quant à Jalen Neal, inactif depuis le 25 juin, il ne devrait pas être de retour au jeu avant la semaine prochaine.





