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LAVAL – Luke Mittelstadt aurait aujourd’hui tout un bouquet s’il avait conservé toutes les fleurs qui lui ont été lancées depuis qu’il fait partie de l’organisation du Canadien.
Pendant qu’il progressait sans faire trop de bruit avec les Gophers de l’Université du Minnesota, le défenseur s’attirait les éloges des professionnels habilités à superviser son développement.
« Il ne mesure pas six pieds quatre, mais il joue de manière si intelligente, ses entraîneurs l’adorent et il est très constant. C’est un jeune homme solide », a vanté Rob Ramage, le directeur du développement des joueurs du CH, lors du camp de perfectionnement annuel de l’organisation l’été dernier.
« Il est l’un de mes coups de cœur, avait ajouté Francis Bouillon. Il n’est pas flamboyant, mais pour tous ses matchs universitaires, quand tu regardes mes rapports, ce sont des copier-coller. Il fait tout bien sur la patinoire, il est tellement intelligent. Ce sont ces joueurs qui sont intelligents dans leur jeu qui vont finir par se rendre dans la LNH. Rob et moi, on est deux fans. »
On verra pour ce qui est de ses chances d’atteindre un jour la Ligue nationale, mais Mittelstadt est désormais un joueur de hockey professionnel. Le 13 mars, le Canadien a annoncé sa mise sous contrat après la conclusion d’un stage de quatre saisons au Minnesota. Il s’aligne depuis avec le Rocket de Laval, avec qui il a disputé neuf matchs dans le dernier droit du calendrier.
L’échantillon est assez grand pour que Pascal Vincent joigne sa voix à celles de ses admirateurs de longue date.
« Je comprends ce qu’ils disaient », répond l’entraîneur du club-école, hochement de tête et sourire en coin, lorsqu’on lui demande de valider les vieux rapports de Ramage et Bouillon.
« C’est un jeune homme qui est capable d’exécuter très rapidement ce qu’on lui enseigne, qui s’ajuste très rapidement. Il est tranquille, dans le sens que ce n’est pas lui qui fait le plus de bruit dans la chambre, mais tu sais qu’il est attentif. Il exécute rapidement, il peut bien défendre, ses pieds sont bons, ses batailles sont très bonnes. Rien de flashy, mais tout est très efficace. »
Vincent répète souvent qu’il faut s’armer de patience avant de voir un défenseur maîtriser les subtilités de sa position une fois franchi le seuil du hockey professionnel. Il a servi cette rengaine dans les deux langues officielles chaque fois qu’un observateur s’enquérait des progrès ou des écueils d’un Logan Mailloux, Adam Engström ou David Reinbacher.
Mittelstadt, un choix de septième ronde à sa troisième année d’admissibilité au repêchage de la LNH, ne génère pas les mêmes attentes que les trois confrères ci-haut mentionnés. Et contrairement à Engström et Reinbacher, il n’a pas eu à s’ajuster à des paramètres différents sur la glace (dimension de la patinoire) ou à l’extérieur (découverte d’une nouvelle culture).
Reste que sa capacité d’adaptation impressionne Vincent.
« C’est rare de voir un défenseur qui arrive à ses premiers pas dans une ligue professionnelle et qui est capable de mettre tout de suite les morceaux du puzzle et d’amener ça constamment. »
— Pascal Vincent
Avec Reinbacher
Un puzzle? L’impressionnante intégration de Mittelstadt avec sa nouvelle équipe s’apparente davantage à l’uniformisation d’un Cube Rubik les yeux fermés.
L’Américain de 23 ans, qui n’a jamais fait plus de 21 points dans une saison en NCAA, a logiquement hérité d’un rôle défensif à son arrivée à Laval. Cependant, ses responsabilités se sont multipliées sur une base hebdomadaire. Avant longtemps, il s’est retrouvé à la gauche de Reinbacher sur la première paire de défenseurs. Et le week-end où Vincent a poussé l’audace à le placer sur la première vague de l’avantage numérique, le Rocket a marqué six buts en huit occasions dans ces circonstances.
« Je ne pourrais pas te dire c’est quoi son potentiel maximum parce que jusqu’à présent, chaque fois qu’on le met dans une situation un peu plus difficile, il réagit bien, constate Vincent. Au début, il a commencé cinquième ou sixième défenseur et il a bien réagi. Après on lui a donné un peu plus de temps de glace contre des trios un peu plus difficiles, il a bien réagi. On l’a mis sur la première combinaison de défenseurs contre les meilleures lignes adverses, il a bien réagi. Après on s’est dit : “Ok, il continue à bien réagir, on va le mettre sur le jeu de puissance...” Je ne sais pas jusqu’où on va se rendre, mais présentement, c’est intéressant! »
« Honnêtement, je n’avais aucune idée à quoi m’attendre, réagit la recrue en revenant sur ses premières semaines au Québec. Je me joignais à une bonne équipe et je n’avais aucune idée [où je cadrerais], mais je pense que plus on m’en a donné, plus j’ai été capable de faire mes preuves. C’est ce que j’essaierai de continuer à faire. »
Mittelstadt a déjà déjoué les attentes dans le passé. À sa première saison au Minnesota, il faisait partie d’une équipe gorgée de talent. La brigade défensive comptait notamment sur Brock Faber et Jackson LaCombe, aujourd’hui respectivement avec le Wild du Minnesota et les Ducks d’Anaheim.
C’est pourtant lui, après la défaite en finale du championnat national, qui a été nommé sur l’équipe d’étoiles du tournoi. L’été suivant, le Canadien utilisait le 197e choix du repêchage pour s’approprier ses droits.
Trois ans plus tard, il pourrait bien utiliser les séries éliminatoires de la Ligue américaine pour sortir encore un peu plus de l’ombre.







