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Un mince espoir auquel s’accrocher pour le CF Montréal

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MONTRÉAL – La victoire du CF Montréal contre les Whitecaps de Vancouver en demi-finale du Championnat canadien n’a eu aucune incidence sur le classement de la MLS. Sur papier, l’avenir à court terme du Bleu-blanc-noir est toujours aussi sombre.

Depuis sa défaite au Colorado le week-end dernier, Montréal reste à onze points de la dernière place donnant accès aux séries dans son côté du tableau. Avec neuf matchs à jouer, l’image utilisée la semaine précédente par Philippe Eullaffroy dépeint avec une justesse douloureuse la réalité de son équipe : celle-ci a maintenant besoin de jumelles pour garder un regard clair sur son objectif.

Un constat s’impose tout de même : si elle n’a pas rapporté trois points, la performance contre la meilleure formation de l’Association Ouest a ravivé l’espoir.

« On a battu la meilleure équipe de la MLS et j’insiste là-dessus », clamait mercredi soir Eullaffroy dans un élan d’enthousiasme factuellement inexact – Nashville domine en fait le circuit Garber avec huit points d’avance sur Vancouver – mais compréhensible.

« Ça paraît peut-être comme une victoire à domicile normale, mais ils avaient mis leur meilleur alignement sur le terrain. Ce que ça fait, c’est qu’au-delà de nous qualifier pour la finale, ça nous envoie le message que si on est capables de battre cette équipe-là, pourquoi on ne serait pas capables de battre les autres? »

Le CF Montréal n’avait réussi à vaincre qu’un seul adversaire de MLS entre le retour de la pause de la Coupe du monde en juillet et son triomphe inattendu contre Vancouver. Deux mois au cours desquels les frustrations ont été nombreuses et l’impression d’avoir laissé des gains comptables sur la table récurrente.

Mais dans cette séquence englobant onze parties, rarement l’a-t-on vu être complètement déclassé. Avec le recul, la varlope de 7-1 subie fin août à Miami ressort davantage comme une anomalie qu’un signal d’alarme.

Pour Eullaffroy, l’exploit accompli contre les rivaux Vancouvérois confirme que les courtes défaites précédentes contre les grosses pointures de l’Est recelaient du bon et qu’il n’est pas trop tard pour que ses hommes en appliquent les leçons et en retirent des récompenses concrètes.

« On a montré qu’on est capables, dans le jeu, d’être au même niveau que beaucoup de très bonnes équipes. On sait qu’on ne terminera pas premiers de la poule, ça c’est clair, mais à chaque fois qu’on commence un match, quel que soit l’adversaire, on a assez de qualité pour pouvoir gagner. »

Prince Owusu, auteur d’un doublé mercredi, affirme que la victoire contre Vancouver a été précédée par une volonté, exprimée dans le vestiaire, de laisser tout le bagage accumulé depuis le début de la saison dans le passé et d’amorcer une réinitialisation. Pour reprendre un vieux gag de Pérusse, les joueurs de l’Impact ont appuyé sur le « petit bouton RESET ».

« Ce match était la première étape et je crois qu’on a fait un gros pas en avant. Maintenant on va prendre cette énergie et la transporter avec nous dans la ligue. »

Ironiquement, le CF Montréal aura l’occasion d’amorcer cette relance de la dernière chance contre un ancien entraîneur qui a piloté, il n’y a pas si longtemps, une résurrection d’une ampleur similaire. C’est en effet le Crew de Columbus de Laurent Courtois qui sera en ville samedi.

En 2024, la seule saison complète de Courtois à la barre du CF Montréal, l’équipe s’était qualifiée de justesse pour les éliminatoires après avoir maintenu une fiche de 5-1-1 à ses sept derniers matchs.

Courtois est à la tête du Crew sur une base intérimaire depuis le congédiement de Henrik Rydström en mai. Sous sa supervision, l’équipe a maintenu une fiche de 3-7-1. Elle occupe le 13e rang dans l’Est, deux points devant Montréal.

Columbus s’est toutefois qualifié pour la finale de l’U.S. Open Cup, l’équivalent américain du Championnat canadien, en battant Orlando mercredi.

Owusu « au-delà de ses limites »

Il a beaucoup été question de l’acquisition, de l’intégration et de l’éventuelle contribution d’Alexis Sánchez dans les dernières semaines. À l’annonce de son arrivée, le joueur désigné personnifiait l’ambition de son nouveau club, l’espoir de le voir se ressaisir au cœur d’une saison difficile.

Les semaines passent et il faut se rendre à l’évidence : l’impact du vénérable Chilien est modeste et c’est Owusu qui, sur ses larges épaules, continue de transporter le gros des responsabilités offensives du club.

Sánchez était sur le banc pour le début du match le plus important de l’année au Stade Saputo. Quand il a finalement fait son entrée dans le match à la 71e minute, Owusu avait déjà pris les choses en main avec un doublé.

L’attaquant allemand a inscrit 16 buts – 13 en MLS et trois en Championnat canadien – cette saison. Il ne lui en manque que deux pour surpasser son total de l’an dernier. Son arrivée en provenance de Toronto à l’hiver 2025 n’avait pas généré beaucoup d’enthousiasme. Il faut aujourd’hui la considérer comme l’un des meilleurs coups de Luca Saputo depuis son entrée en poste.

« J’ai une relation particulière avec ce joueur, a dit Eullaffroy, qui le qualifie de joueur “énorme” et “sous-coté”. Avant le match il m’a dit : “Coach, je suis prêt à aller au-delà de mes limites”. Il y est allé. À la toute fin, il avait des crampes. Il dit que ça ne lui était pas arrivé depuis qu’il était U12. Mais il a vraiment poussé. Il me rend la confiance que j’ai en lui. »