MONTRÉAL - Brendan Gallagher méritait pleinement de terminer sa carrière dans les conditions les plus favorables possibles. Le Canadien, qui ne pouvait plus lui garantir ces conditions à Montréal, a pris les moyens pour les trouver ailleurs sur la planète hockey.
Aucune équipe, même les Canucks qui profiteront de l’expérience et du leadership de Brendan Gallagher, n’aurait accepté, en entier, le fardeau salarial de 6,5 millions $ – Gallagher touchera un salaire de 4 millions $ la saison prochaine, mais c’est le poids salarial moyen qui est comptabilisé sur la masse des équipes de la LNH – associé à la dernière année de contrat de l’ailier droit âgé de 34 ans.
Le Canadien a donc facilité le retour de Gallagher, chez lui, à Vancouver, en épongeant la moitié de cette somme. Et non! Il ne faudrait pas retenir notre souffle en attente des performances des considérations futures offertes par les Canucks en retour. Ce pourrait être dangereux pour notre santé…
Le Canadien a donc payé les Canucks pour qu’ils puissent compter sur « l’effet Gallagher » ou ce qu’il en reste l’an prochain?
Oui… et non. Oui, car le Canadien sera tributaire de 3,25 millions $ du contrat de Gallagher. Mais C’est quand même aussi une économie de 3,25 millions $ pour le Tricolore qui n’avait plus de place au sein de sa formation pour ce petit joueur, mais colosse guerrier, qui a tout donné pour l’organisation au fil de ses 14 saisons passées à Montréal.
Quatorze saisons au fil desquelles il n’était pas toujours facile et agréable de jouer pour le Canadien. Qu’il n’était pas souvent facile et agréable de joueur pour le Canadien qui a connu bien plus de saisons difficiles, voire désolantes, que de saisons enivrantes.
Cette gestion de la sortie de Gallagher est toute à l’honneur de Kent Hughes, de son patron Jeff Gorton et de leur patron Geoff Molson qui vient, une fois de plus, de prouver que le Canadien traite les joueurs de son organisation avec plus de considérations que bien d’autres formations. Le genre de considérations qui sont remarquées et appréciées autour de la Ligue. Le genre de considérations qui motivent des joueurs à miser sur la chance de défendre les couleurs du Tricolore malgré tous les aléas du marché montréalais : du climat, aux impôts, en passant par la pression.
Le contrat de six ans et 39 millions $ que Marc Bergevin a consenti à Brendan Gallagher a mal vieilli. Comme Gallagher dont la perte de vitesse sur la patinoire a été accélérée par l’accumulation de coups et blessures qu’il a toujours encaissés dans sa quête de tout faire pour aider ses coéquipiers et mousser les chances de victoire de son équipe.
Mais en octobre 2020, quand Gallagher a obtenu ce gros lot, il venait de connaître deux saisons de 30 buts (31 et 33) et de 50 points (54 et 52). Une autre de 22 buts et 43 points en 59 rencontres disputées au cours de la saison écourtée par la Covid. Les partisans qui ont, avec raison, souligné que Gallagher ne méritait pas tous ces millions trois ans après cette signature auraient eu tout aussi raison de rager si Gallagher avait alors quitté le Canadien au profit d’un de ses rivaux.
Mais bon…
Si l’effet Gallagher ne se faisait plus autant remarquer sur la patinoire, il n’avait rien perdu dans le vestiaire. Devenu un pilier sur lequel bien des jeunes s’appuyaient et même s’accrochaient quand la tempête balayait le Canadien, Gallagher l’était toujours.
L’image de ses coéquipiers lui réservant un accueil triomphal près du vestiaire après la victoire à laquelle il a contribué lors de son retour au sein de la formation en première ronde, contre Tampa Bay, témoignait avec éloquence de l’effet positif associé à Brendan Gallagher.
Oui, je l’admets tout de go, j’ai toujours eu un faible pour ce diable de petit joueur. Un joueur qui a pris les moyens pour faire oublier qu’il avait dû attendre la cinquième ronde du repêchage de 2010 et la 147e sélection avant d’entendre son nom être lancé par le Canadien.
J’ai toujours eu un faible, et j’en aurai toujours, pour ces joueurs qui font mentir les projections défavorables à leur endroit. Qui prennent les moyens pour faire mentir les projections défavorables à leur endroit.
Brendan Gallagher a fait le saut avec le Canadien la même saison (2012-2013) qu’Alex Galchenyuk. Oui! Gallagher avait deux ans de plus. Mais Galchenyuk était propulsé par sa sélection au troisième rang de la cuvée de 2012.
Lequel des deux a eu la plus belle carrière?
Lequel des deux a tout donné au Canadien?
Voilà pourquoi Gallagher, bien au-delà des buts et des passes accumulées au fils des matchs qu’il a disputés – il flirterait avec les 1100 parties disputées avec le Tricolore, n’eut été des blessures encaissées sur la ligne de front où il s’est toujours aventuré – mérite pleinement la sortie que le Canadien lui a offerte aujourd’hui.
Un gage de remerciement pour faveurs obtenues.
Roy : un nouveau départ
Si le Canadien a offert à Brendan Gallagher la chance d’aller terminer sa carrière avec des jeunes Canucks, il a aussi offert un nouveau départ à Joshua Roy.
Il était devenu évident que l’état-major n’offrirait pas de contrat au Québécois. Kent Hughes a donc échangé avec son homologue de Salt Lake City – Bill Armstrong – le contrat de Roy en retour du contrat de défenseur Polonais Maksymilian Szuber.
Je ne connais rien de rien de Maksymilian Szuber. Mais les anciens Coyotes et le Canadien ont échangé des joueurs en qui ils avaient de toute évidence perdu confiance en espérant que le changement d’organisation relancera – ou lancera – leur carrière dans la LNH.
On verra!
Joshua Roy est un très bel exemple d’un joueur rempli de talent, qui a une touche pour marquer des buts, mais qui n’a jamais été en mesure de trouver une manière de le faire dans la grande ligue.
Parlant de contrats, le Canadien a soumis des offres qualificatives à ses trois nouveaux venus : Maksymilian Szuber, Brett Berard – acquis des Rangers en retour de William Trudeau – et Hunter McKnown acquis des Blue Jackets en retour d’Alex Tuch.
Il l’a aussi fait avec Kirby Dach qui profite d’une autre chance offerte par l’état-major du Canadien. Une chance de trop? On verra. Chose certaine, à un moment donné, les blessures ne pourront plus tout excuser de la part de Dach…
Sans surprise, Zachary Bolduc des Arber Xhekaj ont aussi reçu des offres qualificatives. Il leur restera maintenant à s’entendre sur les paramètres de nouveaux contrats avec le Tricolore.
Bien que leur avenir se profile bien plus avec le Rocket qu’avec le Canadien, Jared Davidson et Sean Farrell ont aussi reçu des offres qualificatives de l’état-major qui tient à pouvoir compter sur eux au sein du club-école.






