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Une brèche par laquelle la lumière s’est faufilée

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MONTRÉAL – La détonation est venue d’absolument nulle part. Une frappe d’environ 35 mètres du défenseur central Brayan Vera qui est allée s’incruster violemment dans les cordages. De toutes les façons dont l’attaque du CF Montréal aurait pu sortir de sa somnolence, celle-là était sans doute parmi les plus improbables.

L’Impact n’a pas mis un frein à sa séquence de matchs sans victoire samedi. Mais en livrant un nul de 2-2 au Revolution de la Nouvelle-Angleterre, il a mis en banque un point qui ne lui était pas destiné et, surtout, il a donné de quoi célébrer à des partisans qui depuis longtemps n’avaient pas été gâtés.

Le but de Vera mettait fin à une disette offensive de 321 minutes du onze montréalais. En fait, le chronomètre roulait sans interruption depuis le retour de la trêve de la Coupe du monde. Après un nul sans but contre Toronto FC, le Bleu-blanc-noir avait perdu 1-0 contre le Nashville SC et l’Inter Miami.

Vingt-neuf tentatives de tirs, dont sept cadrées, durant cette traversée du désert. Et rien, absolument rien à montrer là où ça compte.

Quand le Revolution s’est donné une avance de deux buts avant la mi-temps, l’optimisme quant à une possible remontée était imperceptible dans le Stade Saputo. Les hommes sur le terrain n’avaient à peu près rien généré en 45 minutes et les ressources pour trouver des solutions étaient quasiment absentes sur le banc.

Mais le tir de Vera à la 52e minute a ouvert une brèche par laquelle la lumière s’est faufilée.

« Quand je l’ai vu rentrer, c’est sûr que ça a fait du bien », a relaté le gardien Sebastian Breza après avoir témoigné que Vera possède un coup de pied ‘qui fait mal aux mains’. »

« Surtout que ça venait quand même assez tôt dans la deuxième demie. On voulait repartir du bon pied et ça a entraîné la foule avec nous, ça a redonné espoir aux gars aussi. C’est difficile mentalement de dire qu’on va pousser, mais t’as pas de récompense. Là, on l’a eu la récompense. »

Sept minutes plus tard, Prince Owusu a savamment calculé la retombée d’un centre de Luca Petrasso derrière son couvreur dans la surface de réparation.

L’attaquant a célébré son premier but en MLS depuis son tour du chapeau du 23 mai contre D.C. United.

Breza a failli tout gâcher avec une sortie hasardeuse à l’heure de jeu, mais il s’est repris en sauvant le match quelques minutes plus tard avec un arrêt revanchard sur Dor Turgeman.

Le cerbère québécois et l’attaquant israélien avaient eu maille à partir en première demie, quand ce dernier avait célébré le deuxième but des siens en narguant les groupes de supporteurs devant la section 132.

Sans dire que les Montréalais auront eu le dernier mot, ils se seront au moins joint à la conversation. Il fallait bien commencer quelque part.

Les soucis de Morales, l’énergie de Breza

Parce qu’après une demie, il n’y avait rien de joli dans le jeu des locaux. S’il y avait du positif à soutirer des revers contre Nashville et Miami, l’amorce contre la Nouvelle-Angleterre n’était que douleur pour les yeux.

L’entraîneur-chef intérimaire du CF Montréal, Philippe Eullaffroy, a agréé sans hésiter quand un journaliste lui a suggéré qu’il s’agissait de la pire première demie de la saison.

« On n’a rien fait de bien. C’est une belle leçon pour tout le monde. Il y a trois mois, on disait qu’on aurait une chance de faire les séries si on mettait de l’intensité et si on respectait notre identité. On disait même qu’on était prêts à perdre avec notre identité. Mais en première mi-temps, il est arrivé le pire, c’est-à-dire qu’on perdait parce qu’on avait zéro identité. Rien du tout de ce qui nous ressemble d’habitude. »

Montréal n’avait pas encore aligné trois passes consécutives quand, à la 28e minute, un penalty a été accordé aux visiteurs. La faute revenait au pauvre Efraín Morales, récemment critiqué en Championnat canadien et bouc-émissaire la semaine précédente contre Miami. Cette fois, après avoir causé une perte de balle dans les vingt mètres, le jeune défenseur a péché en mettant son bras devant un tir adverse. Ses contestations n’ont pas été entendues, puis Carles Gil a converti.

Morales a aussi mal paru sur le deuxième but des Revs six minutes plus tard. Après un bel échange entre Gil et Peyton Miller sur le côté droit, le Bolivien a été spectateur de la passe décisive que Turgeman a facilement mis au fond.

Pour Breza, c’est là que le vase a débordé. Quand il a vu Turgeman et Miller faire les rigolos sous le nez des bruyants partisans, le gardien est venu les agripper par le collet pour tenter de les rediriger vers le rond central. Turgeman a insisté. Breza est de nouveau allé à sa rencontre et l’a semi-accidentellement projeté au sol. Le portier s’en est tiré avec un carton jaune et pour la première fois, on sentait que l’équipe locale avait un pouls.

« Je sentais que la foule, je voulais qu’elle embarque avec nous. Je voulais qu’elle aide à pousser les gars. C’est quelque chose que je sentais que je voulais faire pour aider les gars, pour leur donner de l’énergie », a justifié Breza.

À retardement, son énoncé a eu l’effet escompté. Ou du moins quelque chose qui s’y apparente, si on tend l’oreille vers Philippe Eullaffroy. « Cette étincelle-là, on aurait voulu que ce soit un feu incroyable, mais c’est resté un feu de cheminée maîtrisé, déplorait-il. Malheureusement, ça ne s’est pas étendu plus que ça. »

À chaud, c’est davantage sur l’ensemble de l’œuvre que se déposaient les pensées du coach. Et ce qu’il souhaitait qu’il en reste, c’est « que ce groupe de joueurs et le staff comprennent que si on n’est pas nous-mêmes, on aura beaucoup de mal à exister. »