La quatrième aura été la bonne: au bout du suspense, le no 3 mondial Alexander Zverev a fini par décrocher dimanche à Roland-Garros son premier titre en Grand Chelem, après trois échecs en finale de tournois majeurs.
Né un an après la dernière victoire d’un joueur allemand en Grand Chelem (Boris Becker en Australie en 1996), le no 3 mondial s’est imposé en cinq manches de 6-1, 4-6, 6-4, 6-7 et 6-1 contre l’Italien Flavio Cobolli (14e raquette mondiale) pour clôturer une édition qui aura déjoué tous les pronostics.
Plus résistant à la chaleur que le no 1 mondial Jannik Sinner, victime d’une défaillance majuscule au deuxième tour, plus autoritaire contre les jeunes loups du circuit que Novak Djokovic (quatrième au monde), sorti au troisième tour par Joao Fonseca (29e), Zverev a été le seul prétendant à tenir son rang jusqu’au bout à Paris.
Mais que ce fut dur dimanche !
Mieux entré dans le match qu’un Cobolli sans doute tendu pour sa première finale en Grand Chelem à 24 ans, le Hambourgeois a offert le bris à son adversaire à 3-3 dans la deuxième manche, enchaînant une double faute et une faute grossière en coup droit.
Quelques jeux plus tard, Cobolli ne se faisait pas prier pour égaliser à une manche partout. Les fantômes des deux premières finales de Zverev en Grand Chelem, perdues après avoir mené d’une ou deux manches, ressurgissaient soudain sur le Central parisien baigné de soleil.
Nervosité
À nouveau impérial au service, l’Allemand a cependant repris le contrôle du match dans la troisième manche.
Menaçant sur quasiment tous les jeux de service de Cobolli, l’Allemand a fini par trouver l’ouverture à 5-4 en sa faveur, sur un coup droit dans le couloir de l’Italien.
Un an et demi après sa dernière finale majeure, perdue en trois manches contre Jannik Sinner en Australie, le bras de Zverev a une nouvelle fois tremblé dans le quatrième acte.
Brisé deux fois, il a réussi à recoller à chaque fois, avant de craquer au bris d’égalité, un exercice dans lequel il excelle pourtant à Roland-Garros (26 jeux décisifs gagnés à Paris pour deux perdus avant la finale).
Sur un fil depuis le milieu de la quatrième manche, Cobolli a brutalement cédé dans la manche décisive, où il a rapidement été mené 4-0.
Au bout de 4h16, le colosse allemand a enfin conclu, tombant aussitôt à la renverse sur l’ocre parisien où il s’était arraché plusieurs tendons de la cheville droite en 2022 contre Rafael Nadal.
Premier vainqueur allemand à Paris depuis Henner Henkel en 1937, Zverev rejoint dans les livres d’histoire l’Américain Andre Agassi, le Croate Goran Ivanisevic et son tombeur autrichien des Internationaux des États-Unis 2020 Dominic Thiem, qui avaient comme lui perdu trois finales de Grand Chelem avant de gagner leur premier tournoi majeur.
Et même si la finale de dimanche s’est surtout caractérisée par des pics de nervosité, un an après les sommets de tennis offerts à Paris par Alcaraz et Sinner, Zverev n’en a probablement cure: au seuil de la trentaine, l’Allemand a enfin intégré le cercle des vainqueurs de Grand Chelem.






