BROSSARD – Jakub Dobes n’a rien perdu de sa personnalité fascinante après avoir signé une prolongation de contrat. Le gardien de 25 ans n’est pas arrivé au camp d’entraînement des Canadiens en pensant que le filet lui appartenait.
Durant le dernier droit de la saison régulière 2025-2026 et pendant les séries, Dobes a fait sensation en stoppant presque tout devant la cage montréalaise.
Cette popularité instantanée aurait pu le déboussoler, mais Dobes semble avoir conservé les patins sur la glace.
« J’ai reproduit la même routine estivale, je me suis entraîné à St. Louis et je suis revenu ici. La seule différence, c’est que les gens me reconnaissent davantage et je prends plus de photos, mais je n’ai pas changé », a indiqué le Tchèque.
Son instinct de compétiteur, qui lui a permis de confondre bien des sceptiques, ne s’est donc pas évaporé.
« La compétition n’arrêtera pas jusqu’à ma retraite. Il y aura toujours des gardiens qui vont essayer de me ravir mon poste. Il faut se prouver chaque jour et je conserve cette mentalité », a déclaré Dobes.
Le numéro 75 a peut-être un peu poussé la note en affirmant qu’il ne veut pas se dire qu’il obtiendra le départ pour le premier match de la saison régulière. C’était surtout un geste respectueux de sa part.
D’ailleurs, pourquoi ne se voit-il pas comme le gardien numéro un du Tricolore ? La question était pertinente alors que plusieurs athlètes auraient tenu un discours moins modéré.
« Je ne sais pas… », a-t-il répondu avant de trouver les bons mots.
« Je n’aborde pas les choses ainsi. On a un très bon trio de gardiens avec (Samuel) Montembeault et (Jacob) Fowler. Ils m’ont supporté et je ne vais pas arriver en disant que c’est mon poste. On va lutter et celui qui sera le meilleur méritera de jouer. Je ne vais tenir pour acquis ce qui est arrivé en séries et je dois mériter de nouveau la confiance de mes entraîneurs et mes coéquipiers », a évoqué Dobes.
Nul doute, quelqu’un, peut-être dans sa famille, lui a fait réaliser que la réalité change vite dans le sport professionnel.
« On ne sait jamais, peut-être que je ne serai plus avec le Canadien dans deux semaines. C’est difficile de prédire l’avenir. Je joue dans le meilleur marché au monde, j’essaie de profiter de chaque journée », a rappelé Dobes.
Il ne se permet pas d’afficher de l’arrogance pour une autre raison légitime.
« Je regarde la série à propos de notre équipe sur Crave et ça m’a rappelé les ennuis que j’ai traversés. Les gens peuvent retenir que j’ai connu une bonne saison, mais je n’étais pas toujours à mon sommet. Je m’en souviens pour éviter de répéter ça. Je ne suis pas satisfait avec notre conclusion en séries, il nous manquait encore quelques victoires pour se rendre jusqu’au bout », a confié Dobes.
Sa saison a été suffisamment bonne pour que le Canadien lui consente un contrat de trois saisons pour un total légèrement supérieur à 16 millions.
« C’est merveilleux que je puisse toucher autant d’argent, mais je travaille surtout pour le prochain contrat. Je ne joue pas au hockey pour l’argent, je veux gagner un championnat », a-t-il rappelé.
Contrairement à Dobes, Jacob Fowler demeure beaucoup plus discret devant les médias. Il est plus du style à laisser parler son talent sur la patinoire.
Pendant la première pratique du camp, c’était facile de voir que Fowler était en mission. Son poste, il n’a pas l’intention de le céder facilement à Montembeault.
« Tout le monde veut jouer dans la LNH et encore plus avec les Canadiens. J’ai passé beaucoup de temps avec l’équipe et, quand j’ai été retourné à Laval, j’ai travaillé pour être rappelé le plus vite possible », a retenu Fowler.
« C’est seulement mon deuxième camp d’entraînement, j’arrive avec le même état d’esprit de gagner un poste », a-t-il enchaîné.
Les succès de Dobes ont relégué Fowler dans un rôle inhabituel de réserviste pour lui.
« Je ne dirais pas que difficile serait le bon mot pour décrire ça. Je suis un compétiteur donc je voulais jouer. Mais on allait encourager le gardien qui serait devant le filet », a cerné Fowler qui a appris en observant Dobes.
Cet été, l’Américain de 21 ans a expliqué avoir beaucoup travaillé sur l’aspect mental de son jeu. Fowler détient encore beaucoup de temps devant lui pour s’établir dans la LNH et le CH pourrait le renvoyer avec le Rocket de Laval sans risquer de perdre ses services alors que l’équipe a clairement indiqué qu’elle n’entamerait pas la saison avec un ménage à trois devant le filet.




