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Eullaffroy fustige les officiels : « Il y a un manque de respect total »

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MONTRÉAL – « Soit qu’on a 19 000 idiots dans l’assistance, soit c’est nous qui ne comprenons rien au foot. On a vraiment l’impression qu’ils nous prennent pour des moins que rien. Il y a un manque de respect total. »

Cette réponse de Philippe Eullaffroy, l’entraîneur-chef du CF Montréal, était aussi percutante que le CV d’Alexis Sanchez.

Le pilote du club montréalais n’avait rien à cirer de l’amende que l’organisation allait probablement recevoir après cette sortie publique. Un message devait être passé et il a été limpide.

« Face à ces gens-là, on a l’impression qu’on est des ignorants du jeu. C’est problématique et ce n’est pas la première fois », a ajouté Eullaffroy qui a pourtant une riche expérience en soccer.

Avant de poursuivre son envolée explosive, précisons qu’elle faisait référence à une action survenue à la 43e minute du duel contre le Galaxy de Los Angeles. Le CFM menait déjà 1-0 quand Matty Longstaff a été fauché dans la surface de réparation, mais aucun penalty n’a été imposé.

La reprise semble pourtant démontrer que Longstaff aurait pu marquer s’il n’avait pas été projeté au sol par le pied de Maya Yoshida.

« On a 20 000 personnes qui ont revu la séquence 10 fois ou 25 fois et ils disent tous à 97 % - j’ai fait un sondage – qu’il y avait penalty », a exposé le volubile entraîneur.

« Demain (dimanche), on va recevoir une belle lettre de la MLS : ‘On s’excuse, il y avait…’ », a deviné Eullaffroy.

Plus tard, dans son point de presse, Eullaffroy est revenu au bâton avec quelques frappes plus subtiles, mais savoureuses dont en expliquant le manque de finition offensive de sa troupe.

« En plus, on joue toujours contre 12 joueurs, donc c’est quand même compliqué », a-t-il dit en insinuant que l’arbitre s’ajoutait aux onze adversaires.

Quelques minutes avant lui, l’attaquant Daniel Rios avait lancé le bal en se permettant, lui aussi, de trancher de manière claire qu’un penalty s’imposait.

« Oui, à 100%, il n’y a aucun doute. S’il ne tombe pas, il marque. »

Quelle équipe se présentera jusqu’au dernier match ?

Cette décision a empêché le club montréalais de doubler son avance. Le Galaxy n’en demandait pas tant et il a riposté avec deux buts consécutifs pour faire craindre le pire à la salle comble au Stade Saputo.

Prince Owusu, encore lui, a sauvé les meubles en créant l’égalité pour hériter d’un point de classement. Mais, a posteriori, le CF Montréal ne pourra guère s’empêcher de se dire qu’il aurait dû remporter ce duel et plutôt récolter trois points dans sa course aux séries.

« On a bien réagi, mais ce n’est pas trois points, c’est juste un. Dans la course serrée, chaque point compte presque double alors il va falloir qu’on aille les chercher. Ça devient des mathématiques. Des nuls, ce ne sera pas assez pour accéder aux séries, c’est aussi simple que ça », a reconnu Eullaffroy.

Pour revenir à cette finition offensive qui n’est pas assez présente, l’entraîneur a présenté ce portrait.

« On est plus en réaction dans les mouvements dans la surface qu’en action. Ce qui fait qu’on est toujours un peu attentiste. Deuxième chose, on est un petit peu tendres dans la boîte, sauf Prince qui a plus cet aspect de finisseur », a-t-il noté alors que plusieurs exercices sont consacrés à corriger le tout.

Au terme de ce duel parfois échevelé, parfois frustrant et parfois excitant pour les partisans du CFM, Eullaffroy a lancé ce message à ses protégés après la partie.

« J’ai voulu leur faire prendre conscience qu’on ressemblait, en première demie, à une équipe qui ne ferait pas les séries et, en deuxième demie, à une équipe qui se classerait. C’est à eux de choisir et leur réponse était claire », a confié l’entraîneur.

« On voulait tout faire pour gagner le match. Le support des partisans était merveilleux, particulièrement dans ce match, on pouvait le sentir. Un point, ce n’est pas ce qu’on voulait, on tenait à gagner. On voit le classement et les points échappés, mais on se soucie davantage de notre manière de jouer et on va se battre jusqu’à la fin. On n’est qu’à trois points de la neuvième place », a conclu Rios avec un mélange de déception et d’optimisme.