MONTRÉAL — Le vice-président haute performance de Tennis Canada, Guillaume Marx, avait passé l’édition 2025 de l’Omnium Banque Nationale à Montréal à vanter la progression de Victoria Mboko, qui avait enchaîné les surprises jusqu’à son triomphe en finale contre Naomi Osaka.
Jeudi, Marx s’est présenté en conférence de presse alors qu’il ne reste aucun Canadien en lice à Montréal. Il a dû plutôt rappeler que Leylah Annie Fernandez était toujours dans la course du côté féminin à Toronto. Il a cependant admis qu’un gros défi l’attendait au troisième tour, alors qu’elle affrontera la Russe Mirra Andreeva, championne à Roland-Garros ce printemps.
« Leylah a toujours aimé la tournée nord-américaine, a dit Marx. L’an dernier, elle avait gagné à Washington avant de venir ici. Elle est motivée et a bien commencé son tournoi. »
Les partisans qui espéraient se vêtir de rouge et afficher des feuilles d’érable pour encourager les représentants du pays n’ont plus personne à encourager à Montréal.
Les six Canadiens dans le tableau principal ont rendu les armes aux premier ou deuxième tours. Denis Shapovalov et Gabriel Diallo ont abandonné pendant des matchs en raison de blessures. Félix Auger-Aliassime, deuxième tête de série du tournoi, a dû déclarer forfait avant de jouer son premier match, embêté par des maux de dos.
Si le cas d’Auger-Aliassime n’inquiète pas vraiment Marx, il a paru plus inquiet pour Diallo, admettant que son dossier serait suivi de près. L’équipe canadienne de la Coupe Davis accueillera la France, à Québec, les 18 et 19 septembre, lors du deuxième tour des qualifications.
« Nous espérons bien sûr que nos meilleurs joueurs seront en santé », a-t-il dit.
Au terme du deuxième tour, à Montréal, 14 des 32 têtes de série ont été éliminées. Il ne reste plus que six joueurs en lice ayant déjà remporté un titre de la série Masters 1000 et seulement deux membres du top-10 actuel au classement mondial de l’ATP.
C’est la première fois depuis le tournoi de Rome, en 1991, qu’il ne reste aucun membre du top-5 mondial au troisième tour d’un tournoi Masters 1000.
Certains joueurs ont évoqué le début de la saison sur surface dure pour expliquer leurs déboires à Montréal. Selon Marx, cela peut aussi démystifier la série de blessures qui a frappé les joueurs canadiens.
« Les transitions de surface sont des moments critiques pour les joueurs, a-t-il reconnu. Ce sont des périodes propices aux blessures (...) et le dur peut réveiller d’anciennes blessures. »
Malgré tout, Marx croit que les partisans montréalais auront droit à un bon spectacle d’ici la fin de l’événement, jeudi prochain.
« Nous aurons forcément un beau vainqueur, car il y a une profondeur importante parmi les participants aux Masters 1000, a-t-il insisté. (Rafael) Jodar s’est révélé cet été. C’est peut-être l’année de (Alex) de Minaur, qui est un joueur du top-5. C’est aussi le retour de (Lorenzo) Musetti. Jusqu’où peut-il aller? Il était top-5 avant de se blesser. »
Musetti, 11e tête de série, et Jodar, 20e, s’affrontaient lors du troisième tour, plus tard jeudi. Un autre joueur intéressant tombera donc au combat.
Dans les circonstances, les organisateurs du tournoi pourront de nouveau se plaindre auprès de l’ATP de la position de l’événement dans le calendrier et des décisions des joueurs étoiles Jannik Sinner et Novak Djokovic de ne pas y participer.
« Nous n’arrivons pas à accueillir tous les meilleurs joueurs au monde depuis deux ans, a dit Marx, alors que l’Omnium Banque Nationale est présenté sur 12 jours, plutôt que sept, depuis 2025. Nous devons trouver des solutions.
« Je ne crois pas que les joueurs sont contents de sauter ce tournoi, a-t-il poursuivi. Ils ont leurs raisons, et nous comprenons que le calendrier est exigeant. Mais nous devons défendre les intérêts des tournois de Montréal et Toronto et nous assurer que les meilleurs joueurs au monde y participent. »

