Boxe

Domination totale vers le titre pour Osleys Iglesias

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Il y avait à peine une minute et demie d’écoulée au combat que déjà, le ton avait été donné. Après un uppercut de la main droite particulièrement vif et précis lancé par Osleys Iglesias, toute la portion entourant l’œil gauche du pauvre Pavel Silyagin s’est doucement affaissée.

Plutôt volontaire, le boxeur russe s’est ensuite immédiatement montré hésitant, comme s’il savait que son sort était déjà décidé. Le supplice a finalement duré huit rounds avant que son coin ne jette judicieusement l’éponge, confirmant ainsi la victoire du prodige d’Eye of the Tiger, jeudi soir, en finale d’un événement présenté au Cabaret du Casino de Montréal.

Un triomphe qui permet à l’athlète allemand d’origine cubaine de devenir champion des poids super-moyens de l’IBF et vraisemblablement amorcer ce qui pourrait s’annoncer comme l’un des règnes le plus passionnant de la boxe professionnelle à l’heure actuelle.

Disputant un sixième duel sous les couleurs d’Eye of the Tiger, Iglesias (15-0, 14 K.-O.) a encore une fois montré une maîtrise technique rarement vue dans l’histoire de ce sport ici. Se protégeant continuellement avec son épaule droite, il a profité de toutes les ouvertures offertes par Silyagin (16-1-1) en lançant sa main arrière qui semblait spécialement lourde.

Ne possédant pas la force de frappe nécessaire pour répliquer et ainsi se faire respecter, le septième aspirant au titre de l’IBF n’a été que le triste spectateur passif d’un combattant qui était en mission. Après tout, il avait promis à sa mère en quittant Cuba à la fin de la dernière décennie qu’il allait devenir, un jour, champion du monde chez les professionnels.

« Je suis super content, parce que j’ai travaillé fort », a mentionné Iglesias à sa sortie du ring. C’est la première étape de ce que j’ai toujours voulu. Je veux devenir champion incontesté. »

« C’était une prestation incroyable. [Osleys] a démontré qu’il sait boxer, que ce n’est pas juste de la puissance, a ajouté le promoteur Camille Estephan. Il a complètement dominé Silyagin. Il a été courageux, étant donné que son œil était magané dès le début du combat.

« J’étais heureux que le combat soit arrêté. Je ne voulais pas revivre ce que nous avions vécu avec l’adversaire de Mehmet Ünal [dans un choc tenu au Casino en février dernier]. »

Silyagin a en effet encaissé, sans broncher, sa part de coups pendant tout l’affrontement, mais a paru ébranlé par une gauche qui l’a instantanément fait saigner du nez au huitième. À son retour dans le coin, son équipe n’a pas hésité à par la suite exiger la fin des hostilités.

« Ça m’a vraiment étonné qu’il puisse encaisser autant de coups ce soir, mais je sentais que ça s’en venait, a expliqué Iglesias. C’est l’accumulation de coups qui l’a fait abandonner. »

Iglesias et Estephan semblent convaincus que le nouveau champion est prêt à relever un important défi à sa prochaine sortie, plutôt que de lui offrir une défense optionnelle. Ils suivront avec attention le choc pour le titre vacant de la WBA entre Jaime Munguia et José Armando Reséndiz prévu le 2 mai prochain à Las Vegas ainsi que celui pour la ceinture vacante de la WBO opposant Hamzah Sheeraz à Alem Begic prévu le 23 mai en Égypte.

Dans le « pire » des scénarios, Iglesias se battra en sous-carte d’un duel entre Christian Mbilli et Saúl « Canelo » Álvarez qu’Eye of the Tiger désire fortement organiser cet automne. Peu importe l’identité de son prochain adversaire, le Cubain s’est déjà qualifié comme « le monstre » de la catégorie, des propos qu’Estephan, le promoteur de Mbilli, n’a pas réfutés.

Des retours gagnants pour Beaudoin et Gaumont

Disputant un premier combat depuis sa défaite contre la championne unifiée des super-plumes Alycia Baumgardner en décembre dernier à Miami, Leïla Beaudoin (14-2) a renoué avec la victoire en battant Victoria Noelia Bustos (26-10-1) par décision unanime (100-90, 100-90 et 100-90) au terme d’un choc de dix rounds dont le rythme a été souvent décousu.

Cela dit, la super-plume originaire de Témiscouata-sur-le-Lac a dominé l’ex-championne des légères et des super-légères en exerçant une pression constante sur son adversaire argentine, qui s’est même permis de projeter Beaudoin sur le canevas à un certain moment.

La Québécoise sera de retour en championnat du monde dès sa prochaine sortie, prévue le 11 juin au Théâtre Capitole de la Vieille Capitale. Le nom de son adversaire sera annoncé en conférence de presse mercredi, mais il est déjà acquis qu’un titre de la WBA sera à l’enjeu.

Tout comme Beaudoin, Alexandre Gaumont (14-1) livrait un premier combat depuis son revers crève-cœur subi face à Ramadan Hiseni en décembre dernier à Gatineau, et même s’il l’a emporté par décision unanime (97-92, 96-93 et 95-94), l’athlète de Buckingham s’est offert une méchante frousse en visitant le plancher au cours du dixième et dernier assaut.

Possédant une force de frappe non négligeable, son adversaire Luka Lozo (16-5) l’a d’abord sérieusement ennuyé au neuvième round avant de l’obliger à poser un genou au sol avec plus d’une minute à faire au dixième, alors que Gaumont était empêtré dans le coin bleu. Ce dernier est cependant parvenu à se relever et à résister à une ultime attaque du Croate.

En lever de rideau, Erik Israyelyan (5-0, 3 K.-O.) est demeuré invaincu, après que le Chilien Franco Filgueira (5-2) eut abandonné après le 4e round. Le super-plume montréalais d’origine arménienne a dominé tous les échanges et ébranlé à plusieurs reprises Filgueira.

Finalement, le combat prévu entre Stéphane Fondjo et Marcos Vazquez a été annulé après que la tomodensitométrie du cerveau du Mexicain eut présenté des irrégularités, a annoncé le pugiliste québécois d’origine camerounaise sur sa page Instagram en début d’après-midi.