Alouettes

Éviter l’erreur de Sénécal, saisir l’aide d’Alexander

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LÉVIS – Pepe Gonzalez ne doit pas reproduire l’erreur commise par Jonathan Sénécal s’il veut s’établir comme quart-arrière dans la Ligue canadienne de football.

Le constat est un peu dur, certes, mais le défi de convaincre une équipe de la LCF de retenir un quart-arrière canadien l’est davantage.

Quelle a été l’erreur coûteuse de Sénécal? Celle de ne pas avoir investi suffisamment d’efforts au camp d’entraînement des Alouettes de Montréal.

Personne ne dit que Sénécal n’a pas travaillé fort. Cependant, d’après les informations recueillies, Sénécal a raté l’occasion de maximiser cette impression auprès de l’organisation.

Dans un monde aussi compétitif que le football professionnel, il faut multiplier les heures supplémentaires sur le terrain, après les entraînements ainsi que dans les séances vidéo. C’est d’autant plus vrai lorsqu’on part avec deux prises en tant que quart-arrière canadien, une rareté dans ce milieu.

On a abordé cette question délicate, de manière respectueuse, avec Gonzalez qui a brillé comme recrue avec les Carabins de l’Université de Montréal.

« Tu ne sais pas quand ce sera ton dernier lancer, ta dernière chance de te faire valoir, ta dernière partie universitaire pour que les entraîneurs de la LCF te voient. Chaque fois que tu as une chance, tu dois saisir ton occasion. Même si tu n’obtiens que deux lancers dans un camp d’entraînement, il faut que ce soit les deux meilleures passes de ta vie. Si j’obtiens cette chance, je vais les faire à 100% de mes habiletés », a répondu Gonzalez.

Dans ce sens, c’était pertinent de découvrir que, parmi une longue liste de joueurs de la LCF, Gonzalez était l’un des « entraîneurs » à l’Académie Geoffrey Cantin-Arku, au début mars, à Lévis.

C’est devenu encore plus intéressant que Gonzalez avait été invité par nul autre que Davis Alexander, le quart-arrière partant des Alouettes.

« Quelques personnes savent que j’aime me tenir au courant de ce qui se passe dans le paysage sportif montréalais, a entamé Alexander qui suit notamment les activités du Canadien de Montréal.

« Je me souvenais de son très bon match contre l’Université Laval. Chez les Alouettes, on a beaucoup de connexions avec les Carabins alors je suis allé voir certains de ses matchs. C’est un très bon jeune, il bûche fort et il travaille dans un restaurant comme je le faisais, ça me rappelle moi-même. On a établi une connexion depuis quelques mois. Il est champion national (de la coupe Vanier), c’est merveilleux », a poursuivi le quart des Alouettes.

Pour Gonzalez, qui n’a que 21 ans, c’est précieux qu’Alexander le prenne sous son aile de cette manière.

« Ça m’a vraiment touché, wow », a réagi Gonzalez quand on lui a parlé de ce geste d’Alexander.

« Davis a adopté Montréal. On s’est entraînés une première fois ensemble et, à partir de là, on a bâti un lien. Chaque fois qu’il est à Montréal, il m’invite. Je suis vraiment reconnaissant, on a une très bonne relation », a-t-il poursuivi.

Le respect s’est rapidement établi entre les deux droitiers au bras canon. Cela dit, Gonzalez aurait pu être intimidé de diriger des jeunes auprès d’Alexander. Mais il a vite constaté qu’Alexander remarquait les mêmes détails à corriger auprès des joueurs.

Donc oui, Gonzalez s’est amusé dans ce rôle d’entraîneur, mais il demeurait un élève.

« Oui, 100%. Il y avait des séances vidéo pour les jeunes, mais je pense que j’écoutais encore plus qu’eux. Je voyais Davis qui parlait de ses lectures sur le terrain et comment il décortiquait une défense. C’est sûr que j’amène ça dans mon bagage et je vais travailler là-dessus », a noté le pivot des Bleus.

En pouvant épier Alexander de façon privilégiée, Gonzalez a retenu des leçons qui l’aideront à devenir plus menaçant en mouvement.

Ému de voir les vétérans célébrer

À sa toute première saison aux commandes de l’attaque des Carabins, Gonzalez a aidé sa troupe à savourer le championnat canadien.

Le résultat a été savoureux pour le jeune homme qui a débuté son parcours au football, au Mexique, à l’âge de trois ans avant d’arriver au Québec à six ans.

Cela dit, son bilan annuel aurait pu être étourdissant.

« J’avoue que beaucoup de choses sont arrivées. D’abord, j’arrivais dans une nouvelle équipe et je voulais me prouver à mes entraîneurs et mes coéquipiers. Quand j’ai eu le poste de partant, je voulais me prouver aux autres équipes. Je devais adapter mon jeu pour chaque match et devenir plus mature dans le football canadien. Au début, ce n’était pas facile, je prenais des décisions qu’un quart-arrière mature n’aurait pas choisies, mais j’ai appris de ça », a-t-il reconnu.

Seulement trois mois après son premier départ, Gonzalez a soulevé la coupe Vanier après une prestation de trois passes de touché (27 en 33 pour 344 verges) lui valant le titre de joueur par excellence.

Durant le vol de retour vers Montréal, il a réalisé ce qui venait de se produire.

« En revenant de Saskatchewan, avec plein de bobos de toute la saison, je voyais mes coéquipiers qui célébraient dont les vétérans qui venaient de jouer pour une dernière fois et ils ont pu obtenir cette coupe. Ça m’a rendu émotif. Ils nous ont transmis tellement de choses durant la saison », a confié Gonzalez qui sera admissible au repêchage de la LCF dans trois ans.

Ce n’est pas un titre de champion universitaire qui satisfera son appétit surtout après s’être entraîné avec des athlètes professionnels. En attendant la prochaine saison, à l’automne, Gonzalez a abordé le camp de Cantin-Arku avec conviction.

« Je me suis fait diriger par des professionnels quand j’étais jeune dans des camps similaires. Ça paraissait qu’ils aimaient nous aider et nous transmettre leurs connaissances donc j’essaie de donner mon 100% à mon tour. C’est cool de voir que chaque jeune a son histoire et que tu peux les aider dans leur mécanique respective », a conclu celui qui ne fait qu’effleurer la montagne de son potentiel.