MONTRÉAL – Si c’était effectivement la dernière danse de Samuel Piette avec l’équipe nationale canadienne, il a eu droit à la totale.
Il a livré un discours émouvant, parole de Jesse Marsch, avant la rencontre. Il a été accueilli par les membres de sa famille sur le terrain. Il est entré dans le match en enfilant le brassard de capitaine sous les acclamations de la foule. Puis il a dirigé les célébrations d’après-match devant les supporteurs après une victoire de 2-0 contre le Pérou.
« Ça fait plaisir, ça fait chaud au cœur, c’est sûr, a récapitulé le vétéran après sa 70e apparition dans le maillot canadien, un sommet pour un joueur québécois. Je pense qu’on fait justement ce métier-là, ce sport-là pour vivre des émotions comme ça. Je remercie les partisans et Jesse Marsh pour le geste qu’il m’a proposé, qu’il m’a offert. Ça vaut beaucoup. »
« Je ne m’attendais à rien de moins, en toute honnêteté. Connaissant les partisans à Montréal, on aime nos gens, on aime notre sport, on aime notre équipe. J’ai reçu un bel accueil et c’est grandement apprécié. »
Piette semblait se préparer à entrer dans le match à la 62e minute, quand Marsch a pris la décision inusitée de remplacer ses dix joueurs de champ d’un seul coup. Finalement, le Québécois a remis son dossard de substitut et s’est finalement approché du quatrième officiel quatre minutes plus tard. Il a ainsi pu franchir la ligne de touche avec l’exclusivité des projecteurs, juste après que Stephen Eustaquio lui a eu passé le brassard autour du biceps.
« On voulait que son entrée dans le match soit un peu différente des autres pour s’assurer qu’il soit célébré de la bonne façon », a dit Marsch. L’entraîneur a aussi considéré rappeler Piette au banc à la toute fin du match quand est venu le temps de donner quelques minutes à son coéquipier chez le CF Montréal Luca Petrasso, question de l’exposer à une dernière ovation. « Mais Richie [Laryea] s’est pris un jaune et il a fallu le sortir du terrain », a expliqué le sélectionneur en souriant.
Et le terrain, lui? Piette, qui avait clairement indiqué qu’il ne voulait pas que cet hommage organisé par Canada Soccer soit présenté comme l’annonce de sa retraite internationale, a eu l’air de s’y éclater. Il s’est mis le nez dans tous les secteurs de jeu, combinant avec ses coéquipiers aux abords de la surface et récupérant des ballons plus bas sur le terrain, dans son registre habituel.
Il s’est même offert une « semi-chance de frapper » vers le but, du haut de la surface de réparation, une poignée de secondes durant lesquelles la foule a retenu son souffle dans l’expectative d’un inoubliable coup d’éclat.
« Ça aurait été un moment incroyable pour lui et pour tout le stade », rêvassait Marsch en rétrospective.
Piette a toutefois assuré qu’il ne cherchait pas la gloire pendant la trentaine de minutes qu’il a passée sur la surface gazonnée. « Même pas! Je sais que ce n’est pas mon style et ce n’est pas dans mes responsabilités. Mais en dominant le match, comme on l’a fait depuis le début je pense, c’est sûr qu’on était un peu plus haut sur le terrain. C’est là aussi que Jesse veut ses milieux de terrain, pour qu’on soit prêts à récupérer le ballon près du but adverse quand on le perd. J’en ai récupéré quelques-uns. J’ai aimé être sur le terrain, j’ai aimé représenté mon pays une autre fois. »
Y en aura-t-il d’autres? Les deux dernières années ont permis à tout le monde de comprendre que le profil de Piette ne cadre pas dans les plans de Marsch. Ce dernier a été bon politicien, samedi, vantant la performance de son invité et assurant qu’il continuerait d’être « sur notre radar ».
Le principal intéressé, lui, croit avoir montré « que j’ai encore les jambes, que je suis encore capable de performer, d’être au niveau de l’équipe nationale et des joueurs qui m’entourent. »
« Ce n’est pas un secret pour personne, je pense que le niveau et la qualité individuelle de chaque joueur ici sont de plus en plus élevés. Des gars jouent dans des grands clubs européens, d’autres font très bien en MLS. Le fait de pouvoir me comparer un peu à chaque entraînement cette semaine, mais aussi dans le match contre une bonne équipe comme le Pérou, ça me permet de m’évaluer. Est-ce que je suis en retard? Est-ce que j’ai perdu le niveau? Personnellement, je me suis bien senti. »
La victoire du Canada, sa première à Montréal depuis la visite de Curaçao en 2017, a été scellée par un doublé de Jacob Shaffelburg en première demie.
Owen Goodman, troisième gardien de l’équipe à la plus récente Coupe du monde, a joué son tout premier match pour l’écusson unifolié. Il a eu la tâche assez facile, ne faisant face à aucun tir cadré, pour enregistrer le jeu blanc.
Vainqueur contre le Chili la semaine dernière à Toronto, le Canada tentera de conclure une fenêtre parfaite mardi prochain alors qu’il se frottera à ses rivaux américain dans un match présenté au Minnesota.





