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Madrid redécouvre la F1, 45 ans après

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« C’est vraiment génial d’avoir une course à la maison » : 45 ans plus tard, Madrid célèbre cette fin de semaine le retour des vrombissements de la Formule 1 sur un circuit flambant neuf et accessible depuis le centre-ville en un trajet de métro.

À Valdebebas, au nord de la capitale espagnole, c’est une gigantesque fourmilière qui s’est installée à quelques pas du centre d’entraînement du Real Madrid, témoin privilégié de la création - de A à Z - d’un circuit semi-urbain entre l’aéroport de Barajas, l’autoroute M11 et le parc des expositions IFEMA.

Là, entre les bâtiments gris dédiés d’ordinaire à l’organisation de la Foire de Madrid, ou autres forums internationaux, le bourdonnement incessant des engins de chantier a laissé place, depuis quelques heures seulement, à un ballet ininterrompu de fourgonnettes en tout genre et de voiturettes de golf, pour rejoindre le paddock.

La promesse? Un tracé exigeant de 5,4 kilomètres et 22 virages, avec comme principale attraction un virage incliné à 24 %, surnommé « La Monumental », bien plus moderne et accessible que l’ancien circuit du Jarama, à 30 kilomètres au nord de la ville, utilisé entre 1968 et 1981.

« Pour nous, fans de Formule 1, c’est vraiment génial d’avoir une course à la maison! », résume Rodrigo Gil, ingénieur madrilène de 30 ans, installé dans l’une des tribunes du virage 8 pour assister aux essais.

« Plus facile d’accès »

« Pour les Madrilènes, et même les Espagnols, je pense que c’est une course plus facile d’accès. Il y a toutes les routes et les transports en commun à proximité, donc c’est plus facile de venir qu’à Barcelone, en Andalousie ou en Galice par exemple. Ici il y a les trains, les avions, tout », explique-t-il.

Son ami Javier, doctorant en ingénierie ne quitte pas la piste du regard. « D’habitude, je regarde les courses à la télé! Et d’ailleurs, je crois qu’on voit bien mieux à la télé qu’ici. C’est différent parce que tu vois les pilotes en vrai, mais ils passent tellement vite, et on ne voit qu’une petite fraction de la course », détaille-t-il.

« En fait, on vient plus pour “l’expérience”, que voir la course en elle-même », avoue le jeune homme en montrant son badge « hospitality », qui lui offre, en plus des places assises en tribunes, un accès à des loges avec nourriture et boissons à volonté, et à des simulateurs de F1 dernier cri.

« Je pense que c’est la raison principale de l’emplacement du circuit : pouvoir offrir un peu plus de prestations, parce qu’au Jarama il n’y a pas autant d’infrastructures, il aurait fallu les construire, et à Barcelone il y a moins de zones comme celles-ci », reprend Rodrigo.

« Une fois dans notre vie »

Ceux qui n’ont pas reçu d’invitations de partenaires ont dû débourser plusieurs centaines voire plusieurs milliers d’euros pour suivre les trois jours de course (essais, qualifications, Grand Prix).

« Je ne me considère pas comme une fan, je ne pensais pas aller voir une course un jour, mais nous nous sommes dit que c’est peut-être quelque chose à faire une fois dans notre vie, donc nous avons acheté des billets au dernier moment », raconte Teresa Herrero, 34 ans, venue avec son mari.

Quelques sièges plus bas, Julia Garcia, 30 ans, responsable en ressources humaines, a fait de même. « Franchement, c’est incroyable de voir de la F1 en vrai. C’est la première fois pour moi, et rien que les essais libres, c’est vraiment spectaculaire. »

Son mari, Guzman Lopez, 29 ans, spécialisé dans l’informatique, assure lui suivre « pratiquement toutes les courses, chaque fin de semaine ». « C’est un rêve de pouvoir assister à une course en vrai, je n’aurais jamais pensé le faire ici, à Madrid. »

En 2028 et 2030 au moins, Madrid cohabitera avec Barcelone et son GP de Catalogne dans le calendrier. Avec l’objectif, à terme, de devenir l’unique destination en Espagne pour les fans de F1, et de s’affirmer, comme le souhaite la municipalité, en tant que « capitale mondiale du sport ».