Le président et directeur des opérations du circuit de la PGA, Brian Rolapp, a déclaré mardi que son circuit n’envisageait pas de proposer aux joueurs du circuit LIV un retour similaire à celui offert à Brooks Koepka et à trois autres joueurs de haut niveau en début d’année.
L’avenir du circuit rival n’a jamais été aussi incertain depuis que le LIV s’est placé sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites la semaine dernière, alors qu’il élabore un nouveau modèle d’affaires qui ne sera plus financé par le fonds souverain saoudien (PIF). Reste à savoir combien de joueurs resteront pour le « LIV 2.0 », bien moins lucratif.
L’autre aspect de la question est de savoir où ils pourraient aller.
Koepka s’est libéré de la dernière année de son contrat avec le LIV et a pu adhérer à un « programme de réintégration des membres » par la PGA. Rolapp a ensuite fait cette proposition à Jon Rahm, Bryson DeChambeau et Cameron Smith — tous champions de tournois majeurs depuis 2022, année du lancement de la LIV — et leur a donné un délai de trois semaines pour l’accepter, sans garantie que cette offre leur serait renouvelée.
« En ce qui concerne la situation actuelle, nous n’envisageons pas pour l’instant de programme de retour des membres comme celui que vous avez vu en janvier, a évoqué Rolapp lors d’une conférence téléphonique visant à discuter des critères d’admissibilité pour le nouveau modèle de compétition de la PGA qui commencera en 2028.
« Tout le monde au sein de la PGA, moi y compris, s’est concentré sur ce qui est le mieux pour l’organisation », a-t-il enchaîné.
Rolapp a mis l’accent sur la méritocratie dans ce nouveau modèle, obligeant les joueurs à mériter leur place. Koepka, tout comme les autres joueurs à qui un retour a été proposé, bénéficiait d’exemptions de cinq ans pour avoir remporté des tournois majeurs.
Koepka a dû verser 5 millions $US à des œuvres caritatives et n’aura pas accès aux primes financières liées à la participation des joueurs au nouveau modèle pendant cinq ans. Il n’était par ailleurs admissible à aucun des tournois signatures dotés de cagnottes de 20 millions $, à moins de s’y qualifier par ses propres performances. Koepka n’a réussi à se qualifier pour aucun de ces tournois et n’a pas accédé aux éliminatoires de la PGA.
Rahm est resté évasif quant à ses projets. Il lui reste un an à écouler à son contrat signé à l’aube de la saison 2024 du LIV, et la validité de ce contrat est maintenant remise en cause depuis que le circuit s’est placé sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites.
« Il y a un long processus juridique à suivre avant que les choses ne se mettent en place, a expliqué Rahm mardi lors du Championnat BMW, sur le circuit européen de la PGA. Je ne peux vraiment pas vous donner de réponse pour l’instant. […] Tant que la saison en cours ne sera pas terminée, je ne serai vraiment pas en mesure de vous répondre. »
Rolapp a toujours eu pour objectif de faire de la PGA la destination ultime du golf, et le système à deux niveaux, qui comprend une « Championship Series » avec des tableaux plus relevés et des cagnottes plus élevées, en fait l’endroit le plus attractif qui soit.
Des joueurs comme Rahm et DeChambeau sont deux des pièces maîtresses qui manquent si le golf veut se reconstruire après une période aussi tumultueuse, provoquée par le LIV. Rolapp doit également respecter ses joueurs, qui ont vu leurs pairs convoiter les richesses saoudiennes à l’origine de ces bouleversements.
Rolapp a déclaré en juin, lorsqu’il a dévoilé les grandes lignes du nouveau modèle: « Nous devons tenir compte de toute sanction disciplinaire encore en cours, ou des règles qui ont été enfreintes. Il y a des séquelles, et il faut en tenir compte. Ça ne veut pas dire que nous allons être punitifs, mais simplement que nous sommes une organisation associative régie par des règles ».
Au moins deux joueurs qui faisaient partie du LIV sont en mesure de revenir en décrochant l’une des 10 cartes de membre disponibles via le circuit européen: Patrick Reed, qui mène la « Race to Dubai », et Eugenio Chacarra, qui occupe la troisième place du classement. Tous deux ont quitté le LIV depuis plus d’un an; l’interdiction d’un an imposée par le circuit a donc expiré. L’Autrichien Bernd Wiesberger est également en voie d’obtenir sa carte.
La PGA n’a pas précisé combien de cartes elle proposerait au circuit européen à l’avenir. Les négociations se poursuivent concernant l’alliance qui fournissait ces cartes, ce qui pourrait ouvrir la voie à un retour pour des membres du circuit européen, tels que Rahm et Tyrrell Hatton.






