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Championnat canadien : au tour des Roses de rêver

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LAVAL – Dès le premier camp d’entraînement de l’histoire des Roses de Montréal, Marinette Pichon voyait grand. La directrice sportive rêvait déjà au jour où son équipe se qualifierait pour la Coupe des champions féminine de la CONCACAF.

À l’époque, l’accès à cette toute jeune compétition qui a vu le jour en 2024 n’était même pas encore défriché pour les équipes de la Super Ligue du Nord. Le chemin est aujourd’hui tracé et les Roses s’y engageront mercredi soir alors qu’elles disputeront le premier match de leur existence en Championnat canadien.

Les amateurs de soccer du Québec connaissent bien le Championnat canadien et ses implications. Chez les hommes, l’Impact de Montréal l’a remporté cinq fois entre 2008 et 2021. La compétition lui a servi de porte d’entrée vers quelques-uns des plus glorieux moments de son histoire, nommément ses chevauchées épiques en Ligue des champions de la CONCACAF en 2009 et en 2015.

Plus récemment, en 2024, le tournoi a mis sur la mappe le club semi-professionnel montréalais du CS Saint-Laurent grâce à sa proposition courageuse contre Toronto FC lors d’une mémorable soirée de printemps au Complexe sportif Claude-Robillard. Le FC Supra du Québec, à sa première année en Première Ligue Canadienne, vient tout juste d’en atteindre le carré d’as et rêve d’une confrontation toute québécoise en finale contre le CF Montréal.

Les Roses ont maintenant l’occasion de créer le même genre de souvenirs. Elles se lanceront dans le tournoi à huit équipes – les six de la SLN et deux clubs de Premières Ligues de soccer du Canada – en affrontant les Rovers FC de Simcoe County, doubles championnes en titre de la Ligue1 Ontario.

« C’est juste fabuleux de pouvoir se mesurer sur une scène nationale en mettant de l’avant nos valeurs et aussi de la qualité pour montrer de quoi on est capables », se réjouissait Pichon lorsque nous l’avons contactée le mois dernier, quelques jours après l’annonce de la création de la compétition.

« C’est ce qu’on attendait en fait. On attendait d’ajouter des compétitions, d’augmenter le nombre de matchs, d’ajouter au calendrier pour éviter de jouer trop souvent contre les mêmes équipes et d’avoir des ambitions plus grandes que la SLN. »

Les quarts de finale du Championnat canadien féminin se joueront jusqu’en octobre sous le format d’un match éliminatoire unique. Les demi-finales et la finale auront lieu au début de l’année 2027.

L’équipe gagnante du tournoi jouera en Coupe des champions de la CONCACAF à partir de juillet 2027. Les reines de la région se qualifieront ensuite pour la première édition de la Coupe du monde des clubs féminine de la FIFA en 2028.

« C’est gagner en visibilité, c’est se faire connaître au-delà des frontières et puis c’est amener aussi tous ces journalistes qui vont suivre cette compétition à s’intéresser aux Roses, à s’intéresser aux joueuses, à s’intéresser aux performances, aux autres équipes qui vont compétitionner, énumère Pichon. Donc pour le football féminin, c’est un rayonnement exceptionnel. Pour la place de la femme dans le sport, c’est un rayonnement exceptionnel. Et pour la place de la femme tout simplement dans la société, c’est exceptionnel. Tout le monde doit être heureux – moi la première, les instances, le club – d’avoir réussi ça. C’est un très beau coup. »

« Pour la ligue, pour les joueuses, c’est vraiment une bonne nouvelle, se réjouissait aussi l’entraîneur-chef Robert Rositoiu. On a vu dès le départ, en termes d’assistances et de qualité d’infrastructures, que notre ligue était sérieuse et qu’on était un club sérieux. Donc c’est mérité. »

« Maintenant, [l’idée d’en remporter les grands honneurs], c’est tellement loin pour l’instant. Moi ce que je sais, c’est qu’on a un match à préparer ici à domicile contre une équipe qu’on a affrontée en présaison, qui va être forte, qui est invaincue dans sa ligue si je ne me trompe pas. Ça ne va pas être un match facile, mais c’est cool, c’est un match de plus et un match important. »

Les Rovers FC sont effectivement dans une classe à part cette saison en Ligue1 Ontario. Leur fiche de 16 victoires et deux matchs nuls leur donne une avance de douze points sur leur plus sérieuse menace au classement. En 18 matchs, elles ont marqué 54 buts et n’en ont concédé que 11.

Mais la marche peut être haute entre le niveau professionnel et les rangs amateurs. La semaine dernière, le CS Mont-Royal Outremont s’est incliné 4-0 devant le Wild de Calgary, qui est de loin la pire équipe en SLN avec une seule victoire et un ratio défensif de -29 cette saison.

« Nous, on veut se battre pour les trophées qui sont à notre portée, ambitionne prudemment Rositoiu. Autant le Championnat canadien que la Coupe Diana B. Matheson dans notre ligue, ce sont des trophées à notre portée. Mais ils sont aussi à la portée d’autres équipes. Donc il n’y a pas de favoris là-dedans selon moi. Il faut vraiment aller le chercher, aller le gratter, aller se pousser pendant toute une saison pour avoir une chance. »

« Alors bien sûr qu’on a cette ambition, mais là c’est le travail pour y arriver. »