MONTRÉAL — Malgré la présence de visages familiers sur la patinoire, notamment ceux de Marie-Philip Poulin, Laura Stacey, Erin Ambrose et de l’entraîneure-chef Kori Cheverie, le renouveau a été le thème central du premier jour du camp d’entraînement de la Victoire de Montréal mercredi à l’Auditorium de Verdun. Avec toutes ses nouvelles venues, ça allait un peu de soi.
Le premier élargissement des cadres dans l’histoire de la Ligue professionnelle de hockey féminin — qui a permis d’ajouter des clubs à Vancouver et à Seattle le printemps dernier — a eu un effet incontestable sur les six clubs originaux, qui ont perdu des équipières appréciées sur la patinoire et à l’extérieur de la glace dans les semaines subséquentes.
La Victoire a été particulièrement touchée avec les départs d’une dizaine de joueuses. Trois d’entre elles ont terminé parmi les cinq meilleures marqueuses de l’équipe, soit les attaquantes Jennifer Gardiner et Abigail Boreen, toutes deux parties à Vancouver, et la défenseuse Cayla Barnes, maintenant à Seattle.
La directrice générale Danièle Sauvageau a renfloué l’équipe en ajoutant six hockeyeuses qui évoluaient avec d’autres formations du circuit l’an dernier. Elles étaient toutes sur la glace mercredi, tout comme les cinq joueuses réclamées à la séance de sélection du 24 juin dernier et six autres qui ont été invitées au camp.
L’objectif sera de créer une unité au sein du groupe aussi rapidement que possible puisque la Victoire jouera son premier match du calendrier dans moins de deux semaines, soit le 23 novembre, au domicile du Fleet de Boston.
« Rassembler un groupe sera toujours un défi, et je pense que l’équipe qui sera capable de le faire dans le peu de temps dont nous disposons sera la mieux placée. Et c’est ce qui ressortait le plus des messages d’aujourd’hui : la rapidité avec laquelle nous pourrons nous rassembler en tant que groupe », a mentionné Cheverie.
Papier sablé
Ce qu’il faut savoir, maintenant, c’est à quel point les nouvelles porte-couleurs de la Victoire apporteront une image différente à une formation qui a connu deux bonnes saisons régulières mais qui n’a toujours pas franchi le premier tour éliminatoire.
La liste inclut les attaquantes Shiann Darkangelo, Jade Downie-Landry et Hayley Scamurra, ainsi que les défenseuses Jessica DiGirolamo et Maggie Flaherty.
Mais l’une des additions les plus intrigantes est celle de l’attaquante Abby Roque, qui se présente à Montréal après deux années à New York, et avec un style de jeu de type « papier sablé », pour emprunter une expression de plus en plus populaire dans le jargon francophone du hockey, mais qui a aussi du talent.
« On sait tous à quel point elle est habile, ce qu’elle peut apporter à une équipe. On est super contentes et fières de l’avoir ici à Montréal », a commenté Poulin.
« Lorsqu’elle a sauté sur la glace et que je l’ai vue avec le chandail de la Victoire, je me suis dit que je ne pouvais pas croire que Abby Roque avait un chandail de la Victoire de Montréal! »
Surtout, Roque arrive avec la Victoire avec enthousiasme, même si elle n’a pas toujours été bien accueillie par les supporters de la formation montréalaise lors de ses escales passées.
« Honnêtement, les fans », a-t-elle pourtant répondu lorsqu’elle s’est fait demander ce qui l’excitait le plus à l’idée de porter l’uniforme de la Victoire.
« J’ai beaucoup joué ici, évidemment contre (les joueuses de la Victoire), il y a eu beaucoup de matchs où j’ai été huée chaque fois que je touchais la rondelle, et c’était génial! C’était la meilleure chose qui soit. Alors, avoir ces fans dans mon camp, ça me rend vraiment enthousiaste », a-t-elle lancé.
Acquise en échange de Kristin O’Neill et d’un choix de quatrième ronde le jour du repêchage, Roque a amassé 30 points en 54 matchs depuis ses débuts dans la LPHF. Toutefois, ce qui ressort de ses propos et de ceux des membres de la Victoire, c’est qu’elle possède un potentiel pour produire davantage en attaque.
« Abby est une joueuse spéciale. Nous avons discuté tout au long de l’été et elle est une joueuse très intelligente qui souhaite s’améliorer constamment. Elle sait qu’au cours des deux saisons passées à New York, elle n’a pas exploité tout son potentiel offensif et n’a peut-être pas atteint les résultats qu’elle aurait souhaité », a reconnu Cheverie.
« Pour elle, c’est donc l’occasion de prendre un nouveau départ, et je pense que c’est ainsi que nous voyons les choses. Nous ne pouvons pas trop nous préoccuper de ce qui s’est passé à New York. Nous nous concentrons simplement sur le fait de l’aider à donner le meilleur d’elle-même. »
D’abord et avant tout, Roque veut jouer des matchs au-delà de la saison régulière, ce qu’elle n’a pas pu réaliser à New York lors de chacune de ses deux saisons, contrairement à la formation montréalaise.
« Mon objectif principal est de participer aux séries éliminatoires. Ce n’est pas seulement une question d’y arriver, c’est une question de gagner », a-t-elle mentionné.
Sur le plan individuel, Roque est la première à reconnaître qu’elle peut en faire plus à l’attaque.
« Ces deux dernières années, en particulier l’année dernière, j’ai beaucoup mieux joué et je pense que j’aurais même pu faire mieux encore. Je vais donc continuer à progresser et m’assurer que cette année, je joue au mieux de mes capacités pendant les 30 matchs. »



