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Un marché à l’avantage des joueurs de soutien : la réalité de 2026

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Les données et les statistiques présentées dans ce texte à propos des contrats des joueurs sont tirées du site spécialisé Puckpedia.

Levez la main si vous aviez prédit que Michael McCarron allait signer une prolongation de contrat de six ans et 20 M$, assortie d’une clause de non-mouvement et d’une clause de non-échange modifiée.

Les mains levées ne sont sans doute pas nombreuses.

Et pourtant, cette signature semble maintenant s’insérer dans une nouvelle réalité qui frappe la LNH.

La réalité selon laquelle le plafond salarial augmente drastiquement et selon laquelle les équipes doivent maintenant trouver de nouvelles stratégies pour conserver les services de leurs joueurs.

Parce que si elles ne leur déroulent pas le tapis rouge, d’autres équipes le feront.

Depuis quelques années, certains privilèges qui semblaient autrefois réservés à des joueurs étoiles du circuit Bettman sont offerts à des joueurs de soutien.

Et dans l’ensemble, tout le monde semble y trouver son compte.

La protection avant tout

Dans l’échiquier des termes d’un contrat, il y a d’abord la sécurité financière. Avec un plafond salarial qui va grimper à 104 M$ la saison prochaine, ce n’est sans doute pas une grande source d’inquiétude pour les joueurs de la LNH.

Puis, il y a la sécurité vis-à-vis les possibles transactions.

Il n’y a pas si longtemps, le métier de joueur de hockey venait pour la plupart du temps avec le risque d’être échangé vers une équipe d’un nouvel état ou d’une nouvelle province, voire à une équipe d’un autre pays.

C’est de moins en moins le cas.

En 2018-2019, un total de 116 joueurs et gardiens de la LNH détenaient une clause de non-mouvement (NMC), une clause de non-échange (NTC) et/ou une clause de non-échange modifiée (M-NTC).

Ça représentait alors 16,45 % des contrats de la LNH répertoriés par Puckpedia. Du lot, seulement 45 d’entre eux avaient une clause de non-mouvement.

Pour vous situer dans le temps, la campagne 2018-2019 marquait la première saison des contrats de huit ans de Carey Price et de Connor McDavid… qui se sont conclus cette année.

McDavid ne détenait d’ailleurs aucune de ces trois protections lors des quatre premières années de son entente.

Voilà qu’un peu moins de huit ans plus tard, les clauses se sont multipliées. Elles sont données au même rythme qu’on donne des friandises le soir de l’Halloween.

Lors de la saison 2025-2026, qui se termine présentement avec la finale entre les Hurricanes et les Golden Knights, ce sont 296 joueurs et gardiens de but qui ont bénéficié d’une des trois clauses.

Parmi les contrats de la LNH selon Puckpedia, ce nombre représenterait 34,6 % des joueurs qui font partie d’une formation, plus du double de la proportion de clauses qui étaient actives en 2018-2019. Et du lot, on comptait 113 clauses de non-mouvement.

Voilà donc pourquoi des joueurs comme McCarron, Trent Frederic ou encore Tanner Jeannot – dont le travail dans un rôle de soutien demeure louable – se retrouvent avec des protections aussi importantes.

En sachant ces faits, les clauses ont-elles la même valeur aux yeux des joueurs et des organisations qu’il y a quelques années?

La tangente tend à prouver que même si les équipes distribuent davantage de clauses, elles prennent les précautions nécessaires pour limiter les risques qui y sont liés. Ainsi, le danger de se retrouver les mains liées, comme les Red Wings actuellement avec Dylan Larkin, est diminué.

En général, pour les joueurs de soutien qui décrochent ce genre de clause, les protections diminuent au fil des années.

Le cas de Frederic l’illustre bien. Les quatre premières années de son contrat de huit saisons sont assorties d’une clause de non-mouvement.

Cette dernière se transforme ensuite en clause de non-échange modifiée qui permet à Frederic de soumettre une liste de 10 équipes où il accepte d’être échangé pour les années 5 et 6. Lors des années 7 et 8, Frederic devra remettre une liste de 20 équipes où il accepterait d’être échangé.

D’autres exceptions peuvent également être ajoutées aux différentes clauses. Prenons le cas de McCarron.

Sa clause de non-mouvement devrait normalement forcer le Wild du Minnesota à le protéger dans l’éventualité d’un repêchage d’expansion.

Le Minnesota a toutefois pris ses précautions et le contrat stipule que l’équipe n’aura pas à protéger McCarron obligatoirement dans le cas d’un repêchage d’expansion.

Soyons francs toutefois.

L’octroi des clauses de non-mouvement ou de non-échange à des joueurs de soutien va sans doute donner des maux de tête aux dirigeants dans les prochaines années puisqu’elles vont établir un standard pour les négociations des joueurs de rôle.

L’engagement à long terme

Certains ont sourcillé à l’idée d’apprendre que McCarron avait décroché une clause de non-mouvement, d’autres ont sourcillé en apprenant que McCarron allait être sous contrat jusqu’à l’âge de 37 ans grâce à un contrat de six ans.

Pourtant, les équipes sont de plus en plus enclines à offrir des contrats à long terme puisque cette sécurité offerte sur un plateau d’argent convainc généralement les joueurs de soutien d’accepter une entente.

Le nombre de contrats d’au moins cinq ans est passé de 189 en 2018-2019 à 256 cette année, une augmentation d’environ 35 %.

On peut bien sûr penser aux McCarron, Frederic et Jeannot mentionnés plus haut, mais aussi à des joueurs plus âgés comme Brad Marchand et Charlie Coyle qui ont signé de longues attentes de six ans malgré leur âge.

Bien qu’ils ne soient pas considérés comme des joueurs de soutien, Marchand et Coyle seront respectivement sous contrat jusqu’à 43 et 40 ans.

Que ce soit pour des joueurs de rôle ou des joueurs plus âgés, cette stratégie offre une certaine flexibilité aux organisations. Elles parviennent à offrir le montant d’argent demandé par le joueur convoité tout en conservant une marge de manœuvre à court terme.

Rappelons-nous que la moyenne annuelle de 5,25 M$ acceptée par Marchand a permis à Bill Zito de prolonger les contrats de Sam Bennett et d’Aaron Ekblad l’an dernier.

Cette flexibilité financière à court terme a toutefois un coût : la flexibilité à long terme.

Parce qu’admettons-le : il est bien rare que ce genre d’entente vieillisse bien.

La meilleure manière de contrer cet effet pour les organisations est d’attribuer le plus d’argent possible en début de contrat afin de limiter le salaire de base payé lors des dernières années du contrat.

Le tout permet de réduire l’impact salarial dans le cas d’un éventuel rachat de contrat.

Dans le cas de McCarron, il touchera une moyenne annuelle de 3,33 M$ pour six ans, mais son salaire de base ne sera que de 2,7 M$ annuellement pour les trois dernières années de l’entente.

Si le Wild venait à racheter son contrat avant la saison 2029-2030, la quatrième campagne de son entente, l’équipe sauverait alors 1,8 M$ en espace sous le plafond salarial, comme l’illustre le tableau ci-dessous, tiré de Puckpedia.

SaisonImpact salarial de baseImpact salarial après rachatÉconomies
2029-303,33 M$1,53 M$1,8 M$
2030-313,33 M$1,53 M$1,8 M$
2031-323,33 M$1,53 M$1,8 M$
2032-330 $900 000 $-900 000 $
2033-340 $900 000 $-900 000 $
2034-350 $900 000 $- 900 000 $