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Au-delà de ses succès, le Rocket a le développement au coeur de ses priorités

Publié le 

Joshua Roy (Jonathan Kozub/Getty Images)

La Ligue américaine est considérée par plusieurs comme la meilleure ligue de développement au monde, mais encore faut-il que les équipes comprennent que chaque parcours vers la LNH est différent. Le Rocket de Laval n’a rien à se reprocher à ce sujet.

Il y a quelques années, le Canadien de Montréal a amorcé une reconstruction qui allait remettre le développement des espoirs au cœur des priorités. À Laval, le mandat est resté le même, mais avec de plus en plus de candidats pour viser une place dans la LNH.

Le Tricolore en a reçu les dividendes cette saison, alors que les attaquants Florian Xhekaj, Jared Davidson, le défenseur Adam Engström et le gardien Jacob Fowler ont pu disputer leurs premiers matchs en carrière dans le circuit Bettman.

La prochaine étape pour eux, et pour plusieurs autres espoirs de la formation lavalloise, c’est maintenant de trouver une façon d’y rester. Et c’est là que l’entraîneur-chef Pascal Vincent et son personnel ont un rôle primordial à jouer.

Vincent a déjà la lourde tâche de préparer le mieux possible l’ensemble de son équipe pour qu’elle gagne ses matchs, mais le développement de ses joueurs va bien au-delà des 60 minutes de temps réglementaire qu’ils doivent vivre de deux à trois fois par semaine.

« Si quelqu’un s’assoyait à côté de moi et de mes adjoints pour décortiquer un match de hockey, ça nous prend environ cinq heures après la partie. Nous regardons tout: le langage corporel, le temps de glace, la façon de revenir au banc, les bâtons, le positionnement des patins, les batailles à un contre un, tout. Nous avons toutes les informations. Les joueurs peuvent me dire qu’ils ont travaillé fort, nous allons leur montrer pourquoi ils l’ont fait ou non. Parce que la vidéo ne ment pas, ce sont les faits », a affirmé l’entraîneur-chef de 54 ans.

« Nous avons une longue liste d’éléments quantifiables pour nous aider à développer un joueur, mais le plus important pour progresser, ce sont les actions concrètes », a-t-il expliqué.

Tous les joueurs souhaitent atteindre la LNH, mais ils ne partent pas tous du même point. Les Nick Suzuki, Lane Hutson ou Ivan Demidov sont plutôt rares dans une organisation, et la plupart des espoirs doivent habituellement passer par la Ligue américaine pour parfaire leurs habiletés et apprendre les rudiments du hockey professionnel.

Comment faire pour accorder de l’importance à chacun d’entre eux sans en perdre en chemin et sans sacrifier la victoire? En plus de 30 ans d’expérience comme entraîneur, Vincent a peut-être trouvé la bonne recette.

« Ce que nous devons faire, c’est donner les outils et la rétroaction que les joueurs ont besoin pour grandir. La projection et la courbe de développement peuvent être différentes d’un joueur à l’autre, alors il faut être comme un GPS dans une voiture. Nous partons d’ici, voici ce que tu as besoin de faire pour arriver à la LNH », a-t-il imagé.

« Tu peux avoir 10 espoirs comme ça dans une équipe, mais tu dois simplement apprendre à les connaître. C’est du temps, de l’investissement de soi, des discussions, de la vidéo ou des compromis, des deux côtés. C’est de comprendre pourquoi ils sont ici. Ensuite, tu dois leur donner une chance de se rendre à la porte de la LNH. Tu dois leur donner du temps de glace et les placer dans des situations précises, pour savoir comment ils vont réagir. Ce sont des choses relativement simples à comprendre, mais qui sont difficiles à accomplir », a-t-il poursuivi.

Environnement adéquat

Les conseils prodigués par les entraîneurs peuvent assurément aider les plus jeunes à progresser, mais les exemples concrets, tant sur la patinoire qu’à l’extérieur, permettent de renforcer le point.

Depuis quelques années, le Rocket s’est fait un point d’honneur d’encadrer ses espoirs en embauchant des vétérans expérimentés, et ces derniers lui ont bien rendu cette saison.

À 34 ans, Alex Belzile connaît les meilleurs moments offensifs de sa carrière, avec 26 buts en 56 parties. Avant de se blesser, Laurent Dauphin trônait au sommet des meilleurs pointeurs de la Ligue américaine. Sans oublier l’apport dans le vestiaire du capitaine Lucas Condotta ou de Tobie Bisson, l’un de ses adjoints.

« Ce qui est aussi super important dans la Ligue américaine, c’est d’avoir de bons vétérans. Nous voulons que nos vétérans performent, et nous sommes heureux de voir Dauphin parmi les meilleurs pointeurs, mais leur priorité, c’est d’être des modèles pour nos jeunes. C’est d’aider l’organisation à développer, a expliqué Vincent. Si tu le fais, peut-être que tu vas rester longtemps avec le Rocket et que tu recevras une lettre sur le chandail, parce que tu effectues le travail le plus important pour nous et que tu aides à pousser les jeunes. À partir de là, comme jeune espoir, tu as tous les outils pour montrer que tu avances. »

Depuis l’arrivée de Vincent derrière le banc, avant la saison 2024-25, l’équipe a également placé la victoire à l’avant-plan.

Lors de la dernière campagne, les Lavallois ont terminé au premier rang du classement général de la Ligue américaine et ils ont atteint la finale de l’Association Est. Cette saison, ils trônent encore au sommet de la section Nord, en vertu d’un dossier de 36-18-5.

Les succès du Rocket sont un peu le miroir de ceux que le Canadien vit actuellement. C’est aussi un élément qui doit être observé lorsque vient le temps de développer un espoir, car le marché montréalais peut être très intransigeant et difficile à gérer. Même pour les vétérans.

« Il faut avoir le plus de données. Les jeunes doivent jouer, mais ils doivent aussi vivre des épreuves et de l’adversité. Est-ce qu’ils s’insèrent bien dans l’environnement du Canadien et du Rocket, avec l’aréna plein, la pression de performer chaque jour et le style de vie à l’extérieur de la patinoire. Il faut constamment gagner en maturité. Le Canadien compte sur des partisans extraordinaires, mais ça peut être exigeant. Nous voulons des joueurs capables de performer là-dedans, à l’intérieur de notre philosophie et de notre culture », a insisté Vincent.

Et si, au passage, ça vient avec une conquête de la coupe Calder, pourquoi pas?