VANCOUVER — Le long chemin vers la guérison, depuis sa fracture à une jambe jusqu’à sa première participation à la Coupe du monde de soccer masculin, a été une expérience enrichissante pour le défenseur Moïse Bombito.
Ce joueur âgé de 26 ans, originaire de Montréal, s’est fracturé le tibia gauche en octobre dernier, alors qu’il évoluait au sein du club français de Nice. De nombreuses questions se posaient quant à savoir s’il serait rétabli à temps pour représenter le Canada à la Coupe du monde.
La réponse est venue jeudi, lorsque Bombito est entré en jeu en deuxième demie lors de la victoire de 6-0 du Canada face au Qatar, la première victoire du pays en Coupe du monde.
«Ç’a été tout un parcours, un formidable parcours», a déclaré Bombito avant l’entraînement de lundi. Tout au long de ce parcours, j’ai appris que la résilience est essentielle, tout comme la foi.
«Si on se laisse envahir par des pensées négatives, alors ça peut avoir des conséquences. J’ai fait de mon mieux pour rester positif en toutes circonstances, pour être reconnaissant en toutes circonstances», a-t-il résumé.
Le Canada et la Suisse totalisent chacun quatre points après deux matchs, mais le Canada est en tête du classement du groupe B grâce à un différentiel de buts favorable.
Les deux équipes s’affronteront mercredi à Vancouver. Une victoire ou un match nul permettrait au Canada de se qualifier pour le tour suivant de ce tournoi à 48 équipes, en finissant en tête de son groupe.
La convalescence de Bombito a été lente. Il s’est entraîné avec Nice, mais n’a disputé que peu de minutes vers la fin de la saison.
Le Québécois a été retenu dans la liste initiale des 26 joueurs pour la Coupe du monde, puis a disputé 31 minutes lors de la victoire 2-0 de l’équipe en match amical contre l’Ouzbékistan, le 1er juin, lors d’une soirée pluvieuse et froide à Edmonton. Bombito a quitté le terrain en boitant et a été aperçu en train de mettre de la glace sur sa jambe blessée.
Il était disponible sur le banc lorsque le Canada a affronté l’Irlande lors d’un match amical à Montréal le 5 juin, mais Luc de Fougerolles a pris sa place dans le onze partant.
Bombito n’a pas joué lors du match d’ouverture du tournoi, un match nul 1-1 contre la Bosnie-Herzégovine, à Toronto.
Des pensées négatives ont commencé à s’insinuer dans l’esprit de Bombito. Il remercie sa foi et ses coéquipiers de l’avoir soutenu.
«Il y a eu des moments où je doutais, où je ne savais pas si j’allais m’en sortir, a-t-il reconnu. Mon match à Edmonton ne s’est pas très bien passé. Je me disais simplement: est-ce la bonne chose à faire (de jouer), alors que je ne suis pas d’une grande aide?
«Je crois que mon Dieu m’a aidé à traverser ce parcours qui a été une véritable montagne russe, a-t-il poursuivi. Je suis fier d’avoir pu tout donner. Le personnel technique m’a accordé sa confiance en me disant que tout irait bien. Je leur en suis vraiment reconnaissant.»
Bombito a également vu de Fougerolles et Derek Cornelius le remplacer.
«Je dois reconnaître que Derek et Luc ont fait un travail vraiment formidable, a-t-il dit. Je ne dirai pas que je ne veux pas prendre leur place, mais il ne faut pas briser un élan aussi formidable. On veut simplement être capable d’apporter son aide quand on est appelé.»
Recevoir enfin l’appel pour le match contre le Qatar, puis entrer sur le terrain pour sa première apparition en Coupe du monde devant un public canadien en délire au BC Place, c’était un moment spécial.
«On rêve de ce jour-là, a reconnu Bombito. On se rend compte que tout ce travail acharné a porté ses fruits. Puis, on entre sur le terrain, on voit sa famille dans les tribunes, on voit tous ceux qui nous ont soutenus, et on est tout simplement très reconnaissant. C’était sans aucun doute un moment formidable.»
La joie suscitée par la victoire du Canada face au Qatar a été ternie par la fracture à une jambe subie par le milieu de terrain Ismaël Koné.
Voir Koné être évacué du terrain a été particulièrement difficile pour Bombito, le gardien Maxime Crépeau et l’attaquant Tajon Buchanan, qui ont tous subi des blessures similaires. Tous les trois ont apporté leur soutien à Koné.
«J’essaie d’être là autant que possible et de lui faire savoir qu’il n’est pas seul», a relaté Bombito.
Jim Morris, La Presse Canadienne






