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La confiance de David Reinbacher est à son sommet

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BROSSARD – Le printemps dernier, David Reinbacher était retourné à Laval après avoir joué ses deux premiers matchs dans la Ligue nationale. Sa confiance, comme on dit dans le jargon, était dans le tapis.

« Je crois que j’ai ma place dès maintenant à ce niveau », tirait comme conclusion le défenseur de 21 ans après cette première saucette dans la grande ligue.

La déclaration avait été faite sans arrogance. Rien dans le ton ne donnait l’impression que le jeune homme croyait qu’on lui devait quelque chose. En émanait plutôt l’assurance saine d’un joueur qui n’avait sauté aucune étape et qui venait d’obtenir la confirmation que ses efforts n’avaient pas été vains.

Reinbacher a reconnu, après la deuxième journée sur la glace au camp d’entraînement du Canadien, que cette courte audition à la fin de la saison dernière l’avait rendu à l’aise de bomber le torse. « Le simple fait de savoir que tu as joué quelques matchs, que tu y as goûté, ça te donne un peu plus d’attitude. »

Et cette confiance, on l’a rapidement constaté, ne l’a pas quitté. Quand un confrère lui a demandé, vendredi, ce qui lui laissait croire qu’il était prêt à faire le saut dans la LNH, Reinbacher n’a pas hésité une seconde.

« Pourquoi je suis prêt? Vous allez tous le voir en fin de semaine. » Si vous cherchiez une raison de syntoniser RDS pour regarder les premiers matchs préparatoires du camp samedi, l’Autrichien venait de vous en donner une.

Bien sûr, la performance de Reinbacher contre une version édulcorée des Maple Leafs de Toronto ne fournira pas toute la réponse qu’il souhaiterait livrer. Le choix de première ronde du Canadien, le cinquième au total du repêchage de 2023, peut toutefois espérer qu’elle soit le début d’une saison toute en ascension, sans les malchances et les détours qui ont ralenti sa progression dans les dernières années.

Trente-neuf joueurs qui ont été repêchés la même année que Reinbacher, dont huit défenseurs, ont joué plus de matchs que lui dans la LNH. Une poignée sont des joueurs déjà bien établis. Quelques-uns ont même signé des contrats qui les placent parmi les joueurs les mieux payés au monde.

Reinbacher n’échappera réellement à ces comparaisons que lorsqu’il aura atteint le même statut. Il fait partie du jeu depuis assez longtemps pour savoir ce qui alimente les conversations, ce qui anime les débats. Sa réaction face à cette réalité est une autre preuve de sa maturité croissante.

« Je vois ce que font ces gars-là et je suis content pour eux, je suis content qu’ils aient une belle carrière. Et je sais que c’est une question de temps avant que mon tour arrive aussi. »

« Ma priorité est mon jeu défensif »

Reinbacher n’a jamais été considéré comme un espoir au fort potentiel offensif. C’est d’ailleurs ce qui avait fait en sorte que sa sélection hâtive soit contestée à l’époque. On le disait doté d’un bon coup de patin et d’une bonne capacité de relance, mais sa mobilité et son gabarit étaient davantage vus comme des atouts qui lui permettraient de contrôler la zone neutre et d’étouffer les menaces adverses.

Ces jours-ci, Reinbacher n’entretient aucun flou sur le rôle qu’il se voit occuper dans la LNH, soit celui d’un défenseur chargé de contrecarrer les plans des attaquants adverses. En anglais, il a utilisé l’expression « shutdown defenseman ».

« Je peux encore jouer dans les deux sens de la patinoire, mais ma priorité est mon jeu défensif », clarifie-t-il.

« Je veux être plus méchant, je veux jouer dur, je veux avoir un bon bâton, gagner mes batailles, finir mes mises en échec. Je veux qu’aucun adversaire n’ait envie de jouer contre moi. Je veux leur rendre la vie difficile et aider mon équipe à récupérer plus de rondelles. »

Reinbacher s’est défendu d’avoir dû changer son état d’esprit pour arriver à embrasser l’ensemble de ces responsabilités.

« C’est juste une question de connaître son rôle, connaître son travail, savoir dans quoi on est bon. Il faut que je joue mes as, en fait. Je ne crois pas que c’est un état d’esprit différent. Il faut que je comprenne sur quoi je dois travailler et ce qui va me permettre de rester ici, d’avoir du boulot ici. »

Reinbacher a obtenu des répétitions en désavantage numérique dans les premières séances d’entraînement du camp. Comme pour n’importe quel joueur, Martin St. Louis le voit comme une occasion de démontrer qu’il peut faire preuve de polyvalence. Reinbacher le prend comme une marque de confiance, mais aussi comme une chance de se montrer indispensable, de prendre sa place.

Il croit qu’il aura de meilleures chances d’y arriver en restant simplement lui-même.

« Je n’ai pas à chercher de nouvelles façons de me faire remarquer. Je n’ai pas à attirer l’attention avec de gros trucs de magie. Si je joue comme j’ai joué dans ces deux matchs à la fin de l’année, ça va bien se passer. Je connais mes forces. Il suffit que je les mette en vitrine. »