MONTRÉAL – Après une défaite, ça n’arrive pas souvent qu’une équipe souhaite reproduire exactement le même match. Mais ce serait un privilège d’assister à une autre partie aussi inspirée du Canadien et du Lightning lors de la partie ultime.
L’intensité se ressentait du Centre Bell jusqu’au nord du Québec, de l’Outaouais jusqu’à la Côte-Nord. Qui aurait pu penser qu’une partie de 0-0, jusqu’au but décisif en prolongation, pouvait être aussi palpitante.
Andrei Vasilevskiy a offert une classe de maître devant son filet, Jakub Dobes a exposé tout l’aplomb de sa jeunesse.
Les poteaux ont retenti comme à l’époque de Patrick Roy qui aimait leur parler.
Phillip Danault et Lane Hutson ont accompli des jeux défensifs à couper le souffle.
Aussi bête que ça puisse sonner, il ne manquait qu’un but à la formation montréalaise pour compléter cette superbe prestation et clore cette série.
« C’est le destin qui veut ça, plein de nos joueurs n’ont jamais joué un septième match. Ça fait partie de notre parcours, il faut l’accepter et se relever ; let’s go », a lancé Martin St-Louis avec réalisme.
L’entraîneur du Canadien n’a pas sonné ébranlé par ce résultat. Pourquoi ? Puisqu’il est convaincu que son équipe a atteint le niveau espéré pour remporter ce match ultime.
« On est rendus là, on n’avait pas un temps précis pour savoir quand notre croissance serait effectuée. On est une très bonne équipe et on se fait défier ce qui t’amène à un autre niveau », a jugé St-Louis.
Au terme d’une rencontre aussi inspirée, les joueurs du Canadien n’auront pas à se torturer mentalement avant de s’endormir.
« Il faut conserver le même plan, il ne faut pas embarquer dans des montagnes russes émotives, il faut garder le baromètre calme. On était destinés que ça se rende en sept matchs et on ira chercher une grosse victoire là-bas », a réagi Phillip Danault.
À chaud, Danault a repensé aux nombreuses séries disputées dans sa carrière. Rarement a-t-il vécu un affrontement aussi serré.
« Euh, peut-être une seule autre fois, mais pas des matchs aussi offensifs », a-t-il noté.
« Ils étaient plus agressifs sur l’échec-avant donc ça nous créait parfois plus d’ouvertures offensives cette fois », a expliqué Danault.
Vous connaissez le capitaine Nick Suzuki, son tempérament équilibré devrait lui éviter un tour de montagnes russes comme le souhaite Danault.
Suzuki a seulement souhaité que son club puisse reproduire une telle prestation.
« Si on joue de la même manière, on va gagner la plupart des matchs. On est confiants de pouvoir l’emporter de nouveau là-bas. Les deux équipes jouaient avec l’énergie du désespoir. C’est dommage d’avoir perdu, mais on doit repartir la machine au prochain match et ne pas avoir le moral affecté par ce résultat », a ciblé Suzuki.
Dans une partie qui pouvait basculer à la suite d’un minuscule détail, le Canadien aurait souhaité toucher la cible en avantage numérique. Le jeu de puissance du CH a été muselé à ses huit derniers déploiements.
« On a tout fait sauf marquer, j’étais content de notre travail », a cependant indiqué Suzuki alors qu’Ivan Demidov et Cole Caufield ont particulièrement menacé.
Dans le septième match, qui sera disputé dimanche et qui créera beaucoup d’excitation dans les foyers québécois, le Canadien tentera de déployer la même efficacité.
Mais pour l’emporter et éliminer le Ligthning, il faudrait aussi que le gardien Jakub Dobes soit encore aussi solide.
« Il a été merveilleux, il a réussi tous les arrêts souhaités, nos joueurs ont bloqué plusieurs lancers, mais il joue de l’excellent hockey depuis une longue période », a vanté Suzuki.
La bonne nouvelle, c’est que les entraîneurs du Canadien n’auront pas à identifier une tonne d’ajustements à intégrer. Quelques joueurs, comme Juraj Slafkovsky et Kirby Dach, pourraient même rehausser leur niveau d’un cran.










