Jeux olympiques

Le Danemark est motivé par le « derby du Groenland » contre les États-Unis

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PHOTO D'ARCHIVES - Les joueurs danois célèbrent leur victoire 2-1 en quarts de finale du Championnat du monde de hockey sur glace, le 22 mai 2025, à Herning, au Danemark. (Bo Amstrup/Ritzau Scanpix via AP, Photo d'archives) (Bo Amstrup)

Les athlètes danois entrant dans le stade lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Milan-Cortina ont incité Davide Livermore, commentateur de la chaîne Eurosport, à mettre l’emphase sur un match de hockey masculin à venir.

« Le grand derby décisif de la Saint-Valentin sur la patinoire, compte tenu de tout ce qui se passe actuellement au Groenland, opposera les États-Unis au Danemark, a souligné Livermore. Le derby du Groenland, comme personne ne l’appelle encore. »

Les déclarations du président américain Donald Trump ces dernières semaines sur la prise de contrôle du Groenland ont ravivé la fierté nationale au Danemark, auquel appartient cette île semi-autonome. Le fait que les deux équipes s’affrontent justement aux Jeux olympiques de Milan-Cortina n’est pas une motivation supplémentaire pour les joueurs, bien que cela leur donne l’occasion de surfer sur une vague de patriotisme en tant que grands négligés.

« Je pense que nous allons simplement essayer de gagner un match de hockey, a évoqué l’ex-attaquant de la LNH, Alexander True. Nous ne pensons à rien d’autre qu’au match de hockey. »

Pour beaucoup de gens dans leur pays, c’est bien plus qu’un simple match de hockey.

Les spectateurs et les partisans semblent plus attentifs à l’aspect géopolitique qu’aux membres de l’équipe nationale. Le mois dernier, des milliers de personnes ont défilé en soutien au Groenland, et des centaines d’anciens combattants ont brandi des drapeaux danois lors d’une manifestation silencieuse dans la capitale, Copenhague.

« La politique et tout ce qui se passe dans le monde ne sont pas des sujets qui nous préoccupent pour le moment, a assuré l’attaquant Nicklas Jensen. Mais bien sûr, jouer contre les États-Unis, c’est quelque chose de spécial. C’est peut-être la meilleure équipe de leur histoire, donc ce sera un défi difficile à relever. »

Mais c’est un défi que Jensen et ses coéquipiers espèrent pouvoir relever pour démontrer tout le chemin parcouru par ce petit pays de six millions d’habitants dans le hockey. Le Danemark était dans la division B, deuxième division, jusqu’en 2003, et il ne s’était pas qualifié pour les Jeux olympiques avant il y a quatre ans à Pékin.

Aujourd’hui, le Danemark participe aux Jeux pour la deuxième fois consécutive, grâce à une pépinière de joueurs qui ont rejoint la LNH et inspiré d’autres compatriotes. Frans Nielsen a ouvert la voie vers la LNH, suivi de Jannik Hansen, Lars Eller, Frederik Andersen et Nikolaj Ehlers, entre autres.

« Ç’a été un long processus, mais nous avons produit et continuons de produire des talents de haut niveau à partir du petit bassin de joueurs dont nous disposons, a évoqué le défenseur Oliver Lauridsen. Je pense que le fait que nous ayons pu performer sur la plus grande scène, avec l’équipe nationale, contribue également à former la prochaine génération de joueurs de hockey. »

Loin de se sentir intimidé, True a déclaré que ses coéquipiers et lui n’avaient rien à perdre et que le fait d’être considérés comme les négligés «nous permet de jouer plus librement et de moins serrer le bâton». Cette pression énorme n’est pas nouvelle, et les joueurs l’accueillent même avec enthousiasme.

« On abordera peut-être chaque match en tant que négligés, mais c’est ce qui nous plaît, a déclaré Jensen. On adore surprendre. On a un groupe très fier et soudé qui attend ce tournoi avec impatience. »