La saison 2026 des Alouettes s’est amorcée sous le signe de l’espoir lors du camp d’entraînement, en mai. Après avoir participé à la grande finale l’an dernier, l’équipe avait un objectif clair : remporter la Coupe Grey.
Maintenant qu’un tiers de la saison est derrière nous, on peut dire que les Alouettes sont toujours en voie d’atteindre cet objectif. Ils présentent un dossier de cinq victoires contre une défaite, confortablement installés au sommet du classement de l’Est et à égalité au premier rang du classement général. En fait, la troupe de Jason Maas est toujours invaincue en temps réglementaire, elle qui a subi sa seule défaite en prolongation aux mains des Elks d’Edmonton.
Bien sûr, le bilan comporte jusqu’à maintenant beaucoup plus de positif que de négatif. À commencer par la tenue de Davis Alexander. Les succès du quart-arrière lors des deux dernières saisons n’étaient pas le fruit du hasard. Le numéro 10 a confirmé son statut parmi l’élite de la LCF depuis le début de la campagne. Au moment d’écrire ces lignes, il occupe le premier rang de la ligue pour les verges par la passe (2 181) et présente un stupéfiant ratio de 11 passes de touché contre aucune (!) interception.
L’état de santé de ses ischio-jambiers est un sujet récurrent depuis le début de la présente campagne, mais jusqu’à maintenant, sa cuisse semble tenir le coup! Si on devait remettre le trophée de joueur par excellence aujourd’hui, il serait difficile de proposer une candidature autre que celle d’Alexander.
Malgré des départs importants — Austin Mack et Charleston Rambo — et des blessures à des joueurs clés — Cole Spieker, Jerreth Sterns, Stevie Scott et Justin Lawrence —, l’attaque des Alouettes prend des allures de rouleau compresseur. Elle marque 32,5 points par match, ce qui la place au deuxième rang de la LCF, et cumule en moyenne 459 verges par rencontre, bon pour le premier rang, en plus de n’avoir été victime que de cinq revirements.
Déjà établi comme l’un des meilleurs receveurs canadiens de la ligue, Tyson Philpot se révèle maintenant comme l’un des meilleurs joueurs de toute la LCF. Ses 804 verges sur réception le placent au premier rang parmi les receveurs. S’il maintient ce rythme, il éclipsera le record de tous les temps en une saison, établi par Allen Pitts en 1994 avec 2 036 verges.
La défense des Alouettes ne maintient pas nécessairement le même standard d’excellence que l’attaque depuis le début de la saison, mais il ne faut pas sortir les tomates pour autant. Une moyenne de 62,5 points sont inscrits par match depuis le début de la saison dans la LCF. Autrement dit, les pointages sont relativement élevés aux quatre coins du circuit. Y a-t-il place à l’amélioration? Bien sûr! Montréal est particulièrement vulnérable face au jeu au sol de ses adversaires, qui récoltent en moyenne 6,5 verges par course, ce qui place l’équipe au neuvième et dernier rang de la LCF.
L’unité de Noel Thorpe a également eu de la difficulté à appliquer de la pression sur les quarts-arrière dans la plupart de ses matchs. Elle compte dix sacs en six rencontres, ce qui la place au sixième rang. Elle a toutefois provoqué 12 revirements, bon pour le troisième rang. Bien que chaque joueur parti ait été remplacé sur le terrain, on peut se demander si les départs des vétérans Marc-Antoine Dequoy, à la retraite, et Darnell Sankey, maintenant avec les Lions de la Colombie-Britannique, ont laissé un vide sur le plan du leadership au sein de cette unité.
Les unités spéciales sont le maillon faible de cette équipe en ce début de saison. Le coordonnateur Byron Archambault a les mains liées au poste de retourneur, alors que Devonte Dedmon, mis sous contrat cet hiver, n’a toujours pas disputé un match en raison d’une blessure qui remonte à 2025. En son absence, Phillip Brooks et le vétéran Mario Alford n’ont tout simplement pas livré la marchandise. Brooks n’a disputé que deux matchs avant d’être libéré après avoir commis un échappé.
Montréal se classe bon dernier pour la moyenne sur les retours de dégagement et septième sur les retours de bottés d’envoi. L’équipe ne compte qu’une maigre récolte de deux retours explosifs en six matchs, à égalité au tout dernier rang du classement.
À l’opposé, les unités de couverture éprouvent également des difficultés, alors qu’elles constituaient une force de l’équipe au cours des dernières saisons.
En règle générale, je vois une énorme marge de progression plutôt qu’une ancre qui fera couler les Alouettes. Avec l’entrée en scène de Dedmon, qui devrait survenir plus tôt que tard, donnons une chance aux unités spéciales de se replacer. Si tel est le cas et que Montréal améliore son sort dans la bataille du positionnement sur le terrain, cette équipe pourrait atteindre un niveau supérieur et devenir, pratiquement, inarrêtable.
Est-ce que tout est au beau fixe présentement? Non. Les Alouettes n’ont pas encore prouvé qu’ils possèdent l’instinct du tueur, ayant été victimes de plusieurs temps morts au cours de leurs matchs. Les cinq victoires de l’équipe ont été acquises par une seule possession, mais plusieurs d’entre elles auraient dû être scellées bien avant le dernier sifflet. La bonne nouvelle : ces parties ont tout de même été gagnées et elles sont maintenant derrière eux.
Lorsqu’on jette un coup d’œil au classement de la division Est, on réalise que Montréal est complètement seul. Les Tiger-Cats de Hamilton ont perdu les services de leur quart-arrière étoile, Bo Levi Mitchell, à long terme. Les Argonauts de Toronto marquent beaucoup de points, mais Chad Kelly lance trop d’interceptions et la défense coordonnée par Greg Quick, un ancien des Alouettes, est une véritable passoire. Le Rouge et Noir d’Ottawa, quant à lui, n’a toujours pas goûté à la victoire après six matchs et se tire lui-même dans le pied à chaque rencontre.
Si Davis Alexander demeure en santé, les Alouettes ont toutes les raisons de croire qu’ils peuvent représenter l’Est à nouveau lors de la coupe Grey, en novembre prochain.



