WINNIPEG — Il est plutôt rare qu’un compte rendu de match ou un résumé des faits saillants d’un match de football commence avec un exploit défensif. L’attention est la plupart du temps tournée vers les quarts-arrières et les jeux spectaculaires en attaque. Un match de 51-39 retiendra davantage l’attention qu’un bon duel défensif de 19-16, par exemple.
Mais les joueurs en défense sont bien à l’aise avec le fait de demeurer dans l’ombre.
« C’est ce qu’on a accepté en devenant joueur défensif, a souligné l’ailier défensif des Alouettes Isaac Adeyemi-Berglund lors de la journée des médias présentée en marge de la Coupe Grey, mercredi. Les plaqués ne compteront jamais autant que les verges après les attrapés. Si vous pensez aux statistiques et jouez en défense, vous ne vous trouvez pas du bon côté du ballon. »
« C’est vrai que l’attention est tournée vers l’attaque, a pour sa part déclaré l’excellent demi défensif des Riders — et ex-Alouette — Tevaughn Campbell. Mais en tant que joueur défensif, nous ne faisons pas ça pour les louanges, on fait ça parce qu’on aime se salir les mains. On aime jouer ces positions difficiles sur le terrain qui passent parfois sous silence. Le ballon peut ne pas être lancé vers vous pendant un match presque entier, puis, soudainement, vous devez faire deux ou trois jeux importants. On en tire une très grande fierté. »
« Je pense que ce n’est pas seulement qu’au football, mais dans tous les sports, a pour sa part nuancé le secondeur Tyrice Beverette, au sujet de l’anonymat en défensive. Mais les joueurs défensifs ne s’en font pas avec ça. On aime être ceux qui se salissent les mains. Au football, dans toutes les ligues, l’attaque est importante. Les partisans veulent voir de gros jeux, des matchs à haut pointage. C’est correct. Ce qu’on veut, nous, c’est de gagner des championnats, pas de l’attention.»
Le secondeur Darnell Sankey prend tout de même un peu personnel le fait que ses coéquipiers et lui ne reçoivent pas tous les éloges qui leur sont dus.
« Je le dis depuis que je me suis joint aux Alouettes: je ne trouve pas que notre défense obtient le respect qu’elle mérite, a affirmé le no 1 des Oiseaux. Je ne sais pas pourquoi, mais on s’en fout un peu. Chez les Alouettes, nous avons un style particulier, et nous faisons les choses de la bonne façon. Nous ne nous soucions pas de ce que les gens pensent à notre sujet. On fait notre travail, point final. »
Ses coéquipiers Geoffrey Cantin-Arku et Marc-Antoine Dequoy ont toutefois nuancé ses propos.
« C’est sûr que les partisans regardent les matchs et qu’ils aiment les touchés, les longues passes des quarts-arrières. Mais je ne pense pas que tous les joueurs défensifs soient dans l’ombre. Dans notre équipe, Darnell Sankey et Tyrice Beverette ont les honneurs qu’ils méritent, a lancé Cantin-Arku. Chaque saison, ils sont sur les équipes d’étoiles de la ligue et ils reçoivent de l’attention des médias. C’est certain qu’il n’y a rien comme un receveur ou un quart, mais nous sommes aussi aimés en défense! »
« En général, au football, c’est vrai. Mais à Montréal, on reçoit notre part d’amour de la part des partisans, a suggéré Dequoy. En même temps, c’est une ligue très offensive, qui tente de promouvoir beaucoup les points, les quarts-arrières, les jeux aériens. Tu essaies de vendre ce sport-là et je peux comprendre cet aspect. C’est une chose dont tous les joueurs défensifs sont conscients: on part un peu de reculons sur cet aspect. Mais, à Montréal, on reçoit quand même plus d’attention que chez certaines équipes. »





