Oliver Kapanen a prouvé à ceux et celles qui en doutaient peut-être encore un brin que c’est bel et bien à Montréal et non à Laval qu’il pourrait amorcer la saison et disputer le plus de matchs au cours de la saison qui commence.
Contre des Sénateurs d’Ottawa bafoués sur le plan hockey, sur le plan de la robustesse et sur le plan marketing, Kapanen est le joueur qui m’a le plus impressionné dans la victoire de 5-0 du Canadien aux dépens de ses voisins immédiats.
Je sais très bien que Brendan Gallagher a récolté trois passes pour obtenir la première étoile.
J’ai vu, tout comme vous, le but, la passe et les danses en territoire ennemi multipliées par Lane Hutson qui lui ont valu la deuxième étoile.
Et oui, Ivan Demidov en a encore mis plein la vue des amateurs de hockey avec son but et aussi, et surtout, avec l’autre qu’il a préparé pour mousser sa candidature à titre de troisième étoile.
Mais Kapanen a été plus impressionnant encore dans sa manière de jouer. Dans son implication à l’attaque. Dans son efficacité en défensive.
Le plus beau compliment qu’on puisse faire à Kapanen ce matin c’est de soumettre, comme plusieurs l’ont peut-être conclu hâtivement en consultant la formation du Tricolore et surtout les trios que Martin Saint-Louis avait concoctés, que le coach du Tricolore est loin d’avoir puni le sensationnel Demidov en le faisant évoluer avec Kapanen et Alex Newhook plutôt qu’avec Kirby Dach et Patrik Laine.
Au contraire!
Le dynamisme affiché par Kapanen, sa manière de se démarquer en zone offensive, sa façon de soutenir le jeu et aussi sa vitesse et son implication, une vitesse et une implication affichées d’aussi belle façon par Alex Newhook cela dit en passant, ont permis de faire du trio Kapanen-Newhook-Demidov un trio plus efficace encore que le trio Laine-Dach-Demidov envoyé sur la patinoire plus tôt dans le camp d’entraînement.
Ce n’est pas une flèche envoyée à Dach qui a finalement donné signe de vie, mardi soir, à Québec.
Cela dit, c’en est peut-être une, oui, tirée en direction de Patrik Laine qui prouve, match après match, que c’est en avantage numérique, et en avantage numérique seulement, qu’il pourra aider la cause du Canadien encore cette année.
Mais c’est d’abord et avant tout une manière d’encenser le travail d’Oliver Kapanen. Sa progression par rapport à ses performances déjà intéressantes en matchs préparatoires l’an dernier. C’est une façon de confirmer qu’il a ce qu’il faut pour demeurer avec le grand club et peut-être obtenir plus de défis à relever qu’on l’aurait initialement cru.
Kirby Dach sera au centre du deuxième trio mercredi prochain à Toronto en lever de rideau de la saison 25-26. Il y a de fortes chances que Patrik Laine et Ivan Demidov soient ses ailiers.
Un complément de premier plan
Mais en confirmant, avec sa solide performance de mardi soir, que tout ce qu’on avait vu de bien et de bon de sa part depuis son retour de la Suède où il a peaufiné son apprentissage l’hiver dernier, Kapanen devient un candidat de premier plan pour compléter la formation mise à la disposition de Martin Saint-Louis.
Il a prouvé qu’il est en avance sur le développement d’Owen Beck – qui sera peut-être un jour plus complet que Kapanen – et qu’il a plus à offrir sur le plan hockey que le fougueux Florian Xhekaj.
Il reste encore un match préparatoire à disputer. L’état-major se garde peut-être encore quelques analyses avant de déterminer l’identité des 12 attaquants qui seront gardés à Montréal.
Mais il semble permis de croire qu’Oliver Kapanen, Joe Veleno et Samuel Blais compléteront la formation.
Kapanen et Veleno, avec leurs performances depuis le début du calendrier préparatoire et surtout avec l’efficacité et la polyvalence affichées sur la patinoire ont forcé la main de l’état-major à mes yeux.
Un état-major qui pourrait difficilement priver Martin Saint-Louis de leurs services.
D’ailleurs, les commentaires de l’entraîneur-chef, après la victoire de 5-0 à Québec, pouvaient facilement être interprétés comme des appuis inconditionnels à l’endroit du Suédois de 22 ans.
« Kapanen est prévisible en défensive, je regarde les vidéos et je sais d’avance les actions qui suivront », a lancé Saint-Louis en guise de compliment confirmant l’efficacité de son jeune attaquant.
« Il est à la même place qu’il était l’an dernier en défensive, mais il a pris beaucoup d’assurance en offensive. Il voit bien le jeu. Il sait se démarquer. Et il continuera à s’améliorer en obtenant plus de répétitions dans ce genre de situation », que Saint-Louis a ajouté.
Je ne sais pas pour vous. Mais quand j’ai entendu cette dernière remarque, je me suis dit : le coach tient à garder Kapanen avec lui pour superviser de près son développement tout en comptant déjà sur ce qu’il a à offrir afin d’aider son équipe à gagner.
Où faire jouer Kapapen?
N’importe où!
Il pourrait remplacer Laine à forces égales au sein du deuxième trio. Convaincu que Dach et Demidov ne s’en plaindraient pas le moins du monde.
Il pourrait jouer à la droite de Bolduc et Newhook.
Il pourrait, avec Veleno et Blais, offrir à Martin Saint-Louis une flexibilité nécessaire pour louvoyer entre les écueils qui minent une saison et offrir au Canadien une profondeur qui est encore un peu mince à l’aube de la saison.
Québec derrière Montréal
Plus encore que le score final de 5-0 et les taloches sur le nez encaissées par quelques-uns de leurs matamores qui ont gaspillé le match de mardi, les Sénateurs ont subi un plus gros revers encore dans les gradins du Centre Vidéotron.
Débarqués à Québec dans le but avoué et noble du propriétaire Michael Andlauer de faire le plein de nouveaux partisans pour son équipe, les Sénateurs, venus passer une semaine dans la belle ville pour y courtiser les amateurs de hockey, étaient en territoire ennemi contre le Canadien mardi soir.
Les chandails aux couleurs du Canadien, les « Olé! Olé! Olé! » et les « Hey! Hey! Goodbye » en fin de rencontre pour célébrer la victoire sans appel du Tricolore ont démontré avec éloquence que c’est derrière Montréal et non derrière Ottawa que le Tout-Québec s’était regroupé mardi soir.
Au grand plaisir de Martin Saint-Louis qui a lancé que l’organisation du Canadien était prête à ajouter, un à un, ses appuis dans la capitale.
Simonac! Ces appuis ne se comptaient pas à l’unité, mardi soir. Ils se comptaient plutôt à 13 à la douzaine...
Et ces appuis se solidifieront au cours des trois prochains jours alors que le Canadien complétera son camp d’entraînement à Québec avant de revenir au Centre Bell, samedi, pour y disputer le dernier de ses six matchs préparatoires.
Ce serait une bonne idée de profiter de ce dernier match pour ajuster ce qu’il reste à régler sur le plan hockey. Car à l’aube de la saison, il est encore bien difficile de lancer haut et fort que le Canadien et les Sénateurs sont déjà assurés d’une place en séries...




