LAVAL – Des joueurs qui réapparaissent dans la Ligue américaine après un séjour dans la LNH et qui peinent à y retrouver leur motivation d’antan, Pascal Vincent en a vu passer un et un autre. Il ne croit pas que ça sera le cas de David Reinbacher.
« C’est vrai que ça arrive, et ça arrive régulièrement. Mais tu sais, si tu descends pour le match 38 de la saison régulière, c’est un peu différent que si tu reviens pour les séries, relativisait l’entraîneur du Rocket de Laval lundi. Alors je ne pense pas que ça sera un problème. »
Reinbacher, qui a joué les deux premiers matchs de ce qu’il souhaite être une longue carrière avec le Canadien il y a deux semaines, semble en effet être revenu à Laval avec la bonne attitude. Le CH l’a cédé à son club-école dimanche soir après sa défaite dans le quatrième match de sa série contre le Lightning de Tampa Bay. Il aura maintenant la chance de faire son propre chemin en séries alors que le Rocket se prépare à commencer son tournoi contre les Marlies de Toronto.
« Je crois avoir joué deux très bons matchs et avoir démontré ce que je peux apporter à l’équipe, a dit le jeune Autrichien lundi matin à la Place Bell. Évidemment, j’aurais voulu rester, mais l’équipe est sur une bonne lancée et c’est important pour moi de jouer. C’est pourquoi ils ont pris cette décision. Ici, de grosses minutes m’attendent. »
La bonne attitude, disait-on. Et aussi beaucoup de confiance.
Reinbacher, qui vient de disputer pour la première fois ce qui s’apparente à une saison complète en Amérique du Nord – il a pris part à 57 des 72 matchs du Rocket – a longtemps été vendu comme un projet à long terme. Ses performances contre les Islanders de New York et les Flyers de Philadelphie lui donnent le goût de dire que le temps a peut-être fait son œuvre.
« Je crois que j’ai ma place dès maintenant à ce niveau, clame le défenseur de 21 ans. C’est juste une question de temps, que les choses se tassent à ma position, mais je crois que je suis rendu là. Je l’ai démontré avec de bons résultats et je suis décidé à travailler fort chaque jour pour prouver que je pourrai y être dès l’année prochaine. »
Pour améliorer ses chances d’atteindre son objectif, Reinbacher gagnerait à s’inspirer du parcours d’Adam Engström en s’immisçant au cœur d’une longue poussée printanière du Rocket.
L’an dernier, après une première saison dans la Ligue américaine, Engström était passé à la vitesse supérieure en séries éliminatoires. Son coup de patin et ses instincts offensifs l’avaient fait ressortir du lot alors que le Rocket abattait les obstacles jusqu’à la demi-finale de l’Association Est. « Il est en train de se donner beaucoup de chances de jouer dans la Ligue nationale », avait dit Pascal Vincent entre deux performances inspirées.
Il avait vu juste. Cette année, le Suédois a disputé ses 15 matchs avec le Canadien.
Évidemment, Engström et Reinbacher sont deux défenseurs différents qui cheminent avec un bagage, des atouts et des attentes qui leurs sont propres. De nombreux facteurs influenceront les chances du cinquième choix du repêchage de 2023 d’obtenir un casier au Centre Bell l’an prochain. Il ne nuirait certainement pas à sa cause s’il marquait les esprits comme Engström l’a fait avant lui.
« C’est sûr que ça serait le fun pour lui et un paquet de joueurs, mais je veux juste voir une constance, réagit Vincent à cette théorie. Dans le cas d’Engström, c’était juste une continuité de comment il avait progressé durant toute l’année., Avec Reinbacher, si nos attentes étaient moins que ça, je ne pense pas qu’on le pousserait assez pour devenir le joueur qu’il peut devenir. »
« Je veux voir une continuité dans sa progression, a résumé l’entraîneur, toujours soucieux de réduire les attentes envers le grand droitier. Et parfois, cette progression, c’est juste une constance dans ce qu’il a atteint. Et je pense que si on atteint ça, on est correct. »
« Pour moi, séries ou pas, ça ne change rien, dit Reinbacher en faisant la moue. Chaque jour, que ça soit la saison ou les séries, est une occasion de m’améliorer, de me développer, de faire un pas de plus. Mais c’est sûr que c’est plaisant de jouer en séries. Tout est plus difficile, les confrontations sont plus corsées. C’est pour ça qu’on travaille toute l’année. »
Avant d’être prêté au Rocket, Reinbacher a assisté aux deux matchs entre le Canadien et le Lightning dans les hauteurs du Centre Bell. Il a pu y prendre des notes sur les petites subtilités du sport et de sa position dans un contexte où « le moindre petit détail compte ». Il a surtout pris une grande bouffée de passion, celle des milliers de supporteurs qui s’époumonnaient sous ses yeux. Toute sa tête est à Laval, mais c’est là qu’il entend jouer un jour. Plus tôt que tard.
« C’est le but, de me rendre là un jour, d’y jouer et d’aider l’équipe à gagner. Gagner une Coupe Stanley ».
Beaucoup de confiance, disait-on.






