À un certain moment, Sidney Crosby pouvait se voir plus souvent sur un panneau publicitaire surplombant une autoroute que sur des reprises de ses coups d’éclat pour les Penguins de Pittsburgh.
Posez la question à toute personne qui a suivi sa carrière; le double vainqueur du trophée Hart dans la Ligue nationale de hockey ne demeure pas longtemps au plancher.
Crosby a répondu comme devrait le faire un capitaine, alors que lui et ses coéquipiers faisaient face à un déficit de 0-3 dans leur série contre les Flyers de Philadelphie. Il a marqué son premier but de la série, ajouté une aide et a servi d’écran sur l’important filet de Kristopher Letang dans la cruciale victoire de 4-2, samedi, qui a permis pousser la série vers un cinquième match.
« Avec chaque match des séries, c’est plus difficile », a fait remarquer Crosby. « Mais il y a de la vie en nous et nous devons maintenant profiter de l’opportunité de retourner à domicile. »
Maintenant à sa 21e saison dans la LNH et âgé de 38 ans, Crosby a maintes fois tourmenté les Flyers. Aucun joueur dans la LNH n’a amassé plus de points que lui contre cette formation, et il a soulevé la coupe Stanley en deux occasions depuis que les Flyers ont remporté leurs deux titres, en 1974 et 1975.
Il doit encore supporter les huées et les chants injurieux qui lui sont adressés dès qu’il foule la glace pour l’échauffement jusqu’à sa dernière présence sur la patinoire.
Le groupe de supporters «Phans of Philly» a même financé un panneau d’affichage représentant Crosby allongé face contre terre sur la glace, accompagné de la définition du terme «exagération», après qu’il eut été pénalisé pour une telle infraction lors du troisième match. Et il n’avait récolté qu’une seule mention d’aide lors des trois premières rencontres.
Mais il a réalisé un jeu intelligent samedi en bottant la rondelle à Letang et en faisant un écran astucieux sur le défenseur Travis Sanheim, permettant ainsi à Letang d’avoir une vue dégagée pour battre le gardien des Flyers, Dan Vladar, et porter le score à 3-1 en troisième période.
« Ce ne sont pas les actions spectaculaires ou les passes. Ce sont parfois des détails, comme le fait de bloquer le défenseur pour me donner tout le temps de choisir mon tir : c’était un jeu incroyable. Ça montre juste à quel point il a une intelligence de jeu sur la glace et ce qu’il faut faire à chaque instant dans chaque situation », a décrit Letang.
Les Flyers ont laissé passer leur chance de se qualifier au deuxième tour et à un duel contre les Hurricanes de la Caroline, qui n’ont été menés en aucun moment de la série lors de leur balayage en quatre matchs contre les Sénateurs d’Ottawa.
Les Hurricanes vont pouvoir souffler un peu, tandis que la LNH se réjouira d’avoir au moins un match supplémentaire dans cette série de premier tour à la rivalité emblématique.
Les Flyers ont toujours le contrôle avec une avance significative. L’entraîneur-chef Rick Tocchet a souligné après la troisième rencontre que les matchs décisifs sont souvent les plus difficiles à remporter. Les Flyers ont donné raison à leur entraîneur une fois.
« Je ne sais pas si c’est de la complaisance, mais nous n’avons pas fait les détails qui comptent », a analysé Tocchet.
Les Flyers ont surmonté leur jeunesse et leur irrégularité pour se qualifier pour les séries éliminatoires grâce à une séquence de 14 victoires, quatre défaites et un revers en prolongation. Ce faisant, ils sont devenus la première équipe de la LNH à y parvenir après avoir accusé un retard de 10 points alors qu’il restait 22 matchs ou moins à disputer.
Ils ont ensuite surpris la LNH — et probablement eux-mêmes — en remportant deux victoires à Pittsburgh, puis le troisième match à domicile lors de leur première participation aux séries éliminatoires depuis 2020.
« Si quelqu’un vous avait dit avant la série qu’on serait à 3-1 après quatre matchs, vous ne nous auriez pas crus », a déclaré Vladar.
« Donc tout va bien pour nous. Rien ne change. On reste positifs ici. C’est une très bonne équipe. Ce n’est pas facile de remporter quatre victoires d’affilée contre une équipe comme celle-là. »











