BROSSARD — Le voyage en Californie a été difficile pour le Canadien de Montréal d’un point de vue défensif, et l’entraîneur-chef Martin St-Louis estime que ces ennuis sont dus, en partie, à l’entêtement de ses joueurs en zone neutre.
Du côté strictement comptable, la récolte de trois points sur une possibilité de six contre les Sharks de San Jose, les Ducks d’Anaheim et les Kings de Los Angeles est loin d’être mauvaise. Mais les 15 buts accordés, eux, soulèvent des questions.
Avec 20 matchs à jouer avant la fin de la saison, St-Louis souhaite que ses joueurs soient plus conscients du jeu qui se déroule devant eux, plutôt que de tenter d’y aller avec des jeux parfaits qui engendrent parfois des revirements.
« Les trois matchs du voyage, on a donné trop de buts, a-t-il reconnu sans détour, lundi, au terme de la séance d’entraînement au Complexe sportif CN. À San Jose et Anaheim, on a été plus têtus en zone neutre. Ça ne peut pas être une tendance d’être têtus en zone neutre à ce temps-ci de l’année. »
Appelé à préciser ce qu’il voulait dire par têtu, St-Louis a reproché à ses joueurs de tenter certains jeux qui ne s’offraient pourtant pas à eux à l’entrée de la zone offensive.
« Le jeu dans la zone neutre, ce n’est pas quelque chose de simple. Tout joueur aime jouer avec la rondelle et aimerait avoir une “rush game”, mais ces jeux-là ne sont pas là, parfois, parce que les joueurs de l’autre équipe sont là.
« Des deux contre un, des trois contre deux et des quatre contre trois, tu n’as pas ça souvent dans un match. C’est de comprendre que tu n’as pas besoin d’essayer de forcer les choses, a-t-il expliqué. L’autre équipe va te les donner sur des revirements. Et, si tu regardes le voyage, on a donné beaucoup de “rush game” à l’autre équipe, parce qu’on était têtus.»
Ce manque de patience des joueurs a été à l’origine de nombreuses occasions de marquer dans l’Ouest, et les gardiens n’ont pas été en mesure de faire la différence. Samuel Montembeault et Jakub Dobes ont ainsi été bombardés de 99 tirs, de sorte qu’ils ont montré un taux d’efficacité de ,859 en Californie.
Mais tout ne repose pas que sur les épaules des gardiens. Les revirements et le travail pour libérer l’espace devant le filet sont deux éléments ciblés par St-Louis afin d’aider les hommes masqués à faire leur travail.
« Ça commence loin de ta zone pour aider ton gardien, a fait valoir l’entraîneur québécois. Les revirements en zone offensive, si tu as un bon échec avant à cinq, tu vas récupérer la rondelle et tu n’auras pas à te défendre. Ce n’est pas une action, mais il faut être combatif, sans la rondelle, pour aider nos gardiens. »
Le Canadien reprendra l’action mardi au Centre Bell avec un match contre les Maple Leafs de Toronto. Dobes sera devant le filet. Oliver Kapanen, qui a raté la séance d’entraînement de lundi pour subir des traitements, sera en uniforme.
Avant les matchs de lundi dans la LNH, le Canadien occupait le premier rang des équipes repêchées dans l’Association de l’Est en vertu d’une fiche de 34-18-10, bonne pour 78 points. Il compte cinq points d’avance sur les Blue Jackets de Columbus, premier club exclu du portrait des séries éliminatoires.
Disputant sa 14e saison dans la LNH à 33 ans, Brendan Gallagher a laissé parler son expérience pour calmer le jeu, refusant de voir la situation actuelle comme étant problématique.
« On a donné trop de buts et trop d’occasions de marquer, a-t-il reconnu d’entrée de jeu. On connaît la solution, il faut juste y revenir. Toutes les équipes traversent les mêmes choses, il y a des hauts et des bas.
« On a connu un voyage difficile et on a eu trois points. Ce n’est pas catastrophique. On est en bonne position, on sait ce dont ce groupe est capable et tout le monde veut gagner des matchs. Il faut simplement retrouver nos standards. On n’y est pas, mais on n’est pas loin », a-t-il conclu.











