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Avant… de me dire adieux!

Publié le 

Quel bonheur pour les nostalgiques partisans des Nordiques de revoir l’uniforme des « Bleus » sur la patinoire des « Rouges »! Avouez que c’était beau! Que c’était même splendide!

Du moins, le temps de la période d’échauffement.

Car une fois le match commencé, les joueurs du Canadien, et ceux de l’Avalanche, n’ont pas vraiment fait de cadeau à ceux et celles qui espéraient voir les MacKinnon, Makar et Wedgewood, faire honneur aux Stastny, Goulet, Rochefort et Bouchard en leur offrant une victoire 30 ans après la dernière visite des Nordiques à Montréal.

Avant même la première minute de jeu écoulée, le Canadien était en avant 1-0. Brock Nelson a nivelé les chances, mais le Tricolore s’est ensuite assuré de prendre le contrôle du match comme il le faisait au cours des saisons difficiles des Bleus. Des saisons très difficiles qui ont mené à l’exil vers le Colorado où les Nordiques devenus Avalanche ont gagné trois coupes Stanley. Vers Denver où ils en soulèveront encore plusieurs. Peut-être même dès le printemps prochain.

Mais peu importe le score final, le simple fait de revoir les Nordiques croiser le Canadien, à Montréal, a permis de renouer avec des souvenirs heureux. C’était plaisant de voir des chandails des Nordiques faire contraste avec ceux du Tricolore dans les gradins du Centre Bell. C’était plus plaisant encore de voir les partisans en bleu et les partisans en rouge, sourires aux lèvres, profiter de la soirée sans s’invectiver. Quand la vague s’est mise à déferler autour de l’amphithéâtre alors que le Canadien venait de s’offrir une avance plus que confortable de 6-3, les partisans des Nordiques, beaux joueurs, ont surfé sans gêne et sans retenue sur la vague. Et pourquoi pas? C’était peut-être la dernière fois qu’ils avaient la chance de revivre un match Canadien-Nordiques.

D’ailleurs, afin de terminer cette soirée un brin historique et deux brins nostalgique sur une bonne note, le disc-jockey du Centre Bell a fait un beau clin d’œil aux Nordiques venus du Colorado et à leurs partisans venus des quatre coins de la province ou assis devant leur téléviseur. Avec 90 secondes à écouler au match que le Canadien s’apprêtait à gagner 7-3, la voix de l’inimitable Gilles Girard s’est mise à vibrer dans l’amphithéâtre pour lancer le grand succès des Classels : avant de me dire adieux, afin de souhaiter bon voyage aux visiteurs.

Car oui! C’est peut-être, c’était sans doute, un adieu et non un au revoir.

À moins que dans cinq ans, pour souligner le 35e anniversaire de son départ de Québec à titre de capitaine des Nordiques, Joe Sakic, à titre de président de l’Avalanche, décide d’inviter le Canadien, au Centre Vidéotron, dans le cadre d’un vrai match de saison régulière.

Ça ne coûte pas cher de rêver.

Dobes supplante Wedgewood

Plusieurs motifs expliquent la victoire sans appel du Canadien aux dépens de la meilleure équipe de la LNH.

Les partisans de l’Avalanche insisteront sur le fait que leurs favoris disputaient un deuxième match en deux soirs. Ils insisteront sur les blessures qui minent cette formation qui a encaissé, face au Canadien, une huitième défaite (4-6-1-1) à ses 12 derniers matchs.

Mais au-delà de toutes ces excuses, Jakub Dobes a simplement été, et de très loin, supérieur à son vis-à-vis Scott Wedgewood.

Le gardien de l’Avalanche a été déjoué dès le premier tir du Canadien. Un bon tir décoché par Noah Dobson jumelé pour le match de jeudi à Lane Hutson. Wedgewood a ensuite permis à Nick Suzuki de marquer les deuxième et troisième buts du Tricolore sur ses deuxième et troisième occasions de marquer.

Rien de moins!

Il a aussi fait cadeau d’un but à Jake Evans et d’un autre à Kirby Dach : le premier à la suite d’une très vilaine sortie derrière son filet, le deuxième sur un tir décoché de l’arrière du filet.

« Ce n’est jamais optimal d’accorder un but aussi rapidement. Après, les choses sont allées pas mal vite, a plaidé le gardien de l’Avalanche, avant de toutefois reconnaître qu’il avait été trop généreux. Je peux accepter quelques-uns des buts que j’ai accordés, mais j’ai commis des erreurs impardonnables dont ils ont profité pour mettre le match hors de portée. »

L’entraîneur-chef Jared Bednar a été plus direct : « On a de la difficulté à mettre la rondelle dans le filet adverse depuis quelques matchs et tout autant de difficulté à l’empêcher d’entrer dans notre filet. J’ai beaucoup aimé certaines portions de notre partie ce soir. Nous avons été bien meilleurs qu’hier (mercredi) à Ottawa. On a été beaucoup plus impliqués. On a mis beaucoup plus de pression. Les deux équipes ont d’ailleurs obtenu le même nombre d’occasions A+ de marquer. La différence est que leur gardien nous a empêchés de marquer alors qu’ils ont déjoué le nôtre. Il (Scott Wedgewood) doit être meilleur, mais il n’est pas le seul », a plaidé Bednar qui semblait très loin d’être exaspéré malgré le fait que son équipe traverse un passage à vide et qu’elle a été victime de 19 buts à ses trois derniers revers en temps réglementaire.

Matheson-Guhle : une muraille défensive

S’il est vrai que Jakub Dobes – trois buts accordés sur 29 tirs : 89,6 % d’efficacité – a été de beaucoup supérieur à Scott Wedgewood – sept buts accordés sur 28 tirs : 75 % d’efficacité – il est tout aussi vrai que la défensive du Canadien a été supérieure à celle de l’Avalanche.

Comme il l’a fait face à de grosses puissances offensives, l’an dernier, Martin St-Louis a jumelé Mike Matheson et Kaiden Guhle pour affronter Nathan MacKinnon et les autres membres du gros trio : Martin Necas et Artturi Lehkonen.

Ils ont relevé ce défi avec brio.

« On a beaucoup d’options à la ligne bleue. Mais quand on donne un mandat comme celui de ce soir à Kaiden Guhle, son niveau de jeu monte, a lancé St-Louis. C’est bien de compter sur des gars comme eux qui patinent et couvrent beaucoup d’espace quand tu affrontes des trios qui sont « loadés », qui sont gros et rapides comme le premier de l’Avalanche ce soir, ou si Edmonton met McDavid et Draisaitl sur un même trio. Tu peux faire ça quand tu es à la maison parce que tu as le dernier changement, mais quand tu es sur la route, des fois c’est mieux de les séparer. C’est comme jouer au chat et à la souris ».

Le mandat accordé à Guhle, face à l’Avalanche, a confirmé qu’il était rétabli à 100%. Le défenseur a toutefois donné une frousse à l’organisation lorsqu’il a péniblement retraité au vestiaire après une mise en échec assénée par Josh Manson dans le coin de la patinoire.

Guhle a lancé son casque par terre de sa main droite alors que son épaule gauche semblait mal en point. Il s’est rendu à l’infirmerie, mais est revenu au banc quelques minutes plus tard. Dès son retour sur la patinoire, il a envoyé Artturi Lehkonen cul par-dessus tête avec une solide mise en échec confirmant ainsi qu’il avait évité le pire.

L’association Guhle-Matheson a permis d’unir Lane Hutson et Noah Dobson au sein d’un duo à caractère plus offensif.

« Ils sont plus offensifs, mais sont capables de nous donner du bon hockey en défensive. Comme Matheson et Guhle sont capables d’appuyer l’attaque. Quand je regarde Dobson aller, je sais qu’il ne se contentera de faire un jeu, mais qu’il fera le meilleur jeu », a indiqué l’entraîneur-chef.

Derrière les deux premiers duos, Alexandre Carrier et Arber Xhekaj se sont très bien débrouillés également. Carrier a effectué six présences de plus que son partenaire. Il s’est particulièrement signalé en troisième période lorsqu’il a effectué un plongeon pour anéantir une poussée de l’Avalanche, avant d’aller marquer le sixième but du Canadien après une passe savante de Nick Suzuki.

Les défenseurs ont disputé un fort match jeudi soir. Et quand l’Avalanche arrivait à percer la défensive du Canadien – ce qui est arrivé à quelques reprises en période médiane – Jakub Dobes s’est assuré de prendre la relève avec de bons arrêts solides, importants et opportuns.

Des arrêts nécessaires qui lui ont permis de signer un deuxième gain consécutif, un 17e cette saison (17-5-3), et sans doute d’obtenir le mandat d’aller aider son équipe à gagner, samedi, à Buffalo. Un défi pas évident quand on considère que les Sabres ont battu le Canadien lors de leurs deux derniers affrontements et qu’ils ont balayé du revers de la main (4-1) les Kings venus de Los Angeles, jeudi soir, pour signer une 20e victoire à leurs 24 derniers matchs (20-3-1).