MONTRÉAL – Avec humilité, Geoffrey Cantin-Arku a raconté ses échecs et ses épreuves aux 120 participants de la deuxième édition de son Académie. La confiance acquise, en les surmontant, lui permettra d’aborder un immense défi en 2026.
Ce défi, ce sera celui d’assumer la position névralgique, en défense, de secondeur intérieur.
Mais pour que les Alouettes de Montréal aient décidé de miser sur lui, l’athlète de 27 ans aura eu à surmonter bien des obstacles. D’un jeune turbulent à l’école, Cantin-Arku est devenu très respectueux envers les autres.
Quand l’Université Syracuse a choisi de lui retirer son poste de partant, il a eu l’audace de changer d’institution, malgré l’incertitude.
Lorsque son essai avec les Dolphins de Miami n’a pas été suffisant pour demeurer dans la NFL, il a tout investi pour devenir le meilleur dans la LCF avec les Alouettes de Montréal.
Cantin-Arku est arrivé à l’étape de récolter les fruits dans le cadre de sa troisième saison dans le nid en succédant à Darnell Sankey.
Le plus inspirant, c’est que Cantin-Arku ne craint pas d’affirmer publiquement qu’il désire être le meilleur à sa position. Ce n’est pas tous les jours que les athlètes professionnels osent dévoiler leurs grandes ambitions.
« Je ne change pas, j’ai un but dans la vie, c’est d’être le meilleur. Je n’ai pas pu le faire dans la NFL, mais je peux me démarquer ici. Je veux motiver les Canadiens, leur montrer qu’on peut, nous aussi, être les meilleurs au football. Ça vient avec beaucoup de responsabilités, mais ça me motive à travailler encore plus fort. Pourquoi je me cacherais ? Quand ça arrivera, on pourra dire que je l’avais dit », a mentionné Cantin-Arku sans aucune arrogance.
En étant Québécois, en campant une position cruciale et en aimant s’impliquer dans la communauté, Cantin-Arku sera parmi les joueurs qui pourront assumer la relève de Marc-Antoine Dequoy.
« J’ai beaucoup appris de Marc-Antoine, surtout de sa façon de se comporter dans le vestiaire. C’est un leader incroyable, il nous rend fiers d’être Québécois. C’est un peu l’image que je veux projeter avec les Alouettes. Il faut prendre le temps comme Marc-Antoine faisait, aller les rencontrer, m’impliquer et demeurer moi-même. Les gens s’attachent à ceux qui sont humbles et authentiques. Je ne vais pas changer pour plaire. Les gens vont apprécier d’avoir un secondeur intérieur québécois », a exposé Cantin-Arku.
Alexander a averti Cantin-Arku
Nul doute, ce rôle plus important sera accompagné de responsabilités accrues.
Ce fut particulièrement amusant d’entendre le quart Davis Alexander avertir Cantin-Arku.
« Geoff a une occasion incroyable et il le sait. Il adore le football, c’est sa vie, ça me ressemble. Mais il sait aussi qu’il aura des choses à apprendre », a entamé Alexander.
« Et ses histoires de punition, ça doit cesser. Il le sait, il est désormais le meneur de la défense. Geoffrey me disait ‘Je me sens si mal quand j’écope d’une punition parce que je ne fais que penser à ta maudite face’ car je le taquine. Mais c’est ainsi dans notre équipe, on est imputables, ce sont les mêmes standards pour tout le monde. Je suis très excité de le voir briller dans ce rôle », a poursuivi Alexander.
Les coéquipiers de Cantin-Arku ont accueilli, très positivement, son ambition.
« Parfois, on essaie d’être modeste et de cacher nos buts. Mais de plus en plus, on apprend qu’il faut dévoiler nos objectifs à ceux qui nous entourent. Tu deviens imputable. C’est bon pour lui et pour les jeunes autour. Ça démontre son caractère et son leadership », a confié le vétéran Alexandre Gagné.
Pour atteindre de hauts sommets, il faut accepter de se sortir de sa zone de confort. Cantin-Arku l’a fait récemment en se soumettant à un entraînement d’arts martiaux mixtes qui a amélioré ses atouts athlétiques.
Le but de Cantin-Arku sera de moderniser cette position de secondeur intérieur. Sankey avait un style plus classique à la « Ray Lewis ». Le Québécois s’inspire davantage des modèles actuels comme Fred Warner et Zack Baun.
Un succès dans le plaisir
Avec le sérieux que Cantin-Arku organise son Académie, on déduit aisément qu’il investira tout le nécessaire pour accomplir sa mission. Pour cette deuxième édition de son Académie, il a décidé de limiter les inscriptions à 120 participants pour maximiser leur temps avec la douzaine de joueurs des Alouettes venus les encadrer.
« Les jeunes peuvent plus apprendre. C’est pour ça que je le fais, pour qu’ils apprennent des meilleurs. Tous les joueurs se donnent à fond pour que mon événement soit un succès. Je crois que ça va faire une différence dans la qualité de nos athlètes et leur apprentissage. On voit les sourires sur les visages », a conclu Cantin-Arku avec bonheur.





