Suivez le Super Bowl LX entre les Seahawks et les Patriots, dimanche, dès 16 heures avec notre émission d’avant-match.
SAN FRANCISCO – Licorne demeure un qualificatif à utiliser avec modération. Mais le monde du football s’entend pour l’attribuer à l’éclatant Nick Emmanwori même s’il ne termine que sa saison recrue dans la NFL.
Malheureusement, Emmanwori s’est infligé une entorse à la cheville gauche, mercredi, à l’entraînement des Seahawks de Seattle en vue du Super Bowl. Les nouvelles semblent rassurantes et on y reviendra plus tard.
Dans cette ligue sans pitié et extrêmement compétitive, qui regroupe les meilleurs athlètes de la planète au football américain, Emmanwori se détache déjà du lot. Et ce, en étant l’un des plus jeunes joueurs de la NFL à 21 ans.
Pour ceux qui le connaissent moins, Emmanwori semble être partout sur le terrain. Sa position officielle est celle de maraudeur. Cependant, il a été le seul demi défensif de la NFL à entamer plus de 50 % des jeux dans le front défensif.
Il est capable de plaquer avec facilité, de couvrir les receveurs les plus rapides, de contrer les costauds ailiers rapprochés, de blitzer et d’effectuer des sacs du quart.
« D’accomplir tout ce qu’il fait sur le terrain, en étant aussi imposant (six pieds trois pouces et 220 livres), il est une licorne de la NFL. Mais il est encore notre recrue », a statué son coéquipier Ernest Jones IV.
Venant d’un coéquipier, c’est flatteur. Mais quand les compliments viennent de plusieurs des meilleurs joueurs de la NFL, c’est encore plus élogieux.
« Il est un Avatar », a statué Fred Warner des 49ers de San Francisco.
« Nick est un athlète phénoménal, il réussit déjà des choses que je ne suis pas capable de faire », a même mentionné Kyle Hamilton, des Ravens de Baltimore, le joueur auquel il est le plus souvent comparé.
En 2025, Emmanwori a participé à 81 plaqués, il a réussi 2,5 sacs, neuf plaqués pour des pertes et une interception.
On vous disait donc qu’Emmanwori s’est blessé durant sa préparation pour le match ultime. Cette nouvelle a capté toute l’attention en Californie puisque ce serait une perte énorme pour les Seahawks.
Cependant, jeudi, son entraîneur Mike Macdonald a été rassurant en affirmant qu’il s’attendait fortement à le voir jouer.
De son côté, Emmanwori semblait convaincu qu’il serait à son poste et il était même fort détendu quand on a discuté avec lui lors de la dernière disponibilité médiatique des Seahawks.
On était curieux qu’il nous explique l’origine de ses qualités athlétiques exceptionnelles.
« Je crois vraiment que je suis né en héritant de qualités athlétiques particulières, presque surhumaines pour courir et sauter. Dans chaque sport, j’étais naturellement doué comme le basketball, le soccer, le tennis… Je comprenais rapidement les nuances et mon côté compétitif ainsi que mon amour du sport ont également contribué », a répondu Emmanwori sans aucune arrogance.
Il a raconté que le soccer était son plus grand amour à l’extérieur du football et il est impatient de suivre la Coupe du monde.
« Le basket était cool, mais j’écopais toujours de fautes! Ce n’était pas pour moi », a ajouté avec le sourire le numéro 3 des Seahawks.
Loin de nous l’idée de se prétendre expert du repêchage de la NFL. Mais ça demeure une énigme de justifier son attente jusqu’au début de la deuxième ronde, au 35e rang. Une douzaine de joueurs défensifs ont été sélectionnés avant lui et ça fait déjà sourciller bien des observateurs du milieu alors que le repêchage a eu lieu en avril 2025.
On a sondé son entraîneur-chef pour connaître son appréciation d’une recrue qui vole pratiquement sur le terrain. À nos yeux, son rendement doit même surprendre plusieurs vétérans.
« Nick est un très bon exemple que tu dois avoir une vision et un plan quand tu repêches un joueur pour l’aider à grandir. Nick a adhéré à nos idées et il était prêt à effectuer des progrès tous les jours. Quant aux vétérans, c’est un très beau côté de notre équipe, ils ont vraiment accueilli les recrues. En retour, les recrues ont beaucoup de respect pour nos vétérans. La chimie s’est donc bien installée et ça mène à ce point. Nick représente la manière dont on veut encadrer nos joueurs », a dévoilé Macdonald avec une réponse qui intéressera plusieurs athlètes à évoluer pour Seattle.
En début de saison, une blessure l’avait obligé à rater trois matchs. Ce fut l’occasion de poursuivre son apprentissage des particularités de la NFL.
Ses progrès ont été exponentiels durant la saison. Mais ce n’est pas tout, il a tellement gagné de respect de ses coéquipiers qu’il s’est permis de réprimander un vétéran, Riq Woolen, qui avait été puni pour avoir nargué un adversaire.
Chez les Seahawks, personne n’a sursauté même s’il demeure une recrue. Ça en disait long sur l’influence qu’on lui accorde déjà dans le groupe et sur la qualité de l’environnement créé à Seattle qui ressemble à ce qu’on décèle chez les Patriots de la Nouvelle-Angleterre avec l’entraîneur-chef Mike Vrabel.
En terminant, Macdonald s’est fait demander s’il avait vécu un moment marquant, à l’extérieur des entraînements, durant cette semaine du Super Bowl.
« Chaque jeudi, on se regroupe pour une session de discussion. La dernière question était : “Dans 10 ans, de quoi allez-vous vous rappeler?” Les gars riaient et racontaient des choses drôles qui sont arrivées », a conclu Macdonald avec fierté envers ses protégés.









