Sans des problèmes de santé qui ont plombé son printemps, le cycliste Pier-André Côté aurait probablement remplacé son coéquipier Guillaume Boivin pour participer à son premier Tour de France au début juillet.
Dans sa forme actuelle, le Québécois est d’avis qu’il n’aurait pas eu de plaisir s’il avait été appelé en renfort à Boivin au Tour de France, lui qui est blessé à une épaule. Le membre de l’équipe NSN se prépare plutôt pour les Championnats canadiens qui se mettront en branle jeudi, en Beauce. Il est revenu au pays lundi au lendemain d’un abandon « réfléchi » lors de la cinquième et dernière étape du Tour de Suisse.
« Ce n’était pas une course pour moi, mais pour les purs grimpeurs. Le plan n’était pas que je finisse vu les circonstances et je voulais économiser mon énergie pour les nationaux. Dès les premiers coups de pédale, j’ai vu que ce serait difficile et que je n’étais pas compétitif », a mentionné Côté à Sportcom, lui qui a posé pied après la première ascension du Col de la Croix.
Le Sprint de Copenhague, le 14 juin, avait marqué son retour dans un peloton du World Tour.
Un virus l’avait mis sur la touche pendant environ six semaines, puis un vilain rhume a suivi sa performance somme toute encourageante aux Boucles de la Mayenne, une course de quatre jours en mai. Cette deuxième pause forcée, longue de deux semaines, a été plus dure sur le moral, comme l’a indiqué l’athlète. Elle est survenue au moment où il espérait rattraper le temps perdu et reprendre du galon en prévision du Tour de Suisse et des Championnats canadiens.
« En ayant seulement trois semaines d’entraînement, j’étais content de ma performance aux Boucles de la Mayenne. En peu de temps, j’ai été capable de pousser, même si la forme manquait », a souligné celui qui a fini 19e au classement général de cette course.
«La trajectoire (de ma forme) était bonne, mais il n’y a rien que tu peux faire si tu es malade. Il faut juste être patient. J’ai hâte d’avoir une certaine constance à l’entraînement», a-t-il poursuivi, précisant au passage que plusieurs cyclistes ont, eux aussi, eu des problèmes de santé similaires aux siens dernièrement.
L’expérience se fait sentir
Le Québécois s’est dit fier du travail effectué au Tour de Suisse. En plus de sa 22e place au contre-la-montre de samedi, le cycliste de 29 ans a aidé au positionnement de son coéquipier sprinteur Corbin Strong à deux occasions. Il l’a accompagné jusqu’au pied de la dernière montée lors de la deuxième étape, puis l’a guidé dans les derniers kilomètres le lendemain.
Rapidement, il a constaté toute sa progression comme stratège, tant pour lire le déroulement de la course, que pour bien se positionner dans le peloton.
« Quand tu as des jambes pour payer la facture des petites erreurs commises à gauche et à droite, tu ne t’en rends pas compte. J’ai vu que j’étais au bon endroit au bon moment, j’avais confiance en moi et j’ai été capable de faire des trucs que je n’aurais pas faits il y a quelques années, même avec de meilleures jambes. J’ai dû souffrir plus pour être capable d’aller faire mon travail en fin d’étape, mais j’étais là. Il reste juste à travailler sur le moteur. La forme est éphémère, mais les connaissances et la façon de courir, ça reste. »
Quant au contre-la-montre remporté de justesse par l’éventuel vainqueur au classement général, le Slovène Tadej Pogacar, Côté estime l’avoir exécuté « à la perfection ».
« La seule chose que j’aurais pu faire de plus, c’est pousser plus fort sur les pédales avec une meilleure forme. C’est encourageant de finir tout juste à la porte du top-20 en World Tour malgré un entraînement limité. »
Cette étape a aussi servi de préparation pour les Championnats canadiens, dont le contre-la-montre élite est prévu jeudi sur un parcours de 34 kilomètres. Vainqueur en 2024, il est monté sur la troisième marche du podium l’an dernier derrière Michael Leonard et Derek Gee-West. Il avait ensuite terminé quatrième de la course sur route.
« Je n’ai pas énormément d’attentes, je vais faire ce que je peux avec ce que j’ai. Ce n’est pas que je n’ai pas fait mes devoirs, ce n’était juste pas possible avec ma santé qui a été ordinaire. Les Championnats canadiens, ça prend de bonnes jambes, mais il faut aussi que tu saches courir. Tu n’as pas nécessairement besoin d’être le plus fort si tu joues bien tes cartes. Au chrono, il y a moyen de bien faire. »
À défaut de participer aux 21 étapes du Tour de France, il espère simplement connaître un bon bloc d’entraînement, sans embûche, afin de retrouver de bonnes sensations en deuxième moitié de saison.






