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La résurgence d’un espoir du Canadien

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MONTRÉAL – Quentin Miller n’a jamais cessé d’y croire.

Même quand il ne jouait plus.

Même quand l’Océanic de Rimouski ne voulait plus de lui.

Même quand il a dû se résoudre à s’exiler à Chilliwack, dans l’Ouest canadien, pour qu’on se remette à tirer des rondelles sur lui.

« J’ai toujours cru en moi. Je suis capable de jouer, peu importe à quel niveau. »

C’est ce qu’il est en train de prouver. Sur une des plus grandes scènes.

À sa première année dans la NCAA, la sélection de 4e ronde du Canadien en 2023 (128e) s’impose en effet comme l’un des meilleurs gardiens des rangs universitaires américains.

Gardien no 1 des Pioneers de l’Université de Denver, le programme le plus décoré de l’histoire de la NCAA avec 10 sacres nationaux, le Québécois de 20 ans affiche une chiche moyenne de buts alloués de 1,84 et un taux d’efficacité de ,931.

Et il collectionne les mentions d’honneur.

Mardi, après avoir signé son troisième blanchissage de la campagne, Miller a été nommé gardien de la semaine dans la National College Hockey Conference (NCHC) pour la deuxième fois déjà. Ajoutez à cela un titre de recrue de la semaine et un autre de gardien par excellence du mois de novembre.

Des 17 matchs qu’ont joués les Pioneers cette saison, Miller a amorcé 15 d’entre eux dans le rôle du gardien partant. À huit reprises il a concédé un but ou moins, et il entretient actuellement une séquence de 11 matchs sans avoir encaissé de défaite en temps réglementaire.

« Je suis content de mes performances en ce moment, mais je ne veux pas être satisfait, relativisait-il mercredi, en entrevue avec le RDS.ca. Je veux continuer à m’améliorer et travailler sur moi-même. C’est la raison pour laquelle je suis venu ici. »

Une arrivée au Colorado qui, il y a un an à peine, semblait tout sauf probable.

Acquis des Remparts de Québec par l’Océanic au cours de la saison 2023-2024, Miller devait être l’une des pièces angulaires de la formation rimouskoise en prévision du tournoi de la Coupe Memorial 2025, dont elle était l’hôte.

Il n’a finalement jamais joué un match dans la LHJMQ l’an dernier.

Blessé à une épaule durant le calendrier préparatoire, Miller a plutôt été opéré, après quoi il a dû suivre une longue rééducation ne devant lui permettre de reprendre l’action qu’en février.

À ce moment, l’Océanic était déjà passé à autre chose. Ne pouvant attendre que Miller reprenne son rythme à l’aube des séries, il a ainsi été libéré. Les places de joueurs de 20 ans étant complexes à offrir en plein milieu de saison, les autres clubs du circuit ont eux aussi passé leur tour.

« J’étais sur le bord de revenir et Rimouski a dû prendre une décision difficile. Je ne leur en veux pas, c’était compréhensible. Mon cas était un peu incertain. »

Sans filet à défendre, Miller en a finalement trouvé un chez les Chiefs de Chilliwack, un club junior de la BCHL.

« Je voulais juste jouer le plus de games possible, avoir le plus de répétitions pour me remettre dans le beat et recommencer à montrer ce dont je suis capable. »

Miller a ainsi pris place à 33 reprises dans le demi-cercle des Chiefs, signant au passage 22 gains et aidant les siens à atteindre la finale du circuit contre les Bandits de Brooks.

Et il s’est fait voir. Alors que la NCAA changeait ses règles d’admissibilité pour permettre aux anciens joueurs de la LCH d’intégrer ses rangs à compter de l’automne 2025, les Pioneers ont vite flairé la bonne affaire.

« [L’entraîneur adjoint Tavis MacMillian] a entendu parler d’un joueur à Chilliwack qui revenait de blessure, grâce à nos contacts là-bas », a récemment expliqué l’entraîneur-chef des Pioneers, David Carle, au Denver Post.

« Nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour l’observer, car il est revenu de blessure fin janvier, début février. Nous avons pris la décision de le recruter et, heureusement pour nous, il a pu disputer des matchs lors des séries éliminatoires de la BCHL. »

Miller n’avait en effet joué que quatre matchs au moment où il a accepté la bourse d’études que lui proposaient les Pioneers.

« C’était une offre difficile à refuser. Honnêtement, je n’aurais pas pu demander mieux. »

Au-delà des installations à faire rêver, une norme pour les programmes de l’envergure de ceux comme Denver, Miller s’est avant tout joint à une puissance du hockey universitaire américain.

Dirigés par David Carle – qui a mené l’équipe nationale américaine à la conquête de l’or lors des deux derniers Mondiaux juniors – les Pioneers ont atteint le Frozen Four à trois reprises (2022, 2024 et 2025) dans les cinq dernières années, raflant les grands honneurs en 2022 et 2024.

Malgré les départs de ses quatre meilleurs pointeurs de l’an dernier, notamment la superstar Zeev Buium, de même que leur gardien no 1, les Pioneers semblent encore destinés à faire un bon bout de chemin.

Dans la dernière mise à jour des deux classements nationaux (USCHO et USA Hockey), Denver est répertorié aux 6e et 5e rangs. Un rendement auquel Miller n’est certes pas étranger, alors qu’on approche déjà la mi-saison.

« Je veux continuer à jouer comme ça et aider mon équipe à gagner des games. J’en veux plus. Le but ultime est plus loin. »

—  Quentin Miller

Pour l’instant, ce n’est pas son avenir chez les professionnels. Ses droits appartenant toujours au Canadien jusqu’à l’été 2027 au minimum, Miller dit se donner encore deux saisons à Denver avant d’évaluer ses options. Ce qu’il a en tête à l’heure actuelle, c’est autre chose.

« Je ne pense pas trop à ça en ce moment. Je pense plus à vouloir gagner un Championnat national et à aider mon équipe. »