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La tendance ne s’est pas maintenue…

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MONTRÉAL - Les projections n’assuraient pas le Canadien d’une victoire. Ça non!

Mais elles moussaient grandement les chances du Tricolore d’ajouter des points, ou au moins un, aux sept amassés au fil des cinq premiers matchs du long et difficile voyage des Fêtes.

Pour la troisième fois lors des quatre dernières parties, le Canadien croisait un adversaire qui avait joué la veille. On pouvait donc s’attendre à ce que le CH soit la meilleure des deux équipes en début de match. Qu’il impose son rythme. Qu’il fatigue son rival.

Pourtant!

Les Blues ont gardé le Tricolore sur les talons du début à la fin du premier tiers. Ils ont fermé la zone défensive à double tour et ont quadrillé celle du Canadien à leur guise, profitant de couvertures très approximatives de la part de leurs adversaires et de replis défensifs sans vigueur aucune.

On va se le dire, c’était loin d’être optimal comme début de match. Mais ce n’était pas grave. Du moins pas trop.

Car le Canadien avait non seulement enfilé 20 buts à ses quatre dernières rencontres, mais il affrontait Jordan Binnington. Le gardien dont la sélection au sein d’Équipe-Canada a été condamnée de l’Atlantique, au Pacifique avec une pointe jusqu’à l’océan arctique. Le gardien qui affichait la pire moyenne de buts alloués par match (3,40) et la pire efficacité (87,4 %) chez tous les gardiens de la LNH ayant effectué au moins 20 départs depuis le début de la saison.

Si la tendance devait se maintenir, le Canadien saurait en profiter.

Sauf que…

À son premier match depuis l’annonce de sa sélection en vue des Jeux olympiques de Milan-Cortina, s’est assuré de non seulement museler ses détracteurs, mais de militer pour le poste de numéro un. Il a stoppé les 25 tirs du Canadien pour signer son premier jeu blanc de la saison. Son premier depuis un an… jour pour jour. Son premier après une disette de 51 matchs.

Bon! Le plus dur reste à faire pour Binnington. Battre le Canadien et même lui faire subir l’affront d’un deuxième jeu blanc encaissé cette saison, c’est une chose. S’imposer dans un tournoi au cours duquel il affrontera les meilleurs joueurs de hockey au monde, s’imposer dans le match de médaille d’or s’il est toujours devant le filet à ce moment-là, c’est un tout autre défi.

Manque de cohésion et d’exécution

On peut reprocher au Canadien, et on doit le faire, d’avoir facilité la cause de Binnington en première période. Outre un tir dévié par Brendan Gallagher et un deuxième décoché sur le retour accordé, Binnington a été bien plus sérieusement mis à l’épreuve par ses coéquipiers lors de la période d’échauffement, que par le Tricolore au premier tiers.

Mais en période médiane, comme en troisième, le Canadien a obligé Binnington à s’imposer à quelques occasions. Le gardien des Blues est loin d’avoir été mitraillé. Mais sur les 17 tirs affrontés au cours des 40 dernières minutes de jeu, dont cinq lors d’attaques massives, le gardien des Blues a effectué trois, quatre, peut-être même cinq arrêts clefs pour empêcher le Canadien d’amorcer le genre de remontée en fin de match qui lui a permis de voler plusieurs points depuis le début de la saison. Dont trois depuis le début du voyage qui prendra fin dimanche, à Dallas.

Cela dit, le Canadien aurait pu en faire plus pour déstabiliser Binnington. Il aurait même dû. Surtout lors des attaques massives en deuxième période, dont une séquence de 1 min 37 s à cinq contre trois. Une séquence de 97 secondes au cours de laquelle le Canadien n’a obtenu qu’un tir.

«Le gardien a fait du bon travail, mais nous avons raté beaucoup de passes en zone ennemie. On a raté trop d’occasions. On a les outils pour marquer des buts. On l’a démontré lors des derniers matchs. Ce soir, on ne l’a pas fait et c’est notre faute», a honnêtement convenu Juraj Slafkovsky.

Trop généreux

Quand tu bousilles de jeux en attaque comme le Canadien l’a fait, samedi, à St.Louis, tu ne peux en plus de permettre d’être généreux dans ton territoire.

D’être généreux tout court!

Mais le Canadien l’a été. Sur le premier but marqué après une vilaine passe en milieu de zone défensive tentée par Zachary Bolduc. Un but qu’on sentait venir comme on sent un putois en santé approcher tellement le Canadien était désorganisé dans sa zone et laissait les Blues en profiter.

Le Tricolore a été généreux sur le deuxième aussi, alors que les Blues ont non seulement freiné l’attaque massive du Canadien, mais doublé leur avance pendant que le Tricolore évoluait à cinq contre quatre.

Sur le jeu, Ivan Demidov a appris à ses dépens que n’est pas un défenseur qui veut. Robert Thomas l’a mystifié avec une feinte avant d’aller déjouer Jacob Fowler.

Parlant du gardien du Canadien, il a peut-être encaissé le revers, mais il n’a pas à en assumer la responsabilité. Deux buts accordés sur 19 tirs, ce n’est pas spectaculaire en matière de statistique. Mais Fowler a gardé son club dans le match avec quelques arrêts aussi solides que ceux réalisés par son vis-à-vis.

Fowler et Brendan Gallagher – six tirs cadrés sur les neuf décochés – ont été les meilleurs du Canadien samedi. Gallagher, muté avec Phillip Danault et Zachary Bolduc en remplacement de Josh Anderson qui a raté le match de samedi après avoir quitté celui de jeudi en troisième période en raison d’une blessure, a trimé dur pour aider la cause de son équipe. Mais il n’a plus les moyens de ses ambitions…

«On n’a pas bien commencé le match, mais on ne s’est pas fait trop mal. C’était juste 1-0. Après, on est revenu et on a généré des chances, mais on n’a pas su en profiter. Au moins, on joue demain», que Martin St-Louis a tranché avant l’envolée vers Dallas.

Le Canadien avait perdu 4-3 aux mains des Blues le 7 décembre dernier à Montréal. Il a perdu 2-0 hier.

Le Canadien s’est fait blanchir 7-0 par les Stars lors de leur escale au Centre Bell le 13 novembre dernier. Saura-t-il imiter Binnington et les Blues et faire dérailler la tendance?