CH
Canadiens de MontréalOpens in new window
Cole CaufieldOpens in new window

« Caufield est né pour scorer » - Stéphane Richer

Mis à jour le 

Publié le 

MONTRÉAL – Par respect envers Cole Caufield, Stéphane Richer était demeuré muet pendant la quête de son 50e but, mais il n’a pas tardé à l’appeler et ils ont chacun savouré ce moment et l’exploit qu’ils partagent.

Richer est celui qui connaît le mieux la pression qui accompagne la poursuite de cet objectif dans le marché du Canadien de Montréal. Le numéro 44, qui a inscrit 51 buts en 1989-1990 et 50 buts en 1987-1988, a donc choisi de refuser toutes les demandes médiatiques et celles du département des communications du CH.

« Je savais que tout le monde me courait après. Mais, par respect pour le jeune, je n’avais pas d’affaire à enregistrer des vidéos ou faire des trucs au Centre Bell. La plus belle chose que j’ai faite, c’est de l’appeler personnellement », a confié Richer à RDS et quelques médias présents au Club de golf le Mirage à l’Invitation Serge Savard consacrée au 40e anniversaire du championnat de 1986.

Le Québécois était rayonnant en racontant cet appel.

« Il était super content et moi aussi, puis ça faisait drôle parce qu’il m’appelait toujours ‘Sir’. Ça me faisait réaliser que j’ai 60 ans. Il était dans le vestiaire et Chantal (Machabée) m’avait aidé pour que je lui parle. Je lui ai juste dit poliment qu’il faisait partie d’un groupe sélect et qu’on est chanceux. C’est spécial, ce groupe-là à Montréal et, il ne faut pas se le cacher, ce n’est pas la même chose de marquer 50 buts dans une autre équipe », a-t-il exposé.

Richer a opté pour cette approche en se rappelant sa propre histoire.

« Le seul avantage que j’ai eu, c’est d’avoir pu serrer la main de M. Richard, de rencontrer Pierre Larouche, de jouer avec Steve Shutt avec les Anciens Canadiens et ensuite avec M. Lafleur. J’ai aussi eu la chance d’avoir une petite discussion avec Bernard Geoffrion juste avant son décès. Je l’ai rencontré par hasard à l’aéroport d’Atlanta. Il ne m’avait pas reconnu, je lui ai dit qui j’étais et c’était un monsieur tellement drôle. J’ai pu les voir jouer et les voir de leur vivant. Ç’aurait été le fun que Guy (Lafleur) soit encore là pour Cole. Ç’aurait été un beau cadeau », a témoigné l’ancien attaquant au puissant tir.

Ces sept joueurs ont donc écrit l’histoire et Pierre Houde l’avait si bien résumé lors de sa description du 50e but de Caufield.

Chose certaine, Richer était prêt à voir un joueur lui succéder.

« Ça fait longtemps que j’étais passé à autre chose, ça me faisait rire quand les gens m’appelaient pour savoir ce que ça me faisait, ça fait plus de 30 ans… », a-t-il rigolé.

Dans ses commentaires, Richer donnera peut-être l’idée aux dirigeants du Canadien d’organiser une cérémonie qui corrigerait une erreur du passé.

« Des gens m’ont demandé ‘Comment ça se fait que le Canadien n’a jamais rien fait pour toi pendant toutes ces années, même pas une mise au jeu protocolaire, même pas de reconnaissance?’ C’est correct, je ne peux pas rien faire là-dedans », a tranché celui qui n’a pas perdu son franc-parler.

Après sa carrière, Richer a quelque peu décroché du hockey et il suit les activités de la LNH du coin de l’œil. Mais dans le cas de Caufield, il n’avait pas le choix de s’y intéresser. Il se faisait constamment poser des questions sur le petit ailier.

« Ce que j’aime de lui, c’est qu’il veut scorer et quand il marque, c’est beau de le voir. C’est sincère et tu vois son sourire, il est né pour scorer des buts. Le petit gars qui commence au hockey et qui voit ça, je trouve ça formidable. En plus, il a du talent, parce que tu ne comptes pas 50 buts en étant chanceux dans la vie. »

Si Richer se réjouit de partager ce talent de marqueur avec Caufield, il est épaté par d’autres joueurs du Tricolore.

« Pas juste lui, d’ici deux ans, ça va être incroyable. Ils ont Martin St-Louis et c’est absolument ce qu’il fallait pour le développement des jeunes. C’est beau de voir ça. Mais ce sont les dernières parties que tu dois gagner », a souligné le colosse.