On dirait que Juraj Slafkovsky lève son jeu d’un cran lorsque l’occasion le requiert. En fait, c’est bien plus qu’une simple impression, puisque le grand Slovaque l’a fait à plusieurs reprises déjà, malgré une carrière encore bien jeune.
Avant même d’être repêché par Montréal avec le premier choix de 2022, Slafkovsky a dominé le tournoi olympique de Beijing quelques mois plus tôt, menant la Slovaquie à la médaille de bronze. Ses sept buts en autant de rencontres lui avaient d’ailleurs permis de repartir avec le titre du joueur le plus utile.
En février dernier, l’attaquant de 22 ans a connu d’autres JO du tonnerre avec une récolte de quatre buts et autant de mentions d’aide. Il n’est pas reparti avec une médaille cette fois-ci, mais il a tout de même été nommé sur l’équipe étoile du tournoi.
Son tour du chapeau dans le match no 1 dimanche soir, dont le but vainqueur en prolongation, fera dire à certains que Slafkovsky se croit encore à Milano-Cortina.
« Slaf, c’était incroyable. Je crois qu’il se pensait encore aux Jeux olympiques », a lancé Michael Matheson aux journalistes en riant dans le vestiaire après la rencontre. « C’est très impressionnant. Juraj est un gars clé pour notre équipe et il l’a vraiment montré ce soir. »
« Les Olympiques, c’est un peu comme les séries. Les équipes sont différentes, mais le sentiment est le même », a pour sa part avoué Slafkovsky au podium, lorsque questionné sur le sujet. « Ça a sans aucun doute aidé ma confiance. J’ai pu avoir beaucoup possession de la rondelle. J’essaie d’apporter ça ici et aider mon équipe à gagner. »
Malgré l’euphorie du moment, le héros de la rencontre est demeuré réaliste. Selon ses dires, un but en prolongation, c’est bien, mais il faudrait éviter d’avoir besoin de s’y rendre à nouveau.
« C’est très bien, j’aime ce sentiment. Ce serait mieux de ne pas aller en prolongation et de l’emporter avant la prochaine fois. Je suis quand même heureux de la façon dont c’est arrivé, mais nous devons nous concentrer sur le prochain match », a rappelé Slafkovsky avec Nick Suzuki à ses côtés.
Slafkovsky (22 ans et 20 jours) est tout de même devenu le troisième plus jeune joueur de l’histoire du CH à récolter un tour du chapeau en séries éliminatoires après Bernard « boum boum » Geoffrion (21 ans et 40 jours) en 1952 et Howie Morenz (21 ans et 183 jours) en 1924.
« L’évolution de Slafkovsky est similaire à celle de notre équipe », a expliqué Martin St-Louis, dernier intervenant au podium. « Il est allé chercher trois buts, mais tout part de l’effort collectif. On sait ce qu’il est capable d’apporter et c’est ça qu’il a fait ce soir. Il a joué selon son identité, pas que les buts, il a été physique, il a gagné des batailles, son bâton était fatigant. C’est un gros match pour lui »
Auteur de 20 arrêts sur 23 lancers au cours de la rencontre, Jakub Dobes a abondé dans le même sens.
« Slafkovsky nous a gagné le match ce soir. Je crois que dans les moments importants, il veut la rondelle. Slafkovsky est un joueur des grandes occasions. Je suis fier de lui et espérons qu’il pourra faire la même chose mardi. »











