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Les anciens veulent une équipe plus robuste

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MONTRÉAL – Ça discutait d’Arber Xhekaj même à un souper réunissant une vingtaine de champions de la coupe Stanley. Pourquoi? Parce que plusieurs anciens du Canadien de Montréal considèrent qu’une hausse de la robustesse serait bénéfique à l’édition actuelle.

Bien sûr, les Serge Savard, Larry Robinson, Jacques Lemaire et compagnie ont réalisé que le hockey a évolué. Il n’en demeure pas moins qu’ils ont identifié cet élément pour protéger des joyaux comme Lane Hutson, Cole Caufield et Ivan Demidov dans le but d’accentuer les chances du CH de remporter une première coupe Stanley depuis 1993.

Mardi, c’était l’édition championne de 1986 qui était honorée via l’Invitation Serge Savard au Club de golf le Mirage. La veille du tournoi, les gagnants de 1986 se sont réunis pour un souper qui avait au menu une panoplie d’anecdotes à se remémorer.

« Je ne vous dirai pas qui, mais une personne mentionnait que le Canadien était sur une bonne lancée et tout le monde était d’accord. Mais Serge (Savard) demandait pourquoi l’équipe ne faisait pas jouer Xhekaj davantage. Ils ont une équipe extraordinaire, mais deux des meilleurs joueurs mesurent cinq pieds six ou sept. Il va falloir les entourer sinon ils vont se faire maganer », a relaté Jean Perron, qui dirigeait le club en 1986.

Invité à identifier des parallèles entre la troupe de Martin St-Louis avec les groupes champions de 1986 ou 1993, Savard a frappé sur le même clou que la veille en privé.

« L’équipe possède plusieurs atouts qu’on avait. Peut-être que notre équipe était beaucoup plus robuste. Ton meilleur joueur, personne n’a le droit d’essayer de le démolir. Le CH a un jeune qui s’appelle Hutson. En séries, il était la cible, ce qui est normal. Mais une bonne équipe doit faire savoir que les autres n’ont pas le droit de lui toucher », a noté Savard.

Dès son arrivée, Hutson s’est lancé à la poursuite de plusieurs records offensifs de Larry Robinson. La différence, c’est que Robinson était aussi équipé pour malmener ses opposants avec ses épaules.

Larry Robinson offre un conseil à Lane Hutson Larry Robinson partage ses souvenirs de 1986, de Claude Lemieux et il donne son avis sur l’édition actuelle des Canadiens.

« J’adore regarder Hutson jouer, il est si intelligent. Il voit très bien le jeu. J’espère seulement qu’il ne se placera pas dans une situation dans laquelle il pourrait se faire blesser. Je sais qu’il veut en faire beaucoup, mais ça veut parfois dire d’en faire moins. Tant qu’il utilisera sa tête et qu’il évitera de se faire assommer par les colosses de la LNH, je m’attends à ce qu’il se débrouille très bien », a vanté Robinson.

St-Louis ne mise pas sur autant de colosses que les Savard, Robinson, Chris Nilan, Bobby Smith, Mike McPhee, Craig Ludwig, Bob Gainey, Sergio Momesso, Rick Green…

Par contre, le plaisir éprouvé par les joueurs en 1986 semble avoir voyagé dans le temps jusqu’en 2026.

« Des vétérans avaient un peu perdu le plaisir de jouer dans les années 1983 et 1984, c’était des moments difficiles pour le Canadien. Je me souviens que Larry disait qu’il avait eu un regain de vie en 1986 avec l’arrivée de plusieurs jeunes et tout ce qui entourait l’équipe », a déclaré Lemaire, qui perçoit un plaisir similaire sous les ordres de St-Louis.

Un leadership rassurant, des contrats avantageux

Une dizaine de recrues ont contribué à la conquête de 1986, mais le leadership des vétérans a été crucial. Guy Carbonneau, qui a été capitaine du Tricolore, a été rassuré, depuis longtemps, par la solidité de Nick Suzuki qui a hérité du « C » en septembre 2022.

« J’aime sa constance, la façon dont il se comporte et qu’il parle. Le leadership part du haut, mais ça prend également des joueurs qui peuvent dire les bonnes choses. Nick retire aussi beaucoup de fierté de son jeu offensif, mais aussi défensif. Montréal est un marché extraordinaire sans être facile. On est des passionnés ici, on est des maniaques parfois. Il a prouvé que la cause lui tient à coeur, il veut que ça fonctionne », a cerné Carbonneau.

Le Canadien est en voiture avec un capitaine qui a récolté 101 points, une première depuis Mats Naslund en 1986, qui a obtenu le trophée Selke pour son rendement défensif et qui a signé un contrat qui demeure avantageux pour les quatre prochaines saisons.

« C’est le jour et la nuit. Quand je suis arrivé comme gérant général, les droits locaux francophones de la télévision étaient de 100 000 $ par année de Radio-Canada. L’an passé, les droits francophones pour la dernière année du contrat télévisuel faisaient payer à RDS et TVA Sports environ un million par match. Je me rappelle qu’on avait signé le contrat de Patrick Roy autour de trois millions par année. Tout le monde disait qu’on l’avait trop payé puis Harry Sinden (le DG des Bruins de Boston) m’a appelé et m’a engueulé car il était mal pris avec le contrat de Raymond Bourque. Aujourd’hui, c’est un autre monde. Tout le monde est content et trouve que les contrats alloués par le Canadien sont une aubaine », a témoigné Savard.

Il reste à voir si ces contrats, mais surtout les prestations de Suzuki, Hutson, Caufield, Demidov et compagnie suffiront à soulever une coupe Stanley à Montréal. En 1986, le CH avait notamment eu besoin des exploits de Patrick Roy et Claude Lemieux.