MONTRÉAL — À la boxe, on est toujours aussi bon que sa dernière sortie. C’est cette dernière sortie, une victoire par décision unanime contre le Britannique David Allen chez lui, à Sheffield, qui permettra à Arslanbek Makhmudov de se frotter à Tyson Fury le 11 avril prochain.
« C’était essentiel. Non seulement la victoire, mais de l’avoir fait en Angleterre, je pense que ça a créé un petit buzz là-bas », a confirmé son entraîneur, Marc Ramsay, à La Presse Canadienne.
« La première option, c’était d’affronter Anthony Joshua, c’était sur la table. Malheureusement, avec l’accident tragique dont ont été victimes Joshua et ses amis, le clan Fury a voulu récupérer la situation », a poursuivi Ramsay au sujet de l’accident de voiture qui a coûté la vie à deux proches de Joshua, au Nigéria.
Makhmudov (21-2, 19 K.-O.) se présentera à titre de négligé face à l’ex-champion du monde Fury (34-2-1, 24 K.-O.), qui met fin une nouvelle fois à sa retraite pour livrer le combat. Il faut dire que la plateforme de visionnement en continu Netflix est derrière le projet, qui saura sûrement alimenter la série « At Home with the Furys », présentée par le géant du « streaming ».
Mais il s’agit possiblement du combat de la dernière chance pour les deux hommes. Fury a subi la défaite à ses deux dernières sorties, contre le très solide Oleksandr Usyk, tandis que Makhmudov a livré des performances en dents de scie au cours des deux dernières années.
« Je ne peux pas parler pour le clan Fury, mais c’est certain qu’avec les années qui avancent (Fury a 37 ans; Makhmudov, 36), il faut performer et (que ta carrière) progresse, sinon ça n’en vaut pas la peine. »
« De notre côté, on travaille depuis des années pour arriver à un combat lucratif comme ça, mais aussi significatif sur la scène mondiale. Sans être un combat de championnat du monde, c’est un combat que si on réussit à l’emporter, va vraiment bien nous positionner. »
La victoire face à Allen a permis à Makhmudov de mettre la main sur la ceinture intercontinentale de la World Boxing Association détenue par l’Anglais et de retourner dans les tops-10 mondiaux, lui qui pointe maintenant au sixième échelon de la WBA. Mais ses défaites sans équivoque face à Agit Kabayel et Guido Vianello ont terni son étoile.
« Quand tu échappes trop de combats comme ceux-là, ton pourcentage de te faire rappeler est très minime, a admis Ramsay. On a un peu ressuscité avec la dernière performance en Angleterre. Je ne sais pas si on peut faire comme au baseball et parler de trois prises, mais on ne peut pas avoir beaucoup de prises consécutives, ça c’est clair. »
En Fury, Makhmudov affrontera le boxeur le plus expérimenté et au c.v. le mieux garni qu’il aura affronté.
En novembre 2015, le Britannique avait surpris Wladimir Klitschko, en Allemagne, pour devenir champion unifié des poids lourds. Près de cinq ans plus tard, en février 2020, le ‘Gypsy King’ était redevenu champion du monde en arrêtant l’Américain Deontay Wilder. Il a conservé sa couronne jusqu’en mai 2024, moment où il s’est incliné par décision partagée face à l’Ukrainien Usyk. Il a aussi perdu le combat revanche, en décembre 2024, en baissant cette fois pavillon par décision unanime.
« C’est complexe. On a un gars qui sait boxer, et qui a une très bonne intelligence du ring, a souligné Ramsay. Il a une très longue portée — c’est rare qu’Arslanbek affronte des gars plus grands que lui — et il a déjà boxé dans un environnement hostile comme nous vivrons en Angleterre. »
« Il a beaucoup de choses de son côté, mais de notre côté, on n’a rien à perdre et on va tout essayer. »
Le site de l’affrontement sera dévoilé plus tard, mais Fury n’a pas l’habitude de se battre dans des petites salles.





