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« Isaac est l’Alouette parfait »

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Isaac Adeyemi-Berglund (PC)

WINNIPEG – « Isaac, il est l’Alouette parfait. » De la manière dont Isaac Adeyemi-Berglund a déployé ses ailes à Montréal, on se doutait qu’il s’attirerait des éloges cette semaine, mais ça se disputait presque pour l’encenser.

Adeyemi-Berglund – qui se débrouille très bien en français – commence à obtenir la reconnaissance qu’il mérite et il détient tous les atouts pour devenir l’une des grandes vedettes des Alouettes.

En fait, depuis son arrivée à Montréal, en 2024, on se demande comment les Stampeders de Calgary ont pu le laisser partir après ses trois premières saisons dans la LCF.

Quand on a posé la question au directeur général Danny Maciocia, il nous a fait rire avec sa réponse.

« Je me demande si tu étais dans ma voiture parce que j’ai conduit avec Jason (Maas, l’entraîneur-chef) et on parlait justement d’Isaac », a réagi Maciocia qui est, lui aussi, fasciné par sa contribution comme ailier défensif canadien.

La vérité, c’est que Maciocia avait Adeyemi-Berglund dans sa mire depuis longtemps. Il avait d’abord tenté de le recruter avec les Carabins de l’Université de Montréal quand il évoluait au niveau collégial avec les Cougars de Lennoxville.

Le mandat était difficile, car Adeyemi-Berglund tenait, à tout prix, à évoluer dans la NCAA. Pour participer à des camps de recrutement, il a même vendu sa petite auto et sa précieuse collections de souliers Jordan. L’Université Southeastern Louisiana a fini par lui ouvrir ses portes.

Quelques années plus tard, Maciocia n’a pas ménagé les efforts pour essayer de le repêcher en 2020.

« J’ai tout fait pour aller chercher un choix de première ronde assez élevé, je le voulais vraiment comme joueur », a confié Maciocia alors qu’Adeyemi-Berglund a été sélectionné au troisième rang par les Stampeders.

Maciocia s’était promis de se reprendre s’il devenait joueur autonome. Étonnamment, ce scénario s’est produit alors que les Stamps n’ont pas su exploiter tout son potentiel.

« Je voulais tout faire pour l’amener à Montréal, je voyais son potentiel. Il pouvait changer le ratio [en tant que partant canadien] et son moteur ne s’éteint jamais. Il était probablement mon premier appel quand le marché s’est ouvert. »

—  Danny Maciocia

Si le patron football l’aimait, ses nouveaux coéquipiers sont tombés sous le charme. D’autant plus qu’il n’a pas tenté de brusquer les choses en arrivant en 2024 avec les champions en titre.

« Il a vraiment allié l’identité de notre équipe à la sienne et il a procuré quelque chose de nouveau au groupe. Isaac est un joueur passionné et il est l’Alouette parfait. Il a adopté la culture de Jason Maas et celle du Québec. D’avoir un tel joueur, c’est vraiment un bijou. Il est un joueur canadien et il est dominant. Vous le voyez, il fait les discours avant les parties, il en a fait beaucoup pour cette équipe », a vanté Marc-Antoine Dequoy avec éloquence.

Après ce témoignage de Dequoy, il fallait lui en glisser un mot.

« C’est toujours flatteur à entendre d’un coéquipier, mais Marc-Antoine a été très bon pour moi à l’extérieur du vestiaire. Il a conquis le cœur de tous les amateurs de football du Québec pour les bonnes raisons. Il m’a lancé ce compliment mais je vais lui retourner, il l’est aussi », a réagi Adeyemi-Berglund qui a été élu, pour une deuxième saison consécutive, finaliste au titre de joueur canadien par excellence.

Pour exposer les valeurs cruciales des Alouettes, Maas utilise les mots : habiletés, robustesse et effort. Voilà l’ADN d’Adeyemi-Berglund qui est originaire de la Nouvelle-Écosse.

« Il n’abandonne jamais et ce, dans aucune bataille. C’est merveilleux ce qu’il nous procure. Tu peux apprendre en le regardant, mais aussi en l’écoutant. Tout ce qu’il dit, ce n’est jamais égoïste, c’est en pensant à l’équipe en premier. »

—  Jason Maas

Cette saison, en 18 matchs de la saison régulière, il a amassé 29 plaqués et 11 sacs du quart même si ses adversaires le surveillaient plus que jamais. Sans démontrer d’arrogance, Adeyemi-Berglund était persuadé d’atteindre l’élite de la LCF.

« J’ai toujours su que j’avais ce niveau en moi. J’ai toujours progressé dans la vie en travaillant très fort. Je ne veux pas manquer de respect aux Stampeders, ils m’ont repêché et ils ont cru en moi. Ils ont décidé d’aller dans une autre direction et c’est correct », a relativisé le numéro 91 des Alouettes.

Adeyemi-Berglund : le parfait Alouette Montage de quelques jeux d'Isaac Adeyemi-Berglund avec les Alouettes en 2025.

Avec la détermination qui coule dans ses veines, c’était écrit dans le ciel qu’il leur ferait regretter leur décision.

« Je suis tellement reconnaissant envers Danny et les Alouettes. On a cette connexion depuis plusieurs années, j’adore Montréal et la province de Québec. C’était si facile de s’y établir. Quand je joue au Québec, je ressens vraiment l’amour du football. Il a cru que je pourrais contribuer à cette communauté », a exprimé le sympathique colosse.

Le succès des Alouettes provient de l’adhérence de plusieurs joueurs à la philosophie du club.

« On est attachés à cette province et sa culture. J’aime l’idée que ce soit Montréal contre le monde », a conclu Adeyemi-Berglund avec une motivation qui s’exprimera à la coupe Grey.