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Schaefer impressionnera longtemps

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Le Tricolore joue avec le feu et se brûle face aux Islanders

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Les manchettes des experts!

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Beaucoup d'erreurs en prolongation

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« Nous avons trouvé une façon de gagner... »

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Le brio de Schaefer fait de l'ombre aux efforts du Tricolore

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MONTRÉAL - Dire que Patrick Roy était impressionnant sur une patinoire ne surprendra personne. Lancer que Patrick Roy a toujours voulu faire la différence lorsqu’il se dressait devant son filet surprendra encore moins.

Ses 151 victoires en séries éliminatoires, un sommet dans l’histoire de la LNH devant Martin Brodeur qui en revendique 113, ses quatre coupes Stanley, ses trois trophées Conn-Smythe, trois trophées Vézina, sans oublier la place de choix qu’il occupe au temple de la renommée du hockey confirment avec éloquence ces deux traits de caractère de Saint Patrick.

Il en faut donc pas mal pour impressionner un gars qui a été si impressionnant comme gardien et qui l’est encore aujourd’hui derrière le banc des Islanders de New York à titre d’entraîneur-chef.

Pourtant!

Quand on a demandé à Patrick Roy de commenter la performance Matthew Schaefer, quand on lui a demandé s’il était encore impressionné par des prouesses comme celles multipliées par son jeune défenseur, jeudi soir, pour amorcer la remontée qui s’est conclue par une victoire de 4-3 arrachée en prolongation aux dépens du Tricolore, Patrick Roy a esquissé un petit sourire qui témoignait d’une grande, non d’une très grande, satisfaction.

« Quand tu penses qu’il a fini de t’impressionner, il trouve le moyen de t’impressionner encore. Il apporte tellement d’énergie que j’ai l’impression qu’il aime faire la différence dans un match et c’est ce qu’il a fait encore ce soir », que Patrick Roy a répondu.

« On est chanceux d’être ses coéquipiers » que Jean-Gabriel Pageau a témoigné après que le Gatinois eut marqué le but de la victoire au terme d’une échappée face à Samuel Montembeault.

Et vous savez quoi? De la façon dont Matthew Schaefer a joué contre le Canadien jeudi, de la façon dont il joue depuis le début de l’année, sa première dans la LNH à 18 ans seulement, Patrick Roy et le reste de la planète hockey risquent d’être impressionnés régulièrement et pour très longtemps par ce jeune défenseur qui est déjà la pierre d’assise de son équipe.

Quant à Jean-Gabriel Pageau et les autres joueurs des Islanders, ils espéreront évoluer le plus longtemps possible dans le large sillon créé par Schaefer dès qu’il prend la patinoire d’assaut.

Records égalés et éclipsés

Fort de ses 17e et 18e buts jusqu’ici cette saison (59 matchs), Schaefer a déjà éclipsé le record de Denis Potvin (17 en 1973-1974) en matière de buts marqués par un défenseur recrue dans l’histoire des Islanders.

Il a aussi amélioré le record que détenait Phil Housley depuis la saison 1982-1983 avec 17 buts marqués par un défenseur âgé de 18 ans dans la LNH. Housley en avait ensuite ajouté deux lors de sa première saison après avoir célébré son 19e anniversaire de naissance.

Schaefer a aussi ajouté son nom à ceux de Bobby Orr, Phil Housley et Rasmus Dahlin en devenant le quatrième défenseur de l’histoire à atteindre le plateau des 40 points à 18 ans.

Avec encore 23 matchs à disputer cette saison, Schaefer a besoin de cinq buts pour égaler le record établi par Brian Leetch en 1988-1989 avec 23 buts enfilés par un défenseur recrue.

Avec 25 min 56 s de temps d’utilisation – le plus haut total pour les joueurs des deux équipes jeudi soir au Centre Bell – Schaefer a disputé un 27e match avec au moins 25 minutes passées sur la patinoire et une 47e rencontre consécutive d’au moins 20 minutes de temps d’utilisation.

On pourrait ajouter qu’il reçoit déjà des missions défensives tout en étant le quart-arrière de l’attaque massive au fil de ses présences qui se succèdent à un rythme effréné.

« Je suis content que les amateurs de Montréal aient eu la chance de le voir jouer ce soir. Il leur a donné une bonne idée du joueur qu’il est et de son talent », a conclu Patrick Roy.

Cette première impression laissée par Schaefer aux partisans du Tricolore les aidera peut-être à accepter le fait que le défenseur de 18 ans soit largement favori dans la course au trophée Calder devant, entre autres joueurs, Ivan Demidov du Canadien.

Réveillé par Evans

Frappé rondement par les joueurs du Tricolore qui avaient visiblement comme mission de le marquer et de le ralentir, Matthew Schaefer a eu une première moitié de rencontre honnête, sans plus.

Puis, il s’est mis en marche. Il a réduit l’écart à 2-1 avec un but en avantage numérique avant de niveler les chances 55 secondes plus tard.

Deux buts qui ont fait contrepoids aux deux marqués plus tôt dans le match par Noah Dobson contre son ancienne équipe. Deux buts de Schaefer qui ont permis de comprendre un peu plus pourquoi le directeur général Mathieu Darche a décidé d’échanger Dobson plutôt que de lui consentir le genre de contrat que le Canadien lui a consenti – 9,5 millions $ par saison jusqu’en 2033 – afin de garder ses millions $ pour Schaefer.

Le jeune défenseur était encore sur la patinoire lorsque les Islanders ont créé l’égalité une deuxième fois avec 101 secondes à faire en troisième – à six contre cinq – pour forcer la tenue de la prolongation qui a basculé du côté des Islanders.

« Ils l’ont réveillé », que le directeur général des Islanders m’a lancé en marchant vers le vestiaire de son équipe après la victoire.

Réveillé?

« Va revoir la séquence menant au premier but », qu’il a simplement répliqué après avoir lancé des éloges à l’endroit du joueur qu’il a reçu en cadeau l’été dernier à titre de tout premier choix de la cuvée 2025.

Un coup d’œil sur la séquence en question permet de relever un coup de coude asséné à Schaefer par Jake Evans.

Est-ce que c’est vraiment ce qui a réveillé le jeune ours qui sommeillait? Allez savoir! Une chose est certaine, une fois réveillé, Schaefer a endormi le Canadien et ébloui ses partisans.

Dans le vestiaire des Islanders, Schaefer parlait avec la confiance d’un vétéran. Il parlait haut et fort et répondait avec confiance et générosité à toutes les questions qui lui étaient posées.

Ce petit gars-là adore le hockey. Ça saute aux yeux quand tu le regardes, ça remplit les oreilles quand tu l’écoutes.

Les records c’est bien beau, mais ce n’est rien en comparaison au plaisir de jouer a-t-il plusieurs fois répété.

Ses performances? Elles sont attribuables à l’appui de ses coéquipiers a insisté Schaefer qui a d’ailleurs louangé Jean-Gabriel Pageau pour son but de la victoire. Un but similaire à celui qu’il avait enfilé, encore en prolongation, à Las Vegas, alors que le jeune défenseur écoulait une pénalité.

Et il fallait l’entendre parler avec un large sourire accroché au visage de la vague qui a déferlé pendant deux ou trois bonnes minutes alors que le Canadien menait 3-2 en fin de troisième période pour quantifier, au moins un peu, sa passion pour le hockey.

Une passion qu’il avait d’ailleurs bien hâte d’aller partager avec son père et son frère qui, présents au match, avaient sûrement été aussi impressionnés que lui par l’atmosphère qui régnait au Centre Bell.

Est-ce qu’un jeune comme Schaefer qui, à 18 ans, prend autant de place dans le vestiaire que sur la patinoire, qui reçoit autant d’attention, presque toute l’attention, pourrait être mis à l’écart par des vétérans?

Pas le moindrement s’il faut en croire Jean-Gabriel Pageau.

« C’est aussi plaisant qu’impressionnant de le voir aller. De le voir grandir. Son énergie, son sourire, sa passion, tout ça est contagieux. Il a amené du sang frais au sein de l’équipe. Oui il est très jeune, mais il est déjà très mature dans sa manière de jouer. Il n’est pas juste spectaculaire. Il fait attention aux détails qui passent inaperçus aux yeux des amateurs, mais qui sont importants au sein d’une équipe. Il est déjà rendu-là », que Pageau a poursuivi avec le genre d’affection protectrice qu’un frère aîné porte à son benjamin.

On peut facilement comprendre Pageau et ses coéquipiers de vouloir prendre un soin jaloux de Matthew Schaefer parce qu’avant longtemps, il sera non seulement le meilleur défenseur des Islanders, mais le meilleur de la LNH au grand complet.

Le genre de défenseur dont le Canada aurait finalement eu bien besoin à Milano-Cortina…

Entre les lignes

L’arbitre T.J. Luxmore a soulevé l’ire des partisans du Canadien en refusant un but à Cole Caufield en première période. Caufield a bel et bien botté la rondelle en direction du filet avant que la rondelle ne ricoche sur le gardien Ilya Sorokin pour ensuite glisser au fond du but. Mais contrairement aux prétentions de plusieurs – je me suis fait prendre aussi – le fait que la rondelle ait frappé le gardien ne change rien au fait que le but devait être refusé. Le règlement 49,2 est clair : toute rondelle bottée volontairement en direction du but – les arbitres ont convenu du geste volontaire après révision du jeu – ne peut mener à un but même après avoir ricoché sur un joueur, un gardien ou un officiel…

Frappé rondement par Arber Xhekaj dans les premiers instants du match, Anders Lee a marqué le but égalisateur en fin de troisième période. Un but (son 12e cette saison) qui a auréolé son 900e match en carrière avec les Islanders qui l’ont sélectionné en sixième ronde lors du repêchage de 2009...