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Des groupes veulent la suppression des droits de douane sur les équipements sportifs

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La silhouette d'un golfeur au club de golf Glen Abbey, à Oakville, en Ontario, le 26 juillet 2013. LA PRESSE CANADIENNE/Nathan Denette (Nathan Denette)

OTTAWA – Certaines organisations sportives et entreprises exhortent les gouvernements des deux côtés de la frontière à suspendre les droits de douane liés au sport, mettant en garde contre l’aggravation des difficultés économiques et le déclin de la participation aux activités physiques.

La guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis ne cesse de s’intensifier depuis plusieurs semaines, après l’échec des négociations sur un accord commercial à la mi-août.

Le lendemain, le président américain Donald Trump a imposé des droits de douane de 50 % sur 28 milliards $ de marchandises canadiennes, notamment des équipements de hockey, de golf et de remise en forme, ainsi que des cannes à pêche et leurs pièces détachées.

Le Canada a, à son tour, mis en place des droits de douane de rétorsion le 8 septembre. Ceux-ci visent également plusieurs catégories d’articles de sport, notamment les survêtements, les combinaisons de ski et les maillots de bain, le matériel de golf et les cannes à pêche.

Aneysha Bhat, porte-parole de la Sports and Fitness Industry Association, établie à Washington, dit que ces droits de douane nuisent aux entreprises du secteur et discréditent la participation du public aux activités sportives.

« L’accessibilité financière favorise la pratique sportive et contribue à son essor, fait-elle valoir. L’augmentation de la pratique sportive nous aide à bâtir des collectivités actives et en bonne santé, mais ces droits de douane entravent véritablement notre capacité à y parvenir. »

Cette association représente plus de 700 marques d’articles de sport, fabricants, détaillants, entreprises et des ligues juniors et professionnelles.

Mme Bhat indique que l’organisation exhorte les deux gouvernements à revenir à la table des négociations et à relancer les discussions commerciales.

Mark Macaulay, responsable des achats chez Home Run Sports à Winnipeg, constate que ce sont les droits de douane de rétorsion du Canada qui affectent son entreprise.

« Nous travaillons avec des entreprises de fabrication de bâtons de baseball de la Louisiane et de la Pennsylvanie, et concrètement, si nous devions faire passer ces produits à la frontière dès maintenant, leur coût serait 50 % plus élevé qu’avant le 8 septembre. C’est une hausse considérable. »

M. Macaulay ajoute que si ces droits de douane se maintiennent jusqu’à la fin de l’automne ou pendant l’hiver, son entreprise devra retarder, voire annuler, ses livraisons.

« Le coût des marchandises sera si élevé que le prix de vente au détail va augmenter, déplore-t-il. En tant qu’entreprise, nous n’allons pas absorber ce coût. Il devra être répercuté sur le consommateur. »

M. Macaulay a également indiqué que si les droits de douane se maintenaient, les consommateurs pourraient être contraints d’acheter des marques qui ne sont pas concernées par ces droits.

Du côté américain, on craint que les droits de douane sur les importations canadiennes ne fassent grimper encore davantage les prix de l’équipement de hockey, déjà en forte hausse.

Le gouvernement fédéral affirme qu’il examine les lacunes de la production et de l’approvisionnement canadiens après avoir imposé des droits de douane sur plusieurs articles de sport américains.

Selon Adam van Koeverden, secrétaire d’État chargé des sports, le gouvernement ne souhaite pas que le matériel dont les familles ont besoin pour permettre à leurs enfants de pratiquer un sport soit affecté par les droits de douane.

M. van Koeverden ne précise pas quels sports ou quelles communautés étaient les plus durement touchés par les droits de douane. Il souligne que le gouvernement évalue les répercussions « à tous les niveaux ».

« Nous allons discuter avec les fédérations sportives nationales pour nous assurer qu’elles examinent leurs pratiques d’approvisionnement afin de garantir qu’elles achètent des produits canadiens. Parallèlement, nous examinons ce que nous pouvons faire, en tant que pays innovant, pour produire davantage les articles dont nous avons besoin ici. »

Riyadh Nazerally, porte-parole du ministère de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, mentionne que le gouvernement reconnaît que les droits de douane américains créaient des difficultés et de l’incertitude pour les fabricants canadiens.

Il ajoute que le gouvernement sait également que les petites et moyennes entreprises sont les plus touchées par ces droits de douane.

« Le gouvernement continue de s’attacher à aider les entreprises à faire face à leurs problèmes immédiats de trésorerie, à maintenir leurs activités et à préserver les emplois », défend M. Nazerally.

Hockey Canada dit soutenir pleinement tous les efforts déployés par le gouvernement fédéral pour faire face à la situation actuelle liée aux droits de douane imposés par les États-Unis.

« Nous continuons à suivre la situation et l’impact potentiel qu’elle pourrait avoir sur notre communauté nationale de hockey », mentionne l’organisation.