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Équipe Canada : l’empreinte de Jon Cooper

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MONTRÉAL - Sidney Crosby et Connor McDavid seront les points d’ancrage des deux premiers trios du Canada lors des Jeux olympiques de Milan-Cortina en février prochain.

Ils transporteront le pays tout entier sur leurs épaules et la pression de se faire passer la médaille d’or au cou. Pas l’argent, pas le bronze. L’or et rien d’autre!

Crosby et McDavid compteront sur l’aide ô combien précieuse et nécessaire des Nathan MacKinnon, Sam Reinhart, Mitchell Marner et du jeune Macklin Celebrini qui, malgré ses 19 ans et le fait qu’il dispute sa deuxième saison seulement dans la LNH, s’est déjà hissé au sein de l’élite de la LNH. Pas seulement en matière de production offensive – il occupe le troisième rang des marqueurs avec ses 21 buts et 60 points –, mais aussi en matière de responsabilités défensives sur la patinoire comme le confirme son différentiel de plus 13 avec un club encore très jeune et inexpérimenté comme les Sharks de San Jose. Celebrini a terminé sa première saison l’an dernier avec un différentiel de moins 31. Une amélioration de 44. Ce n’est pas rien. C’est même phénoménal.

D’où l’obligation des dirigeants d’Équipe Canada de faire une place à celui qui remplacera un jour les Crosby, MacKinnon, McDavid.

Brayden Point pilotera sans doute – à moins d’être muté à l’aile d’un des deux premiers trios – le troisième trio du Canada. Le trio de confiance de Jon Cooper qui confiera à cette unité le mandat de museler autant que faire se peut les meilleurs trios que le Canada croisera dans sa quête de se rendre jusqu’à la médaille d’or.

Parce qu’il sait exactement à quoi s’attendre de lui, parce qu’il l’enverra sur la patinoire sans crainte aucune dès que le Canada se retrouvera en désavantage numérique, Jon Cooper a dû fortement suggérer la sélection d’Anthony Cirelli.

Des joueurs écartés de la liste finale – le Canada et ses rivaux pourront toutefois remplacer des joueurs blessés jusqu’à l’ouverture du tournoi olympique – affichaient des résultats supérieurs à ceux de Cirelli. Je pense entre autres ici à Mark Scheifele des Jets de Winnipeg.

Mais Cooper s’est servi de son pouvoir autour de la table de l’état-major pour favoriser les joueurs à qui il tenait vraiment. Et ce qui est vrai pour Cirelli l’est sans l’ombre d’un doute aussi pour Brandon Hagel. Un autre de « ses » joueurs avec le Lightning.

La polyvalence de Suzuki et Horvat

On retrouve aussi l’empreinte de Cooper dans la sélection de Nick Suzuki et Bo Horvat.

Comme Suzuki avec le Canadien, Horvat est la pierre d’assise de l’attaque des Islanders de New York cette année.

Comme Suzuki, Horvat sera toutefois un joueur de soutien à Milan. Avec Point au sein d’un troisième trio? Au centre d’un quatrième trio?

Peu importe!

Ces deux joueurs, en plus de leur talent, offrent une polyvalence dont Jon Cooper et les membres de l’état-major ne pouvaient se passer. Comme l’expérience de Mark Stone et Brad Marchand, à l’attaque, et celle de Drew Doughty à la ligne bleue.

Suzuki et Horvat offrent une polyvalence supérieure à celle des Seth Jarvis et Travis Konecny, présents lors de la Confrontation des quatre nations, mais écartés en vue des JO. Même en santé, je ne crois pas que Jarvis aurait pu rivaliser avec les candidatures de Suzuki et Horvat.

Comme Sam Bennett n’a pu rivaliser avec la candidature de Tom Wilson.

Wilson peut marquer des buts. Il a d’ailleurs enfilé ses 20e et 21e en plus d’ajouter une 19e mention d’aide dans la victoire de 6-3 des Caps aux dépens des Rangers mercredi après-midi. Une performance qui a permis à Wilson de saluer sa sélection au sein d’équipe Canada.

Wilson peut aussi assener de solides et très solides mises en échec. Ce qu’il a d’ailleurs fait face aux Rangers.

Il peut aussi jeter les gants dans l’éventualité où les frères Brady et Matthew Tkachuk décidaient de refaire le coup d’éclat qui a marqué le premier duel Canada-USA au Centre Bell en février dernier lors de la Confrontation des quatre nations.

Et le plus beau dans la sélection de Wilson – une sélection nécessaire qui devrait être saluée unanimement –, c’est que le gros ailier droit a acquis une maturité certaine. Il frappe toujours avec autant de puissance qu’il ne le faisait. Mais il ne défile plus devant le préfet de discipline de la LNH, parce qu’il a réalisé où était la ligne séparant la légalité et l’illégalité et parce qu’il s’assure de la respecter.

Défense intacte et un brin lente

Parce que le Canada comptera sur le meilleur défenseur sur la planète hockey en ce moment, Cale Makar, parce que le Canada comptera sur le meilleur duo de la LNH au grand complet avec Makar et son complice Devon Toews, un duo qui passera 22, 24, 25 minutes sur la patinoire par match, il est difficile de soulever des doutes sur la brigade canadienne.

La même que lors de la Confrontation des quatre nations en février dernier.

Shea Theodore et Josh Morrissey sont très bons. Travis Sanheim aussi. Colton Pareyko a aussi une valeur certaine. Mais il est un brin lent. Drew Doughty l’est plus encore. Ce qui pourrait ouvrir la porte à Thomas Harley au sein du top-6.

Et c’est pour donner plus de vitesse à cette brigade défensive que je militais pour la candidature de Mike Matheson qui aurait aussi permis au Québec d’avoir un représentant au sein d’Équipe Canada.

Ce qui n’est pas une injustice en passant, mais bien un reflet de la nouvelle réalité de la Belle Province en fait de représentation au sein de l’élite du hockey dans la LNH.

Binnington – Kuemper – Thompson

Autre nouvelle réalité du Canada dans la LNH, réalité qui a d’ailleurs un lien avec la baisse de visibilité du Québec, le Canada est loin de compter sur un ou des gardiens capables non seulement de rassurer une nation en entier, mais d’intimider les pays ennemis.

Comme Carey Price le faisait. Comme Martin Brodeur et Roberto Luongo l’ont fait avant lui.

Binnington a gagné une coupe Stanley avec les Blues de St Louis. Il a gagné la Confrontation des quatre nations il y a dix mois.

Darcy Kuemper a gagné la coupe Stanley avec le Colorado.

Logan Thompson? Il présente les meilleures statistiques des trois, mais tout ce qu’il a gagné au fil des dernières années, c’est un poste de numéro un avec les Capitals de Washington.

Après sa victoire en février dernier et compte tenu du fait qu’il compte sur l’appui inconditionnel de Jon Cooper, on peut prétendre que Binnington détient le poste de numéro un. Ce sera à lui de le conserver.

S’il le perd?

J’aurais davantage fait confiance à Mackenzie Blackwood. Surtout qu’il se serait senti en pays de connaissance derrière une équipe canadienne qui sera aussi forte sur la scène olympique que l’Avalanche du Colorado l’est dans la LNH cette année.

Mais bon!

J’avais misé sur Nick Suzuki, Bo Horvat, Macklin Celebrini et Tom Wilson pour se tailler une place au sein d’équipe Canada. Cela fait certainement contrepoids aux exclusions de Blackwood, Mike Matheson et Mark Scheifele.

Bon réveillon et compte à rebours vers une année 2026 que je vous souhaite belle, bonne, festive, remplie d’amour et surtout marquée par la santé. La vôtre et celle de vos proches.

On reconnecte après le match du Canadien en Caroline.