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Chris Kreider a-t-il encore du gaz pour jouer sur le 1er trio?

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COLLABORATION SPÉCIALE

Dans un été où plusieurs attendaient un gros coup de la part de Kent Hughes, il aura fallu attendre au 12 septembre avant de voir le Canadien ajouter un joueur de calibre LNH à sa formation.

Longtemps un ennemi de plusieurs partisans, Chris Kreider enfilera la Sainte-Flanelle après avoir signé une entente d’une saison avec Montréal.

À 35 ans, il n’est évidemment plus le joueur qu’il était lorsqu’il a enfilé 52 buts avec les Rangers, mais il a tout de même atteint le plateau des 50 points lors de sa première saison en dehors de l’organisation new yorkaise.

Le seul joueur acquis par le CH cet été au niveau LNH (non, je ne compte pas Brett Berard et Sasha Pastujov, qui devraient commencer la saison à Laval à moins d’une surprise), il sera intéressant de voir comment Martin St-Louis décidera d’utiliser son ancien coéquipier.

Option A: Kreider dans le top 6

Avec l’ouverture du camp d’entraînement, on peut finalement commencer à se faire une idée de la formation et St-Louis n’a pas perdu de temps avec le vétéran. Kreider a évolué à l’aile de Nick Suzuki et Cole Caufield lors du premier jour, reléguant Juraj Slafkovsky au 2e trio avec Oliver Kapanen et Ivan Demidov.

Avec la dépendance du CH sur la production du premier trio, l’idée de balancer le top-6 en envoyant Slafkovsky avec Demidov n’est pas nouvelle, avec des performances encourageantes pour le duo l’an dernier. Ça aide Demidov dans son développement en attendant les solutions à long terme (possiblement Michael Hage et Alexander Zharovsky, qui pourraient rejoindre l’équipe d’ici l’an prochain). Avec un 2e trio plus dynamique, les adversaires ne peuvent pas concentrer tous leurs efforts défensifs sur la première unité, ce qui vient faciliter leur vie.

Kreider n’a évidemment pas le dynamisme de Slaf à ce point dans sa carrière, mais aux côtés de marqueurs de 100 points et 50 buts, il n’aurait besoin que de remplir un rôle complémentaire. Couper vers le filet, récupérer des rondelles libres, et utiliser son expérience pour se placer en position favorable pour reçevoir des passes dangereuses. Ivan Demidov a d’ailleurs appelé le vétéran un genre de « vieux Slafkovsky » vu leur gabarit similaire.

Kreider avec Suzuki et Caufield Au 5 à 7, Luc Gélinas discute de la composition des trios des Canadiens en vue des premiers matchs préparatoires de l'équipe.

Est-ce que Kreider a encore de l’essence pour suivre le rythme d’une première ligne?

Il l’avait l’an dernier, alors qu’il a fait partie du trio le plus utilisé des Ducks avec Troy Terry et l’homme à 18 millions $, Leo Carlsson. Ce trio a terminé la saison avec un différentiel de +9 et 54% des buts attendus en leur faveur. Kreider n’aura pas la chance de voir autant de temps en avantage numérique, mais il a marqué 14 buts à forces égales, une marque qui l’aurait placé 5e pour le CH l’an dernier, derrière Caufield, Kapanen, Suzuki, et Slafkovsky.

Tard dans un match, St-Louis peut toujours réunir 13-14-20 pour tenter de générer de l’attaque au besoin, mais si l’expérience Kreider fonctionne et qu’il lui reste en effet de l’essence dans le réservoir, tu a maintenant un 1-2 punch en attaque, ce qui t’évite de vivre et mourir selon les performances du premier trio.

L’option A est la plus optimiste, mais ce n’est évidemment pas une garantie. À 35 ans, le jeu d’un joueur peut chuter drastiquement d’une année à l’autre. Si c’est le cas et que Kreider n’a plus les jambes pour suivre le rythme des jeunes vedettes du CH, que peut-il apporter?

Option B: Employé de soutien

Ce ne sont pas tous les joueurs de top 6 qui peuvent gracieusement transitionner en employé de soutien. On n’a qu’à penser à Patrik Laine lors de son séjour à Montréal, qui n’avait plus le niveau pour jouer dans un top 6, mais qui était un boulet sur un 4e trio vu ses lacunes défensives, son manque de jeu physique, et ses difficultés à 5 contre 5. Tu veux que tes joueurs de 4e trio soient robustes, responsables, et idéalement capables de contribuer sur les unités spéciales, des critères que Chris Kreider remplit avec brio.

Physiquement, Kreider est un joueur imposant, à 6’3 et 232 lb qui n’hésite pas à distribuer les coups d’épaule. Depuis 1999-2000, il est un de seulement 13 joueurs à avoir marqué 300 buts et distribué 1500 mises en échec, en plus d’avoir le meilleur différentiel du groupe à +117. Imaginez un 4e trio composé de Kreider, Danault, et Anderson. Je ne sais pas pour vous, mais ça ne sonne pas comme une présence plaisante pour l’adversaire.

« Chris Kreider va aider le CH à gagner » À On Jase, Gilbert Delorme nous parle de l'effet bénifique que Chris Kreider peut apporter aux Canadiens et à ses coéquipiers.

L’ailier américain devrait aussi être présent sur les unités spéciales. En avantage numérique, une place devant le filet sur la 2e vague fait beaucoup de sens pour un joueur qui a longtemps dominé devant le filet pour les Rangers. Il s’est aussi développé comme tueur de pénalités dans sa trentaine, jouant au moins 1:29 à court d’un homme lors de ses quatre dernières saisons à New York.

Montréal ramène ses quatre attaquants les plus utilisés l’an dernier en infériorité numérique, mais le départ de Veleno (93:08 à court d’un homme l’an dernier) laisse tout de même un trou dans la rotation. Au minimum, ça donne une autre option si Josh Anderson se retrouve au banc des pénalités, par exemple. Tu ne peux jamais avoir trop de profondeur, après tout.

Pour moi, une chose est claire. Peu importe s’il est sur le 1er ou le 4e trio, Montréal est une meilleure équipe avec Chris Kreider. Il ne bloquera pas la chaise d’un jeune à long terme et si l’expérience échoue, ce n’est qu’un contrat d’un an, pas un contrat de 5 ans à près de 7 millions $ par année comme Mason Marchment a reçu cet été, par exemple. Montréal peut s’en laver les mains l’été prochain, en même temps que l’expiration des contrats de Danault, Anderson, Dach, et Carrier, ne limitant pas leurs options sur le marché des échanges ou pour un joueur autonome.